CF. IV, 3. LES VIEKGES DU TEMPLE. - 4. MARIE CONFIÉE A JOSEPH
familles d'Israël issues de la tribu de Juda et de la lignée de David, de placer leurs filles dans le temple, où elles étaient gardées dans la sainteté et la justice, l'espace de douze ans, pour (y) servir et attendre le moment des décrets divins, celui où le Verbe viendrait prendre chair d'une sainte, pure et impeccable vierge, et, devenu extérieurement l'un d'entre les hommes, foulerait la terre d'un pas humain. Cette (règle), la race d'Israël la gardait consignée par écrit et conservée dans le temple, de parla tradition des ancêtres. (Que s')il ne leur était fait aucun signe ou avertissement de l'Esprit-Saint, ils emmenaient (ces jeunes filles) et les donnaient en mariage. Ainsi en fut-il de ces douze vierges, qui étaient filles de la race de Juda et de la lignée de David, et parmi lesquelles se trouvait la vierge Marie, qui a la prééminence sur toutes les vierges. Après qu'elles furent rassemblées en cet endroit, ils les amenèrent d'un commun accord et les firent comparaître. Et ils consultèrent le sort sur elles, à l'intention des célibataires, (pour savoir) qui d'entre eux en recevrait une comme épouse.
4. Lors donc que le grand prêtre Zacharie remit aux célibataires leurs tablettes respectives, qu'il avait rapportées du temple, il vit que le nom (de chacune) des vierges se trouvait écrit sur la tablette de celui dont elle deviendrait la femme. Or, quand le grand prêtre avait pris les tablettes, elles ne portaient aucun signe, sauf les noms qui s'y trouvaient écrits^. Mais
4. Dans le Protévangiie et ps.-Matth., il n'est fait aucune mention d'un signe qui aurait été écrit sur les baguettes. Mais
quand (il remit) à Joseph la dernière, sur laquelle était écrit le nom de la sainte vierge Marie, voici qu'une colombe, sortant de la tablette, vint se poser sur la tête de Joseph. Le grand prêtre dit à Joseph : « A vous revient la vierge Marie. Prenez-la, gardez-la comme votre épouse, puisqu'elle vous est échue par (une décision) sainte, pour vous être unie en mariage, comme les autres vierges chacune à un des célibataires. »
5. Mais le vieillard Joseph, entendant cela, résista et dit : « Je vous prie, (vous) prêtres et peuple, qui êtes réunis dans ce saint temple, ne me faites pas violence en présence de vous tous. Comment ferai-je, moi, rien de ce que vous dites? J'ai une nombreuse famille, des fils et des filles ^ ; je serai honteux et confus devant eux. Ne me faites pas violence ! » Les prêtres et tout le peuple lui dirent : « Ecoutez-nous ; soyez obéissant à la loi de Dieu, et ne soyez pas aussi insoumis et récalcitrant ; car il n'est pas du tout selon la loi de faire ce que vous faites. » Joseph dit : « Je suis fort vieux et proche de la mort, pourquoi m'ordonnez-vous de faire, dans ma vieillesse, toutes ces choses qui ne conviennent pas? » Le grand prêtre dit : « Écoutez-nous. Vous n'aurez (de ceci) ni confusion ni chagrin d'aucun côté, mais de toutes parts bénédiction, grandeur et gloire. » Joseph dit : « Vous avez beau dire : celle qui m'échoit est une enfant et
il est à remarquer que la rédaction arabe de Z'Histoire de Joseph le Charpentier, dont le texte est malheureusement altéré en cet endroit, semble avoir gardé la trace d'une idée analogue {ch. IV).