‹ Exposé des motifs de la constitution belgeChapitre 12 sur 87 · SS · texte numérisé non relu

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II termine en relevant avec chaleur ce passage d’un discours, que lorsque la cause du peuple est juste, sa vengeance est aussi de la justice. Il trouve cette maxime monstrueuse. Nous sommes là, dit-il , pour éclairer le peuple sur ses devoirs comme sur ses droits, et non pour l'égarer. Rappelons-nous bien, quand nous parlons à cetto tribune, que le peuple nous écoute, et que l'histoire nous attend.

M. l’abbé de haerne, pour un fait personnel ; Messieurs, quelques membres, par des insinuations et des expressions transparentes, si je puis parler ainsi, ont semblé attaquer mon caractère. Je crois devoir m'expliquer brièvement. Je pense que le peuple a fait un acte de justice en se révoltant ; l'arrêt qu’il a prononcé et que nous allons conflrmer est juste. C’est pour l'honneur national, dit-on, que nous volerons l'exclusion à perpétuité. Je veux concilier l’honneur national avec la justice; car je n'attache pas un sens vague à ce mot d'honneur national. Voilà pourquoi j'ai pris un ton que ces honorables membres ont cru devoir désapprouver.

H. LE PRÉSIDENT : Il u’y a plus d'orateurs.

M. LE CONTE DUVAL DE BEAULIEU : àlessieurs, si VOUS ne jugez pas convenable de m'accorder la parole dans cette circonstance, je ne voterai pas et je ne m'en plaindrai nullement-, j’avoue même que jamais je n’ai eu moins d’envie de parler et voler. Je pourrais m'en dispenser sans doute puisque mon nom n'est point inscrit sur la liste, mais je ne veux point fuir devant la question, quelque pénible qu'il me soit de prendre part à sa solution en ce moment. En effet, j’avais l'intention de combattre la proposition de l'exclusion des Nassau, que je trouve entachée de tant de défectuosité, d'intempestivité, d'injure inutile et basse.

J'jr trouve un bouleversement de l'ordre de nos délibérations ; elle ne me semble pouvoir être provoquée, soutenue que par une influence hors des principes, et toute influence, tout entraînement, toute considération secondaire, me paraît destructive de la dignité du pouvoir des assemblées en général, destructive des assemblées mêmes et des institutions; le trêne qui vient de se renverser eût été soutenu peut-être par les états généraux, s’ils avaient gardé envers lui une attitude plus sévère.

C’est avec une vive émotion, je l’avoue, que je fais céder aujourd'hui mon opinion et le principe à l'imminence des circonstances, et ce sera pour cette fois seulement. Il faut pour cela toute l'importance que j'attache à la communication qui vient de nous être faite en comité secret ; mais à l'idée d'intervention contraire à nos droits, à l'idée d’autres événements autant à craindre peut-être, je ne puis résister, et sacrifiant une question de forme que je crois oiseuse en fait, je me réunis, non sans regret, il est vrai, à la majorité, dont je crois que nous devons augmenter la force en cet instant.

La clôture de la discussion est mise aux voix et prononcée.

Il est donné lecture de la proposition sur l'exclusion des Nassau.

M. LE PRÉSIDENT : Je rappelle aux membres de l’assemblée et aux citoyens des tribunes que la résolution du congrès, quelle qu’elle soit, doit être accueillie par le plus profond silence.

M. LE VICOMTE CHARLES VILAIN xiiii. Secrétaire, lit la proposition suivante :

• Monsieur le président,

■ Je suis persuadé que plusieurs membres du congrès national désirent ajourner la proposition d'exclusion à perpétuité de tous les membres de la famille d'Orange- Nassau, sans vouloir voter en même temps pour la conservation de cette famille; mais si ces honorables députés sont obligés de voler sur la proposition telle qu’elle a été faite par M. Rodenbach, l’intention de leur vole sera mal interprétée, et la nation, jalouse de connaître les véritables sentiments de ses mandataires, sera trompée dans son espoir.

I Cm eonsidératioDS, dont vous apprécierez toute l'importance, monsieur le président, me font désirer comme amendement que la question soit posée de manière que rassemblée puisse opter entre l'exclusion et rajournemeot, et que ceux de mes honorables collègues qui voleront contre l'exclusion soient censés, non pas se prononcer pour l'admission, mais pour la fusion de la question dans celle du choix prochain du chef de l'État.

• J'ai l'honneur d'étre avec le plus profond respect, M. le président, votre trèshumble et très-obéissant serviteur,

> Bruxelles, le 83 novembre 1830.

> GÉiuno J. A. Le Grelle. •

{Uouvements divers;, rumeurs.)

DE TOUTES PARTS : Ce n'est pas un amendement !

M. DE ROBAULX : On pourrait permettre une mention au procès-verbal.

H. LE GRELLE ; Ceci entraînerait des longueurs.

H. VAN HEENE.N ; La proposition de M. Le Grelle est une motion d'ordre qui ouvrirait une nouvelle discussion.

M. LE PRÉSIDENT ; Vous l'appellerez comme vous voudrez. Est-elle appuyée?

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