JESUS RESTE INEXORABLE
voyez toutes ces épreuves qui nous surviennent, comment nous avons été mis en péril de mort violente et (comment) votre innocence vous a sauvé. Que de fois ne vous ai-je pas dit, avec des supplications : « N'allez pas chez des inconnus, ni chez « des gens d'une autre nationalité, qui ne savent pas qui vous « êtes. )) Voici maintenant que la peur nous force à fuir de nuit comme des malfaiteurs dignes de mort et des criminels. « J. dit : « O mère, ne vous affligez pas, car si l'on (vous) chasse de cette ville, vous fuirez dans une autre >' [Matth., x, 23]. Ayant ainsi parlé, ils poursuivirent en paix leur chemin. Et ils poussèrent jusqu'à un village qui s'appelle Bosora [Bosra?]. Ils y demeurèrent de longs jours. J. avait alors huit ans et dix mois. Et l'enfant J. parcourait la contrée ; les enfants et le jeune peuple se réunissaient autour de lui ; il leur parlait et leur donnait maint conseil avec une aimable douceur. Il les appelait à lui familièrement et leur disait : « Ne bataillez pas et ne vous disputez pas entre vous. Ne vous livrez pas l'un contre l'autre aux emportements de la haine et ne vous frappez pas avec colère. )> En entendant cela, ces enfants et ces innocents petits auraient voulu voir toujours J. et s'attacher à ses pas. Un jour, comme ils s'étaient réunis, il partit avec eux pour un endroit éloigné. Un jeune enfant les avait accompagnés, il était impotent, estropié et perclus d'un côté. De figure, il était beau et d'un extérieur agréable. (Il avait) environ six ans. J., l'ayant regardé, vit qu'il ne pouvait suivre les enfants. Il en eut pitié, l'appela à lui et lui dit : « Enfant, voulez-vous que je vous guérisse maintenant? » Celui-ci regardant J., fondit en larmes et dit : « Oui, je le veux; mais qui me guérira? » J. dit : « Ne pleurez pas. » Et il appela tous les enfants qui se trouvaient là et dit : « Prenez cet enfant; étendez-le sur le sol, prenez-le les uns par les pieds les autres par les mains et tirez hardiment [texte : simplement, uiiuna = Cot^^>'=>]. » Et J. vint se poser debout sur l'enfant, durant un temps très court, et, en descendant de là, J. leur dit : « Laissez-le aller. » Et l'enfant se leva lentement et s'en alla tout joyeux à sa maison. Les autres enfants le suivirent et racontèrent à tous les prodiges opérés par J. Celui-ci se déroba à leurs regards pour que personne ne le connût. Il s'en alla en cachette auprès de sa mère et ne voulait pas se montrer. Beaucoup de gens vinrent pour le questionner et l'examiner. Et ils ne (le) trouvèrent pas.
Chapitre xxi. Comme quoi ils vinrent en la ville de Tibériade^ et appliquèrent Jésus au métier de la teinturerie ^.
1. Joseph s'étant levé au point du jour, prit Jésus et sa mère, et s'en vint en la ville de Tibériade. Là, il établit son campement à la porte de la maison d'un homme appelé Israël, teinturier de son état, qui avait apporté chez lui tout ce qu'il y avait à teindre^ dans la ville. En arrivant, Israël vit à sa porte Joseph, l'enfant Jésus et sa mère. Il s'en réjouit vivement. Il dit à Joseph : « Dites-moi, vieillard, d'oii venez-vous et où allez-vous? » Joseph dit : « Je suis d'une contrée lointaine, et j'erre partout, étranger et dépaysé. »
2. Israël dit : « Si vous voulez vivre <^ici^, établissez-vous en cette ville et moi je vous accueillerai dans ma maison comme bon vous semblera. » Joseph dit : « Que votre volonté s'accomplisse à votre gré. » Israël dit : « Comment subsistez-vous de votre métier? » Joseph dit : « Facilement, car je suis très expert en l'art de faire des jougs à bœufs et des charrues'^, et tout ce qui est à la convenance d'un chacun, je sais le