‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 24 sur 330 · iuSnL.h;ih piu^iuïnuih lulikuLtii ^uiLUipùnUip h tipnn · texte numérisé non relu

iuSnL.h;ih piu^iuïnuih lulikuLtii ^uiLUipùnUip h tipnn

uiutmSuMt^niu^f éd. Ars. TER MiKELiAN (Vagarsapat, 1893), p. 76. Un siècle plus tard, Kirakos de Gantzak copie en l'estropiant le texte de Samuel ; cf. ^hpiul^nuji i|^ujfi^uj/f[ï^i.nj i^wpi^ujujtui^ <Çujj9iun.oiii u^iumSnLpjiiJi (éd. de Venise, 1865), p. 29.

2. Identifié dans le texte à l'an 37 de l'ère arménienne. D'autres manuscrits indiquent la date 591.

3. M. Th. Zahn a commenté avec beaucoup d'érudition et d'ingéniosité, d'après une traduction du R. P. Gr. Kalemkiar, ce catalogue d'apocryphes, où plusieurs titres demeurent pourtant énigmatiques (Forschungen ziir Geschichte des neutestamentUcheii Kanons, t. V, Erlangen, 1893, p. 109-148).

INTRODUCTION. XLlii

rait encore un aspect de basse époque à tout Tensemble du document.

Deux hypothèses sont admissibles. Ou bien le Lwre de l'Enfance a été traduit une seconde fois, indépendamment de l'ancienne version en arménien « littéral » , que celle-ci ait disparu avec la secte dont elle était l'œuvre, ou qu'elle ait survécu dans quelque copie échappée à la destruction. La chose est possible et elle s'est vue pour d'autres ouvrages dont la première version n'avait pas été réduite à se cacher * .

Ou bien la version actuelle est un remaniement populaire du texte primitif devenu obscur dans sa teneur archaïque. Plusieurs motifs parlent en faveur de cette liypothèse. Le fait est que notre apocryphe est attesté en Arménie dès une époque antérieure à celle que dénotent les caractères linguistiques de la rédaction existante.

Nous avons déjà rappelé que Sargis Snorhali cite le Lwre de l'Enfance au xii^ siècle^. L'historien Vardan, au xiii% doit y avoir copié les noms et qua-

1. C'est ainsi, par exemple, qu'il existe deux traductions arméniennes des Vies des Pères du désert. (Voyez Bibliolheca hagiographica orientalis, 861 et 862.)

2. Voir ci -dessus, p. xxx. L'historien Mekiiithar d'Ani (xiii* siècle) rapporte que le moine Bahira lut à Mahomet, outre l'Ancien Testament et le Nouveau, nt^ftnuîi nnn Shunutili Suclil^nLpbiu'itli l^n^li t le Uvre qiVon appelle l'Enfance de

Jésus (ÎT^^piupuij Gfife^Lnj u^uMintinLpitLÎif éd. C. PatKANIAN,

Saint-Pétersbourg, 1879, p. 36. Cf. Marr, t. c, p. 135). Ceci ne prouve pas directement que Mekhithar ait connu la version arménienne du livre qu'il désigne par ce litre altéré.

XLiv IMHODUCTION.

lités des rois mages, le chiffre de leurs troupes^ et celui des petits enfants de Bethléem massacrés par Hérode^. Malgré Fextrême concision de son résumé, la source d'où il l'a tiré y demeure clairement reconnaissable. Or à l'époque où le Lwre de l'Enfance était ainsi utilisé dans un précis de l'histoire universelle, il ne devait pas être nouveau en Arménie. Il y était connu depuis assez longtemps pour y avoir déjà créé un culte local. Le même Vardan, ou l'un de ses disciples, dans la géographie qui porte son nom, rapporte qu'au couvent d'Aménaphrkic on croyait posséder le tombeau du saint roi mage Gaspar^. Ceci nous conduit à une date où, certainement, le texte ne contenait pas encore tous les vulgarismes qui s'y étalent aujourd'hui. Il en est de trop modernes pour remonter si haut^*. Si ceux-là ont été introduits plus tard, pourquoi pas les autres, et pourquoi tout le livre ne serait-il pas l'ancienne traduction, retouchée, rajeunie, ou plutôt remise à la portée des lecteurs à qui elle était destinée?

