‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 260 sur 330 · INTERROGATOIRE DE JÉSUS. 22S · texte numérisé non relu

INTERROGATOIRE DE JÉSUS. 22S

et meurtrier de mon fils. » J. dit : « O roi, pourquoi (se fait-il que) vous soyez si courroucé, que votre cœur soit rempli d'irritation, de trouble et d'emportement, et que vous me montriez un visage tout décomposé? Ne tenez pas un langage aussi injuste, car [texte : que, an^ = j] il n'est pas digne des rois et des puissants monarques de condamner quelqu'un, sans témoins (à sa charge). » Le roi dit : « Dites-moi donc s'il n'est pas de fait qu'on vous a déclaré digne de mort sur la foi de nombreux témoins. » J. dit : « Tout d'abord, informezvous, interrogez, examinez, raisonnez, puis jugez de toute chose dans la vérité et la justice. Et si je suis digne de mort, faites ce que les juges ont le pouvoir légitime de faire à leur gré. » Le roi dit : « Ne nous étourdissez pas de ces longs discours, mais dites-nous bien nettement ce qui a causé la perte de mon fils. » J. dit : « Si vous croyez à ma parole et si vous acceptez le témoignage que j'énonce, (sachez que) je suis innocent de ce fait. Mais puisque [texte : si] vous voulez me condamner à la légère, produisez votre témoin, mettez-le en ma présence, que je le voie. « Le roi dit : « Oui, vous avez raison. » Et au même instant, il fit comparaître comme témoin le meurtrier de son fils. Quand celui-ci fut venu, le roi dit : « Dites-nous, enfant, que déposez-vous contre Jésus? » L'enfant dit : « Oui, ô roi, je dépose formellem.ent contre lui. Écoutez-moi et je vous dirai (tout); mais permettez-moi de parler librement en votre présence. » Le roi dit : « Parlez. » Le coupable [littéralement : digne de mort] dit à Jésus : « Ne vous ai-je pas vu hier au jeu de paum.e? Vous aviez une batte à la main; vous êtes monté avec r(enfant) au haut du mur pour prendre la balle; vous l'avez frappé des deux mains par derrière dans la nuque, vous l'avez tué en le précipitant [texte : étant tombé, m'iil^biui = ^^siib poiu- \>Jii], et vous vous êtes enfui de là. » J. dit : « C'est bien. » En entendant cela, le roi, les princes, les grands qui étaient avec lui, et tout le reste de la multitude populaire, dirent à J. : « Qu'avez-vous à répondre à ce fait? » J. dit ; « Et dans voire loi, qu'est-il écrit à ce sujet? » Ils dirent d'une même voix : « Dans notre loi, il est écrit : Si quelqu'un a versé le sang d'un homme, son sang sera versé [Gen., ix, 6J en expiation de ce sang. » J. dit : « Vous avez raison. » Le roi dit : « Dites-moi [texte : ordonnez, ^^umSiu^Ihu = po/] comment je dois vous traiter, et de quelle mort je vous ferai périr. » J. dit : « Vous êtes le juge de tous ; pourquoi me

demandez-vous cela à moi? » Le roi dit : « Oui, je (le) sais fort bien, mais je fais ce que bon me semble. Je demande (qu'on me dise) la vérité, pour juger avec droiture et justice, afin de n'être pas jugé [cf. Matth., vu, 1]. J. dit : « Si vous voulez m'interroger sur ce fait dans les formes légales, vous rend(r)ez un jugement inique, sans le savoir. » Le roi dit : « Et comment cela? )) J. dit : « Ne savez-vous pas que tout homme coupable d'un crime capital et tout criminel se parjure, par crainte de la mort [texte : jure faussement qu'il craint... : nn hnl^h^^i = "^^jj»]. Et ceux qui se rendent témoignage et déposent sous serment les uns pour les autres, savent fort bien qui est le coupable. « Le roi dit : « Si vous n'êtes pas coupable, pourquoi répondre toujours par un tel flot de paroles, en vous déclarant innocent et en démentant les autres? » J. dit : « Moi aussi, je sais bien un peu ce qu'il en est de la cause de ce crime; mais quiconque a commis un forfait se rend ensuite le témoignage qu'il n'est pas digne de mort « [texte : qui est..,? « ; lire : n^]. Le roi dit : « Je ne sais ce que vous dites. Si vous voulez que je croie à la vérité de vos paroles, produisez un témoin (qui réponde) de vous, et vous serez acquitté. » J. dit : « Si ceux-là parlaient sincèrement! Ils savent eux-mêmes et (peuvent) attester pour moi que je suis innocent. » Le roi dit : « C'est k eux-mêmes qu'ils rendent ce témoignage et non à vous. » J. dit : « Ils se rendent injustement ce faux témoignage et se parjurent, parce qu'ils sont amis les uns des autres, et que moi je suis un étranger de passage et inconnu dans la ville. Quel est l'ami bienveillant qui examine ma cause avec équité et songe à (me) faire justice? » Le roi dit : « Vous m'attaquez perpétuellement alors que je ne puis me tenir de me lamenter, de me porter des coups et de pleurer. » J. dit : « Et que voulez-vous que je fasse? Me voici trahi par de nombreux témoins et jeté entre vos mains ; faites ce qu'il vous plaît d'ordonner et que vous êtes résolu à faire de moi. » Le roi dit : « Pourquoi me contredisez-vous de la sorte? Je veux entendre l'exacte vérité et apprendre de votre bouche sous quels prétextes vous nous avez rendu le mal en retour de notre bienveillance envers vous. » J. dit : « Si vous voulez faire une enquête et vous renseigner à fond là-dessus, votre jugement sera vraiment juste. » Le roi dit : « De qui (donc) le jugement est-il juste : de celui qui a un témoignage (à l'appui) ou de celui qui n'en a pas ? « J. dit : « Celui-là rend un jugement vrai qui a (^pour lui) un témoignage

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