Zarbhanelean, t. cit., p
INTRODUCTION. xxxvil
nonce de la grossesse de la sainte Vierge Marie, Mère de Dieu ». Ce récit reproduit, en Tabrégeant, celui de A, ch. V, 1-10; XI, 16-25. Manuscrit daté de l'an 1700. Ce fragment est désigné par la lettre N.
2) P. 278-84. {Sur) Varri{>ée des Mages çenus pour adorer le Christ. Début du texte :
« En Vannée quarante-troisième d'Auguste y empereur des Romains, d'Abgar <^roi^ des Arméniens et des Syriens la çingt et unième, d' Hé rode, roi des Juifs, la trente-neu^fième, Notre- Seigneur Jésus le Messie naquit à Bethléem de Judée, et voici que les Mages... » Suit un abrégé de A^ ch. xi, 1-9, 12-21, 25. Manuscrit de date incertaine, antérieur à 1700.
3) P. 284-95. Comment les rois Mages vinrent à Jérusalem avec leurs armées. Le récit commence aux mots : Voici que les Mages... et reproduit, sauf quelques variantes et omissions. A, xi, 1-20, 22-25. Manuscrit provenant du couvent d'Ardsak dans le Vaspourakan. Date inconnue.
4) P. 296-306. Histoire de Varrivée des rois mages, venus pour adorer le roi nouveau^né. Même début que Mg. Le texte est celui de A, ch. xi, 1-25, avec plusieurs leçons mieux conservées. Deux manuscrits, dont l'un daté de l'an 1538.
Pour suppléer au silence de la rédaction B, mutilée en cet endroit, nous avons extrait les variantes significatives de ces trois fragments, désignés respectivement par les sigles i!/^, M.^ et M^.
XXXVIU INTRODUCTION.
5) P. 306-312 : Histoire de la fuite du Seigneur en Egypte pour se soustraire à Hérode = B, ch. xvi; A, ch. XVI, 2, 3 (abrégé), 4-5 (en omettant le miracle des rayons de soleil), 6-23 (vers le milieu). Manuscrit daté de l'an 1538; le même qui contient le fragment M3^
De ces matériaux à Tétat brut, et de tous ceux qui doivent encore se cacher ailleurs, sera-t-il possible, à supposer qu'on le tente jamais, de tirer une édition critique satisfaisante? Cela n*est pas sûr et encore moins pourrait-on dire ce que sera cette édition.
Tout ce que l'on entrevoit, en gros, c'est qu'aucun des textes actuels ne représente exactement l'original. Si B a été presque partout allongé et délayé, A semble avoir été raccourci ou mutilé. Il y manque des bouts de phrases, des phrases entières, voire de courts passages, qui sont nécessaires à la trame du
1. Il n'aurait peut-être pas été superflu d'en noter aussi les variantes. Nous en relevons donc ici les plus notables, après celles qui ressortent du sommaire ci-dessus, Ch. xv, 3 : (( ... Dans la plaine de Tanis, ville qui est appelée Poulpas » (ou Boulbas, *9nL^u^uju). 4 : « Ils arrivèrent sur le territoire d'Egypte, en une ville qui s'appelle Caire... » [Nouvelle correction au non-sens provenant de la méprise initiale : ^îj^io = Egypte, au lieu de ville de Mesren.] — § 6 : 4 l'entrée de la porte, à chacune des issues de la ville, les rois et les sages avaient, de chaque côté, construit d'immenses choses curieuses [i^iupSiuiiiu^liu], qui frappaient les regards de quiconque entrait ou sortait. Et chaque fois que... quelque chose allait arriver dans la ville. Sur les portes du rempart, étaient établis d'autres appareils ingénieux qu'avait (fait) fabriquer autrefois le roi Alexandre. Deux aigles.., »
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récit et qui se retrouvent dans B. Outre ces leçons authentiquées par le contexte, B a conservé de longs épisodes, des redites ou des développements oiseux, qui ont pu être remaniés, sans doute, mais non ajoutés de toutes pièces, car on y reconnaît, jusque sous les altérations suspectes, le même signe originel qui dénonce si clairement la provenance du texte arménien.
