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tels que : collecter = percevoir ; compulsoire = obligatoire ; contracter entreprendre : etc. — et plusieurs vieux mots français ou normands que nous reprenons à l'anglais : cloque= manteau, capote ; baquer=céder, plier ; bande=corps de musique ; challenger =récuser ; etc.
Et nous aurons pris, de l’ensemble du lexique canadien-français, une idée assez juste.
Mais il faut avoir soin de remarquer que les mots de la dernière catégorie se rencontrent surtout dans les villes. Que l’anglicisme soit en train de corrompre le parler des villes, cela est malheureusement vrai. Mais le langage du commerce et de l’industrie, le parler qui est en contact habituel avec l’idiome étranger, constitue-t-il à lui seul la « langue française du Canada » ? L’anglicisme n’a guère pénétré dans nos campagnes, et c’est là qu’il faut aller chercher la visille province de France. On y trouve des traditions, des légendes, des coutumes, des expressions, des tournures, une prononciation, qui rappellent à l’observateur consciencieux les provinces du nord, de l’ouest et du centre. Le peuple de nos campagnes, notre peuple d'habitants (ce nom a de la naissance) ne parle pas dans sa pureté la langue académique d’aujourd’hui non plus que celle de Bossuet, mais par contre il ne
connaît pas les innombrables expressions anglaises dont l’usage 3e généralise en France ; s’il lui faut parfois employer un mot anglais, il le francise, et de meeting il fait « mitaine », de climber « clameur », de drive « drave », de peppermint « papermane p», de pouding « noutine » ; il prononce ecé:r (char), il est vrai, mais aussi fanau comme autrefois on disait journau qui n’est disparu du dictionnaire de l’Académie qu’en 1762, leuvre (lèvre) comme au XVIe siècle où l’e suivi de la liabiale 9 donnait souvent 6 féminin, mére comme ce mot était écrit par l’Académie en 1740, porceline que Richelet à signalé au XVIT siècle, main par l’é fermé nasalisé qui marque l'étape immédiatement antérieure à l’étape frangaise actuelle et remonte au XVI: siècle, grandmère (grammaire) que Chifflet en 1659, Hindret en 1696, relevaient dans la Prononciation des honnêtes
gens, charcher comme Robert Estienne écrit ce mot, bé:r (beurre) qui est plus régulier que bà:r,
etc., etc. Notre peuple ne connaît pas toutes les
ressources du français, mais il dira, par exemple,
un malcompris (pour « un malentendu »), enneiger
(pour ne pas dire « enterrer sous la neige »), un clair d'étoiles (par analogie avec « un clair de lune »), La terre est fermée (en parlant de la terre nourricière qui, à l’automne, gèle et se refuse au soc de la charrue),