DI LA LÉGITIMATION ET DES BHPANTS LÉGITIMÉS
XXIV. — La légitimation est une fiction qui faitréputer conçu dans le mariage de ses père et mère, et par conséquent légitime, l'enfant né avant ce mariage. Elle s'opère de plein droit, à l'insu ou même contre
îe gré de ses parents, soit de l'enfant, par l'effet du mariage valable ou putatif des père et mère, quand même l'un des deux ou chacun d'eux, dans l'intervalle de la naissance à ce mariage, aurait contracté mariage avec une autre personne. Mais elle n'a lieu que sous ces deux conditions : 1° que dès avant le mariage ou au plus tard au moment même de la célébration, l'enfant soit connu légalement, et par l'un des deux moyens qui seront indiqués à la section I du chapitre n, pour l'enfant des deux époux ; 2° que la conception de cet enfant n'ait été ni adultérine ni incestueuse, comme on le verra à la section II du même chapitre (art. 334).
Après le décès d'un enfant naturel qui a laissé des descendants légitimes (légitimes lato sensu, bien entendu) sa légitimation s'opère au profit de ceux-ci sous les mêmes conditions (art. 332).
XXV. — L'effet de la légitimation, avons-nous dit, est de faire regarder l'enfant comme conçu dans le mariage. Ce n'est pas la célébration du mariage qui remonte fictivement au jour de sa conception ; c'est sa conception et sa naissance qui descendent fictivement au jour de la célébration. En conséquence, il n'est légalement légitime que pour le temps postérieur à cette célébration ; en sorte qu'il ne pourrait réclamer, à ce titre, aucun droit ouvert avant ce moment, et qu'il serait légalement plus jeune que ses frères et sœurs légitimes nés du mariage intermédiaire de l'un de ses auteurs (art. 333).
XXVI. — En cas de contestation, l'enfant dont il s'agit, pour établir sa légitimité, n'aurait à prouver qu'une chose, savoir, qu'au moment 'de la célébration du mariage (que l'on suppose toujours constant), il était légalement connu pour l'enfant naturel de chacun des époux. Les règles relatives à cette preuve, et à la contestation qui pourrait en être faite, seront expliquées à la section I du chapitre h, où nous parlerons des enfants naturels.
SECTION III