Ce signe, c'est la langue dans laquelle tout le document est écrit, langue hésitante et incorrecte d'un traducteur qui avance, ligne par ligne, dans un texte obscur et qui, lorsqu'il ne parvient pas à nouer les idées, enfile des mots. Nous ne pouvons songer à entrer ici dans le détail des preuves qui montrent que le Lwre arménien de l'Enfance, tel à peu près qu'il se lit aujourd'hui, avec sa narration traînante, son style chargé de circonlocutions et de pléonasmes, ses harangues, ses dialogues, ses monologues et son verbiage monotone, est une version ou, tout au plus, une paraphrase du syriaque. Mais s'il est impossible d'en faire la démonstration en peu de mots, il serait encore plus impossible de traduire le texte en se passant de cette hypothèse. C'est le fil conducteur qu'il faut tenir pour trouver ce que l'écrivain a voulu dire, quand il le sait, et deviner ce qu'il aurait dû dire, quand il ne le sait pas. Même aux endroits les plus clairs, le style est tout criblé d'expressions par à peu près, de constructions ambiguës sinon fausses et de termes impropres, qui doivent être compris dans leur sens naturel, si l'on ne tient pas compte de l'influence qui les en a détournés. D'autres passages, en pur galimatias, redeviennent
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intelligibles, quand on y rétablit par conjecture la leçon syriaque qui semble avoir trompé l'œil ou la perspicacité de l'interprète. Cette clef nous a souvent servi. Toutes les corrections qui forcent tant soit peu la teneur littérale du texte ont été indiquées, fussent-elles évidentes. Elles suffiront à titre d'exemple. Il n'était ni nécessaire, ni pratiquement possible de dénoncer tous les endroits où le traducteur parle syriaque en arménien.
Çà et là pourtant, un mot, une locution, un tour de phrase font hésiter. A première vue, on croit y entrevoir un original arabe ^. Mais cette apparence ne résiste pas à l'examen. Il y a, partout ailleurs, trop d'idiotismes syriaques nettement reconnaissables^. On ne voit pas comment ces idiotismes auraient contaminé la version arménienne à travers une version arabe, ni comment des arabismes se seraient introduits après coup dans un texte arménien traduit du syriaque.
Il y a aussi trop de bévues et de contresens. L'arabe, il est vrai, y prête comme le syriaque et, à conditions égales, peut-être y prête-t-il davantage. Mais, justement, les conditions n'étaient pas égales. Pour les traducteurs qui ont mis de l'arabe en arménien, l'arabe était une langue vivante, apprise par l'usage, dans les relations pratiques, avec des gens qui la par-
1. Par exemple, p. 182, note 18, ou encore des mots comme ^fe^g (dans B, ch. xxii; Daïetsi, p. 184), « paroles », ou « phrase » =: <-^.
2. Nous ne tirons pas argument du jargon barbare qui est donné pour de l'arabe dans B, ch. xviii (voyez A, xvi, note 1 ; p. 177). Ce passage peut avoir été interpolé.
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laient aussi bien ou mieux encore. Malgré cela, il pouvait leur arriver de se tromper, mais non pas jusqu'à l'incompréhension absolue. Le syriaque, déjà mort ou mourant, végétait dans les écoles, s'étudiait dans les livres, et, en sa qualité de langue savante, se laissait assez impunément interpréter par ceux qui l'entendaient à demi, à ceux qui ne l'entendaient pas du tout. Pour cette autre raison, c'est plutôt au syriaque que fait songer le tour hésitant et trébuchant de la version arménienne. Qu'elle contienne des mots arabes, — comme elle en contient aussi de persans * et de turcs, — cela prouve uniquement que ces mots appartenaient à la langue usuelle du traducteur et de son public 2. Il est plus étrange qu'on y trouve quelques non-sens qui paraissent s'expliquer par la syntaxe arabe ^. Mais à l'époque où elle fut faite, un Arménien qui lisait le syriaque ne pouvait guère manquer de lire aussi l'arabe et même de le parler. 11 n'en fallait pas davantage pour que, la négligence ou la distraction aidant, des confusions se soient produites sous l'effet de l'analogie.
Historiquement, il est prouvé par ailleurs qu'un