1. Z,uti.uipnL.3h uituuiSriLphuMii ^tunniuinui Jiunniuutbuth l^ni.uiup.iubiitui^ (éd. de Venise, 1862), p. 33.

2. Quatorze cent soixante-deux (ibid., p. 34; cf. B : quatorze cent soixante; A : treize cent soixante; ci-après, p. i55). Entre ces deux mentions, Vardan cite, d'après une autre source évidemment, un rapport adressé à Auguste par « un Franc nommé Lucien ».

3. Voyez J. Saint-Martin, Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. II (Paris, 1819), p. 428.

4. Par exemple le pluriel en -bn, dont il y a quelques cas (cf. Piii^i£^ufi3hypÎÊ, A. ch. XV, Daietsi, p. 62) ; la particule affirmative uijii, « oui » ; etc.

INTRODUCTION. XLV

Même conclusion si l'on examine les noms propres. En règle à peu près générale, ils sont transcrits, suivant la phonétique ancienne, en conservant aux consonnes (qui seules importent ici) leur valeur originelle : fi = b, i^ = d, m = t, ij =: X. Il n'y a là rien de très décisif, en ce qui concerne les noms bibliques dont l'orthographe était fixée pour les yeux, sans égard aux changements de la prononciation. Mais d'autres ont reçu leur orthographe du traducteur. Tels : Gaspar, Bakdasar (Balthasar) et presque toute la liste des compagnons des mages ; .4/?oXo/i (Apollon), Bai^eiesou (ou Bariesou, OkeanoSy Beria Abias)^ (ou Arabia)^ Sataïel (Satanaël?), etc..

Tels encore les vocables bibliques peu usités que l'interprète n'a pas reconnus, comme Askokon (Ascalon), Kebron (Hébron), Taianou (Tanis) ou de quasinoms propres comme tebêih, tebêth (nom du mois hébraïque tébéth).

Pêle-mêle avec ces noms anciens, on trouve les doublets Pakdasat^ ou PaUasar ^ Sadaïel, Sahabanaï pour èahapanai [Sakhapanaï) ou vice versa, Abbion (pour Appion?), etc.

Il n'y a pas que l'orthographe à considérer. A côté des noms propres de forme archaïque, se rencontrent des toponymes modernisés comme Tapari, Taparîa (Tibériade), qui semblent venus là tout exprès pour montrer ce que seraient devenus les premiers, s'ils avaient passé par l'écritoire d'où sont sortis les seconds. Ailleurs le nom Kharhé^ (hiup^l^, pour Kàhira)^ Caire,

1. Ch. XV, 4, 6 (pp. 161, 163). Même leçon clans B et dans l'abrégé dont il a été question plus haut.

XLVI INTRODUCTION

s'est introduit, en dépit de la chronologie, dans un passage où l'ancien nom Mesren (^-»j^) est resté visible sous les non-sens du contexte. C'est toute l'évolution de la version arménienne qui apparaît en raccourci dans cet anachronisme.

Il n'entre pas dans notre plan d'en détailler ici les dernières vicissitudes. Le Livre de V Enfance paraît être devenu populaire chez les Arméniens de la Perse ' . Tout porte à croire qu'il aura servi d'original à l'apocryphe persan de même titre dont l'existence est attestée à la fin du xvii^ siècle 2. Il est peu probable que ce dernier, s'il se retrouve jamais, nous apprenne grand'chose sur la formation de notre apocryphe.

Voici donc, en résumé, ce que les précédentes observations nous apprennent ou du moins nous permettent de conjecturer touchant l'origine du Livî^e arménien de V Enfance : l'^ L'ouvrage, tel qu'il existe, a été traduit du syriaque ; traduit, c'est-à-dire mis en arménien dans sa teneur originale et non pas développé en arménien sur un thème emprunté au syriaque ; — traduction probablement antérieure au xi^ siècle, modernisée dans la suite, et, comme toujours, interpolée, altérée, maltraitée par les copistes.

2° Quoi qu'il en soit du livre actuel, on sait, par un témoignage précis, qu'un apocryphe nestorien de même titre a été traduit du syriaque en arménien, dans les dernières années du vi'^ siècle.

Nous avons admis sans le prouver que ces deux

Page 1