ZÉNON|PRÉCIPITÉ D'UNE TOUR
course pour aller voir les enfants et les jeunes garçons de la ville. Les enfants qui venaient à lui le saluaient avec beaucoup d'affection, et tout ce qu'il leur commandait, ils s'empressaient de l'accomplir. Un jour donc, J. étant sorti, allait par la ville, silencieusement et en cachette, pour n'être vu de personne. Un garçonnet, l'ayant aperçu tout à coup^ le reconnut et, le surprenant par derrière, le saisit et se mit a crier disant : « Voilà! regardez tous : c'est l'enfant Jésus, le fils du vieillard; celui qui fait de tels prodiges et de tels miracles. » Immédiatement, il fut assailli par le démon, abattu et renversé à terre, sur place; et J. disparut à ses yeux. Le jeune garçon fut si maltraité par les esprits mauvais, qu'il demeura gisant (à terre) comme mort, durant trois heures. Ses parents survinrent tout en larmes et fort effrayés. Ils le relevèrent et battirent toute la ville pour trouver J., mais ils ne le virent pas. Alors ils allèrent en pleurant trouver le vieillard Joseph, pour (lui demander) que J. vînt guérir leur enfant des esprits mauvais. Or donc, quand Jésus connut leur pensée (et que l'enfant) demandait sa propre délivrance, surle-champ, ce jour môme, il alla se montrer à l'enfant. Celui-ci tombant aux pieds de J. lui demanda le pardon de ses fautes. Et J. lui posa la main sur la tête et le guérit. — A plusieurs jours de là, J. étant sorti alla, selon sa coutume [cf. Luc, xxii, 39], à la place de jeu, où les enfants se trouvaient réunis. En le voyant, tous l'accueillirent avec beaucoup de joie et d'affection et le reçurent en grand honneur. J. (leur) dit : « Qu'avez-vous délibéré et décidé de faire aujourd'hui? » Ils dirent : « Venez; nous vous mettrons à notre tête, vous et Zenon le fils du roi. Nous diviserons les enfants en deux camps; l'une des troupes sera à vous; l'autre au fils du roi. Nous irons ensemble jouer à la paume, et nous verrons laquelle des deux troupes l'emportera à renvoyer la balle, de joueur à joueur. » [Texte : de siècle en siècle; ji ijm^it /> ijui/i =»j\ ». ^^pour îjji. ;|t ^ ou ;»ji. »»» ^?] J. dit : « Vous avez raison. » Et tous s'accordèrent de part et d'autre. Or, en cet endroit, se trouvait une vieille tour fort grande, aux murs élevés, devant laquelle les enfants de la ville étaient toujours rassemblés, à (leur) rendez-vous de jeu. J. dit (à Zenon) : « Que vous proposez-vous maintenant, et que voulez-vous faire? Faites-(le) comme bon vous semble. » Z. dit : « Venez, partageons de nouveau, d'un commun accord, les enfants et les petits gars en deux camps ; puis nous irons ensemble jouer à la paume. » J. dit : « Faites comme vous
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l'entendez. » Et Z. ayant rassemblé par devers lui les enfants et les petits garçons, les divisa en deux troupes; puis ils s'avancèrent pour lancer la balle. Et comme Z., qui avait le premier leur, engageait le jeu, tout à coup, il frappa de sa balle la paume qui s'envola en montant et, s'élevant très liaul, alla retomber sur la lour, où il était fort difïicile de mouler et de descendre. Z. le fils du roi monta pour reprendre la balle; et Saûl, fils du seigneur Zacharie, s'élançant à sa suite, lui asséna des deux mains par derrière un coup de sa batte dans la nuque, et le précipita à terre, de toute la hauteur (de la tour). L'enfant mourut. Lui s'échappa avec tous ses compagnons qui se trouvaient là. J. (qui était) avec eux se déroba à leurs regards et disparut. Alors, dans la ville, une clameur s'éleva et partout on disait : a Regardez, vous tous, et entendez : voici que les enfants ont tué là-bas le fils du roi. » En entendant cela, tous les habitants se réunilent et se portèrent ensemble à l'endroit indiqué : le roi, les princes, les grands, les chefs, les dignil aires, les chefs et officiers de l'armée, l'armée entière, les parents et amis, les esclaves et les servantes, hommes et femmes, intimes, familiers et étrangers, tous ceux qui entendaient (la nouvelle) se hâtaient d'accourir là-bas, en pleurant et en se frappant (euxmêmes). Et, menant un grand deuil, ils se lamentaient sur r(enfant). Le petit Zenon avait neuf ans et trois mois. Après qu'on eut passé trois heures à pleurer, et à se lamenter avec force coups, le roi et toute sa suite ouvrirent une enquête, cherchant et s'interrogeant les uns les autres à l'effet de savoir (jui avait commis cet attentat homicide. Tous dirent de même : « Personne ne sait ce qui est arrivé, si ce n'est les enfants de la ville, qui étaient rassemblés en cet endroit. « Alors le roi ordonna de relever son fils et de l'emporter au palais royal. Et il envoya réunir tous les enfants de la ville, du plus grand au plus petit, et on les amena en sa présence. Quand ils furent arrivés, le roi commença d'abord par leur adresser de bonnes paroles, et leur dit : « Mes fils, mes enfants, ditesmoi qui d'entre vous a causé ce malheur. Je sais que vous ne l'avez point fait volontairement, mais que cela est arrivé à votre insu. » Ils dirent d'une même voix : « O roi, vous avez raison; mais qui d'entre nous aurait jamais osé commettre cette action criminelle, de tuer le fils du roi et de se livrer luimême à une mort inévitable et à la perdition? » Le roi dit : « Je vous ai déjà dit d'écouter mes paroles de bienveillance; je vous le redis encore cette fois. Gardez-vous de m'exaspérer