‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 10 sur 330 · Paris, Bibliothèque Nationale latin 1652; xv siècle · texte numérisé non relu

Paris, Bibliothèque Nationale latin 1652; xv siècle

4. M. Speranskij a déjà noté leur ressemblance avec les extraits du syriaque de Wright cités en traduction latine, dans l'appareil critique de Tisghendorf.

5. Cf. A. Khakhanow, OnepKU no ucmopiu zpysuHCKOÛ CAoeecHocmu, t. II (Moscou, 1897), p. 319-31.

6. Ce manuscrit n'est pas autrement désigné, mais le catalogue de M. Th. D. Jordania en indique un qui répond à tous les traits du signalement, sauf qu'il serait plus ancien de deux siècles. Dans le cas présent, cela ne fait pas une différence irréductible (cf. Analecta Bollandiana, t. XXXI, 1912, p. 349). Quoi qu'il en soit, le codex 95 du Musée d'archéologie ecclésiastique de Tiflis contient (p. 568-72) une histoire intitulée : Enfance de Notre-SeigJieur Jésus-Christ. Elle débute comme le texte de

XX INTRODUCTION

analyse assez confuse, qui semble dissimuler les passages peu intelligibles. Néanmoins ce qu'il en paraît, à travers ce résumé imprécis, permet une fois de plus d'entrevoir là-dessous un texte grec apparenté à notre rédaction syriaque.

Mais à quoi bon nous attarder à ces preuves indirectes? Cotelier, avant Tischendorf, a retrouvé et publié des fragments grecs, où se sont conservés certains passages parallèles aux variantes propres de la rédaction syriaque ^ Ces fragments achèvent de mettre dans un jour lumineux la filiation des textes. Ils montrent notamment qu'il a existé plusieurs rédactions grecques du pseudo- Thomas, par lesquelles toutes les autres versions connues, y compris les deux rédactions grecques de nos éditions actuelles, se rattachent à un original syriaque. S'ils ne suffisent pas à expliquer tout le détail de cette transmission, ils confirment qu'elle est seule possible et ils opposent un obstacle infranchissable à tout essai d'enchaînement en ordre inverse.

Pour la clarté des explications qui précèdent, nous avons dû omettre de discuter les faits qui les appuient. Cette discussion serait longue et rendrait nécessaires des moyens de preuve qui dépassent les limites imposées au présent travail. Afin d'y suppléer dans la mesure du possible, nous avons traduit en

M. Khakhanow et finit de même dans une lacune, au même endroit {Onucanie pyKonuceû Tu^AUCcnazo LfepKoenazo Mysen KapmaAUHO-HaxemuncKazo dyxoeeHcmea, t. I, Tiflis, 1903, pp. 96, 125).

1. Voyez p. 304, note 27 (et le texte B de Tischendorf, ch. vi).

INTRODUCTION. XXI

appendice (p. 290-311), en les comparant aux rédactions parallèles, l'épisode le plus caractéristique du nouveau texte syriaque.

Ni cet extrait ni les variantes que nous en avons rapprochées n'épuisent la matière. Nous croyons pourtant que ce simple exemple suffira à la démonstration. Du reste, dans l'état présent de la question, il serait assez vain de prétendre élucider à fond les rapports du pseudo-Thomas latin à l'original syriaque. La réponse décisive est dans le palimpseste de Vienne. Il lui faut laisser son secret en attendant qu'il l'ait livré, et c'est courir au-devant d'un démenti que de compter sans lui ou de parler en son nom, par conjecture, sur la foi de témoignages problématiques.

Il est pourtant certain dès à présent que le Vaticanus non plus ne donne pas le texte intégral du pseudo- Thomas syriaque. Les versions latine et slavonne, le pseudo- Matthieu et l'abrégé grec, séparément ou en groupe, le complètent par des variantes additionnelles dont les attaches y sont restées visibles.

Au point où nous en sommes, voici donc ce que nous savons de la transmission du document. Cinq manuscrits \ cinq rédactions. De leur rapprochement, il ressort que VÉ{>angile de l'Enfance se com-

1. Il resterait encore à parler de deux manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris, syr. 238 et 273 (Zotenberg, Catalogue des manuscrits syriaques et sabéens de la Bibliothèque Nationale, pp. 191, 212). Par suite d'un malentendu, la photographie que nous voulions en faire prendre ne nous est point parvenue au moment de livrer ces pages à l'impres-

INTRODUCTION

pose d'au moins deux pièces principales. La seconde est un petit écrit, d'origine syriaque, qui existait à l'état isolé dès le cinquième siècle, au plus tard, et qui n'est autre que le pseudo-Thomas. Il suit de là que toutes les diversités de fond et de forme par lesquelles V Evangile de l' Enfance semblait se différencier des endroits parallèles du pseudo-Thomas^ sont dues à des altérations postérieures.

Ces altérations ont changé l'aspect général du document. Il serait à peu près inutile d'en dresser ici un tableau comparatif. La plus importante c'est que Sg, S^ et le manuscrit de Florence — trois exemplaires nestoriens — ont allongé le récit d'un appendice qui en rompt le cadre originel et qui fausse absolument le titre que l'ouvrage continue de porter dans le Laurentianus^. Un livre qui raconte la vie publique du Christ, sa mort, sa résurrection et son ascension, n'est plus un Evangile de l'Enfance.

Il est moins aisé d'arriver à une conclusion ferme touchant la composition et la date de la première partie, dont l'origine est assez trouble. Les sources qui y ont mêlé leurs apports semblent communiquer, au moins par infiltration, avec le pseudo-Thomas.

sion. M. E. Blochet, qui a bien voulu les examiner à notre demande, nous en écrit ce qui suit : « Le texte de VtLvangile de l'Enfance contenu dans les deux manuscrits syriaques 238 et 273 est, à peu de mots près, le même que celui édité par Thilo. Ils me semblent représenter une classe de manuscrits différente de celle qui a été utilisée par Thilo. Le 273 est le meilleur et présente peu de variantes avec le texte imprimé; le 238 commence en karsliouni et se termine en arabe. Son texte est inférieur à celui du précédent. »

Page 1