ARRESTATION DE JOSEPH
et de me mettre la rage au cœur. Pour le moment vous n'avez pas lieu de me craindre et d'appréhender la mort. Mais ditesmoi la vérité. Qui est l'auteur du coup et qui a fait périr mon fils d'une mort cruelle et prématurée? Si quelqu'un me le découvre, je ferai de lui le compagnon de mon trône, associé à ma grandeur, et, à ses parents aussi, je donnerai l'illustration du rang et de la puissance. » Les enfants dirent : « O roi, vous avez raison en vos commandements; mais à toute question que vous nous posez, nous répondrons, selon la vérité, que nous ne savons pas quel enfant est l'auteur du fait. » Le roi dit : « Il n'y a pas deux (issues) devant vous : choisissez spontanément la vie de préférence à la mort et vous ne mourrez point prématurément. Craignez les tourments et les sévices cruels que je suis décidé à exercer sur vous et sur vos parents. Dites-moi la vérité sans ambages, pour échapper à une mort certaine. » Ils dirent : « Nous voici tous devant vous. Ce que vous voulez faire, faites-le « [cf. Jean, xiii, 27]. Alors le roi ordonna d'emmener tous les enfants hors de la porte [ou du palais], et d'apporter en cet endroit des quantités considérables d'or et d'argent qu'il fit placer devant eux. Et il ordonna au chef des bourreaux d'apporter un glaive d'acier et de le faire étinceler sur la tète des enfants qui s'approchaient pour prendre (leur part) du trésor. Et le roi dit : « Quiconque est innocent, qu'il s'approche pour puiser au trésor et qu'il se retire sans crainte du glaive. » Et après que tous les enfants un à un furent venus hardiment puiser au trésor et se furent retirés sans aucune peur du glaive, le meurtrier du petit s'approcha. Et quand il vit le glaive flamboyer dans la main du bourreau, il fut tout à coup pris de frayeur et de tremblement; et dans l'épouvante que le glaive lui causait, ne pouvant plus de tenir sur ses jamlîes, il s'étendit à plat sur le sol. On lui dit : « Dites-nous : pourquoi avez-vous peur? » L'enfant dit : « Laissez-moi un instant pour que je me remette et reprenne mes esprits. » On y consentit et on lui dit : « Dites-nous : la vue du glaive ne vous efîraie-t-elle pas? » [texle : N'ayez point peur à la vue de ce glaive]. L'enfant dit : « Oui; j'ai grand' peur que vous ne me fassiez mourir. « Le monarque dit au bourreau : « Remettez votre glaive au fourreau [cf. Jean, XVIII, 11], pour ne pas efTrayer r(enfant). » Après un intervalle d'une heure, (celui-ci) s'étant levé, dit : « Oui, je savais, ô roi, qui est < l'assassin > de votre fils, mais je me faisais scrupule de vous livrer son nom. » Le roi dit : « Dites-le,
mon fils; ne craignez pas; car il vaut mieux que celui qui est digne de mort périsse plutôt qu'un innocent » L'enfant dit : « 0 roi, votre enfant a été tué par l'enfant Jésus, le fils du vieillard. » En entendant cela, le monarque fut frappé de stupéfaction et envoya sommer Jésus de comparaître devant lui. Après que tout le monde y fut allé, on ne trouva pas Jésus mais le seul Joseph. On l'arrêta et on l'amena devant le tribunal, y'étant incliné, il se prosterna devant le roi. Le roi dit : « Vieillard, vous nous avez bien traités aujourd'hui en retour du bien que nous vous avons fait! Vous nous avez payé au double notre accueil bienveillant ! » Joseph dit : « O roi, je vous en prie,ine croyez pas à toute vaine parole qui se dit. Ne vous emportez pas contre nous malgré notre innocence et ne nous condamnez pas à la légère; car nous n'avons pas à répondre du sang de votre fils. » Le roi dit : « Je connaissais déjà votre esprit d'indépendance et le naturel indompté de votre fils. Vous êtes venu ici prendre des ordres en vue de vos préparatifs, et j'exécutais tout ce qu'il vous plaisait. » [voir ci-dessus, XX, 11, p. 218-19]. Joseph dit : « Roi, ne croyez pas ainsi aux paroles menteuses, et ne nous faites pas de reproches sans témoins à l'appui; car je ne sais ce que vous dites. )> Le roi dit : « Où est votre enfant; amenez-le et produisez-le devant moi, pour que je le voie. » Joseph dit : « Par la vie du Seigneur, je ne le sais pas. » Le roi dit : « Vous dites vrai : vous commettez un homicide, puis vous vous tirez de là par la fuite. » Le roi ordonna de garder étroitement Joseph et il dit : « Allez battre toute la ville jusqu'à ce que vous trouviez l'enfant Jésus; arrêtez-le et amenez-le devant moi sous bonne garde. » Et ils allèrent rôder partout à la recherche de J. ; ils ne le trouvèrent pas et revinrent faire rapport au roi. Le roi dit à ses grands : « Que ferons-nous de ce vieillard? Car il a fait fuir la mère et l'enfant et on ne trouve plus celui-ci. « Les princes dirent : « Ordonnez qu'on amène le vieillard devant nous et qu'on le mette à la question ; car il sait (où se trouvent) l'enfant et sa mère. » Le roi dit : « Oui, vous avez raison. Je ne mettrai pas mon fils au tombeau et je ne goûterai à rien avant que le sang de cet enfant n'ait compensé le sang de mon fils. » Et tandis que le roi parlait de la sorte et délibérait au sujet de Joseph, en se demandant à lui-même par quelle mort il le ferait périr, voici que Jésus en personne vint se présenter au roi et s'inclinant, il se prosterna devant lui. Le roi dit : « Vous venez à propos, enfant Jésus, bourreau