‹ Évangiles apocryphes (volume 2)Chapitre 261 sur 330 · RÉSURRECTION DE ZENON · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DE ZENON

sincère. « Le roi dit : « Et quand quelqu'un dépose en sa propre faveur, peut-on le juger, oui ou non? « J. dit ; « Non. » Le roi dit : « Alors pourquoi, déposant dans votre propre cause, dites-vous : « Je suis innocent? » J. dit : « O roi, je vous le dis : si vous réclamez de moi un témoignage, opposez donc quelque autre témoin à la (partie) adverse, et alors on verra qui est le bon et qui le méchant. » Le roi dit : « La loi ordonne aux juges de ne juger personne que sur témoignage. Produisez donc votre témoin tout comme eux le font, et je vous croirai. » Gamaliel prenant la parole dit : « O roi, je vous en prie, écoutez-moi : véritablement, cet enfant est innocent; ne le condamnez pas à la légère, au mépris de la justice. » Toute la multitude dit : « Il a été votre disciple ; voilà pourquoi vous en parlez en ces termes. « Derechef le roi dit à J. : « Quelle sentence dois-je porter contre vous avec justice? A quels supplices vous livrer? et de quelle mort vous faire périr? » J. dit : « Pourquoi vouloir m'intimider par de pareilles menaces et pourquoi me répéter toujours vos questions en tant de mots? Que vous dirai-je et de quoi ai-je à vous parler? Si vous me jugez conformément aux usages légaux, vous serez exempt de toute faute; mais si vohs me livrez à la mort arbitrairement et tyranniquement, au mépris du droit et de la procédure, vous encourrez auprès du Seigneur un jugement redoutable. » Le roi dit : « Je vous ai maintes fois pardonné avec patience; mais vous n'avez aucune crainte de moi et vous ne vous effrayez nullement de mes menaces. Maintenant je suis fort triste, au point d'en être accablé jusqu'à la mort. Répondez-moi en me donnant un témoignage, et vous échapperez à la mort. » J. dit : « Dites-moi, ô roi : que m'ordonnez-vous de faire? Dites et je le ferai, » Le roi dit : « Maintenant j'ai pitié de vous. Je considère votre jeune âge; vous m'inspirez du respect, car vous êtes fils d'une grande famille; mais (d'autre part) je ne peux plus supporter le regret du malheur arrivé à mon fils. Songez donc à vousmême, enfant; ne faites pas retomber votre sang sur moi et sur ceux de (ma) maison et de ma cour. Découvrez-moi le vrai (coupable), que ce soit vous ou quelque autre. » J. dit : « A maintes reprises, je vous (r)ai dit, et vous ne m'avez point prêté l'oreille ni n'avez cru à mes paroles. Moi-même, à l'exclusion de tout autre, je me rends témoignage. Quant à celui qui mérite la mort, il le sait. » Tous les enfants prirent la parole et dirent : « O roi, écoutez-nous! Nous savons qui il est, et nous le connaissons fort bien. Tous nos conci-

toyens nous rendent ce témoignage que (là), où tous les enfants de la ville... » [Lacune dans le ms.] « ... ouvre vite les yeux et vois quel est l'enfant qui t'a tué. » Et subitement, comme si on l'eût tiré de (son) sommeil, il se réveilla et se dressa sur son séant. Et, d'un regard circulaire, il considérait tout le monde et s'étonnait de la multitude de peuple qui se trouvait là. A cette vue, ses parents, les hommes et les femmes, grands et petits, poussèrent un cri et, avec des larmes et des transports de joie, serrant (l'enfant) dans leurs bras, ils le baisaient et disaient : « Fils, que vous est-il arrivé et comment vous trouvez-vous? » L'enfant dit : « Je me trouve bien. » J. l'interrogea et dit : « Enfant, dis-nous qui a été la cause de ta mort violente. » Zenon dit : « Seigneur, vous n'êtes pas responsable de mon sang; c'est Appion [cf. p. 222], fils du noble Zacharie. C'est lui qui, de sa batte, m'a frappé à la tête par derrière, en sorte que je me suis tué en tombant à bas de cette hauteur. » En entendant cela, le roi et toute la multitude du peuple furent agités d'une vive frayeur, et tous, prenant peur de Jésus, étaient dans l'épouvante et disaient : « Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël, qui agit < avec > les hommes selon leurs mérites et leur droit, (en) juste juge [cf. 2 Tim. ii, 4; texte : juste jugement, sens exclu par la construction de la phrase; le traducteur aura lu p.j pour PlL»]. En vérité cet enfant est Dieu ou son envoyé. « Et J. dit au roi : « O détestable roi d'Israël, croyez-vous maintenant sur ma parole que je suis innocent ? Vous le voyez : je m'étais rendu à moi-même le témoignage que je ne suis pas responsable du sang de votre fils. Vous avez cru à une tromperie de ma part. Voilà! Regardez de vos yeux votre fils qui, revenu à la vie, a rendu témoignage pour moi et vous a tous couverts de confusion. Je vous avais pourtant prévenu; je vous avais mainte et mainte fois répété cet avertissement : « Roi, ouvrez les yeux, ne vous laissez « pas tromper par de faux discours et n'en croyez pas déjeunes « enfants indignes de foi » [texte : innocents, luiihnS = ^^ynut p ou ,ç*i.v* ii pour ^v-v* )i?]- Vous ne m'avez pas écouté, et maintenant vous en avez de vifs regrets, vous et tous vos concitoyens, qui n'avez tiré nul parti de mon secours. » Gamaliel intervint et dit : « O roi, je vous avais prévenu en ces termes : « Écoutez-moi! En vérité, cet enfant est innocent. » Et vous n'avez pas cru aux paroles que je vous ai dites. » — Le fils du roi demeura en vie la journée entière; assis au milieu de ces (personnages), il s'entretenait avec les grands et les princes

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