‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 140 sur 330 · CH. II], 4. LE PONTIFICAT CONTESTE A ZACHARIE · texte numérisé non relu

CH. II], 4. LE PONTIFICAT CONTESTE A ZACHARIE

Les fils d'Israël, ayant pris le deuil, pleurèrent sur lui pendant trente jours. Ensuite, après tous ces événements, eut lieu une assemblée des prêtres, des anciens, et d'autres (notables), qui résolurent de désigner un grand prêtre du temple et de consulter le sort. Et le sort tomba sur Zacharie fils de Barachie. Tous les prêtres lui imposèrent les mains et l'établirent ministre du saint autel. Or Anne et Elisabeth étaient parentes ; toutes deux étaient stériles et n'avaient pas d'enfants. Et depuis la grossesse d'Anne et la naissance de Marie, quatorze ans s'étaient passés , jusqu'au moment où Zacharie devint grand prêtre du temple.

4. Vint le temps où Zacharie fut fait grand prêtre ; sa femme était stérile, tout comme Anne. Après coup, les prêtres et tout le peuple firent réflexion et se dirent les uns aux autres : « Il est extrêmement fâcheux que nous n'ayons pas compris plus tôt ce que nous faisions. Pourquoi avons-nous établi celui-ci grand prêtre, puisqu'il (y) a un défaut (qui s'y oppose) : sa femme est stérile, et (il) n'a pas l'enfant de la bénédiction? » L'un d'entre ces prêtres, qui avait nom Lévi, dit : « Ceci nous semble juste; avec votre permission, je le lui dirai. » Les prêtres dirent : « Déclarez-lui la chose à lui seul, en secret, afin qu'il sache quoi, et n'en

Leipzig, 1895; Id., Die handschriftliche Ueberliefemng der Zacharias- und Johannes-Apokryphen, dans Texte und Untersiichungen, nouv. sér., t. XI, 3, 190i; cf. Acta Sanctor., Nov. t. III, p. 7-22). Dans le ps.-Matth., le grand prêtre s'appelle Abiathar. S ne dit pas son nom. Le Profévangile, qui a déjà parlé du grand prêtre, l'appelle ici Zacharie sans explication préalable.

parlez à aucun (autre). » Le prêtre dit : « Bien. Je ne le dirai qu'à lui et à nul autre. »

5. Un jour donc, comme s'achevait le temps de la prière, le prêtre alla secrètement trouver (Zacharie) et lui manifesta le propos qui avait été tenu. En entendant cela, Zacharie fut vivement troublé, et il se dit en lui-même : « Que ferai-je et quelle réponse donnerai -je? Car pour moi, je n'ai pas conscience d'avoir rien fait de mal, et s'ils me haïssent sans cause, malgré mon innocence, c'est au Seigneur seul à l'examiner [II Paralip.^ xxiv, 22J. Si je répudie mon épouse, sans pouvoir alléguer aucun tort (de sa part), je commettrai une lourde faute. Que si je me présume coupable d'un délit pour lequel (je mérite d'jêtre destitué, et que, sans rien dire, j'abdique le service du saint autel et le pontificat, ce sera bien pénible pour moi. Que vais-je donc devenir, car une grave perplexité tourmente mon âme? »

6. Tandis qu'il se livrait à ces pensées et à ces réflexions, vint l'heure de la prière rituelle, (où il devait) déposer l'encens devant le Seigneur. Et il se tenait dans le temple près du saint autel de Dieu, et, répandant ses larmes devant le tabernacle, il priait de la sorte : « Seigneur, Dieu de nos pères, Dieu d'Israël, regardez-moi avec votre miséricorde, moi, votre serviteur, qui me présente plein de confusion devant votre majesté et qui implore la gracieuse douceur de votre bienveillance. Ne dédaignez pas votre serviteur. Si vous me jugez digne de desservir votre saint autel, usez à mon endroit de votre tendre bonté

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