fr. de prime on se trouve avoir contracté pour
150.000 fr. de capital. Les opérations que souvent le même individu fait en sens contraire, le terme commun, l’idée que par la liquidation il il’y aura que des différences à débourser pour se libérer, accoutument à ne plus compter que par millions , soit pour opérer, soit pour parier ; car la plupart de ces enga-
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geinens ne sont réellement destinés qu’à se résoudre sans livraison réelle de rente , et par conséquent sans débours du capital. Mais quelquefois tout à coup celui à qui on a vendu demande que la livraison lui soit effectivement faite ; et comme tous les engagemens à ternie, même à prime, soumettent les vendeurs à devancer l’échéance , s’ils en sont requis , cinq jours à l’avance , quand de toutes parts on leur donne les noms auxquels ils doivent transférer, dans ce court intervalle , des rentes qu’ils n’ont pas et qu’il faut remplacer à l’instant, il s’ensuit presque toujours une hausse forcée; car il faut mettre des rentes réelles à la place des quantités fictives qui devaient s’évanouir en grande partie dans les compensations ; et la quantité de celles qui existent, et qui sont disponibles, est minime en comparaison de la masse des marchés.
Un petit ouvrage qui décrit les opérations da la Bourse, estime que les affaires à terme surpassent au moins cinquante fois les marchés au comptant (1). De nos 5 p. 100 une portion considérable est toujours conservée (ou, comme on dit à la Bourse, classée ), à titre de simples placemens, sur la tête des capitalistes non-joueurs. Il faut une hausse considérable pour les exciter à la remettre sur la place, afin de réaliser le bénéfice que la revente leur offre; bénéfice dont les écarte long-temps la difficulté et la peine de f aire valoir dans d’autres emplois les fonds qu’ils en retireraient : c’est ainsi qu’un prix élevé amène par lui-même l’abondance, et par conséquent la baisse. La somme de la rente flottante qui n’est
( i ) Précis des diverses manières de spéculer sur les fonds publics en usage à la Bourse de Paris , p. 34.
AUXILIAIRES DES COMMÊRÇANS, CH. V. 6l5 pas immense clans les temps ordinaires,, est aussi augmentée par toute circonstance imprévue qui décourage le capitaliste de garder ; elle l’a été surtout par les émissions relatives aux derniers emprunts, et par la nature de ces opérations qui a placé des quantités majeures en des mains exercées à les promener dans la circulation ; mais plus de rentes ont appelé plus de capitaux et de spéculateurs , et la proportion s’est rétablie.
X. Les marchés à terme ont donné naissance à un genre de placement d’argent nommé le report sur rente. Il consiste , pour celui qui a de l’argent libre , à acheter de la rente au comptant, et à la vendre au moment même à l’un des termes usités , savoir la fin du mois ou du mois suivant. Il obtient , à raison de ce terme , un prix ou report, plus élevé que celui de son achat , et la différence à son bénéfice est l’inté?êt de son argent, d’où il faut seulement déduire les courtages. L’inscription qui lui est transférée quand il achète , reste sous son nom et en ses mains jusqu’à ce que son acheteur paye et la retire. Il ne court donctque le risque de l’insolvabilité où pourrait tomber l’acheteur, si , celui-ci ne pouvant prendre livraison, la baisse du prix ne permettait pas de revendre sans perte à un autre.
On trouve à faire avantageusement ce placement, quand , l’argent étant rare, ceux qui ont acheté sans avoir les fonds en mains sont obligés de payer leurs achats fermes (1), ou ont intérêt de ne pas laisser tomber leurs marchés à prime. L’intervention d’un prêteur et son argent, les mettent en état d’exécuter
(i) Marché ferme est à la bourse l’opposé de marché à prime: la première expression désigne les marchés obligatoires auxquels les acheteurs n’ont pas la faculté de renoncer.
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leur marché venu à son terme , puisqu’il achète d’eux comptant cette même rente , et qu’il la leur revend , pour un nouveau délai , à plus haut prix ; ils n’ont ainsi eux-mêmes, en ce premier moment, qu’à pourvoir à une différence , si , le cours étant baissé , le prix que le prêteur débourse ne suffit pas pour solder leur vendeur. Si la rente a haussé , ce sont eux , au contraire, qui perçoivent une différence, puisqu’il faut, pour solder l’ancien vendeur , moins d’argent que le prêteur n’en fournit en déboursant sur le pied du cours actuel ; et , en dernière analyse , l’opération d’achat à terme, au moment où elle devait se consommer avec le premier vendeur , celui-ci désintéressé , se trouve prolongée ou reportée plus avant. C’est la ressource principale qui, au moyen toutefois d’une grande complication , permet à tant de spéculateurs sans argent de se livrer à, des achats considérables dont ils semblent les maîtres de renvoyer le payement indéfiniment et à volonté. Mais quand cette facilité leur manque, lorsque les prêteurs effrayés de la baisse, ou ayant d’autres emplois en vue , veulent rentreç dans leurs fonds; quand ils exigent que la rente soit retirée et payée, sans qu’on trouve plus d’acheteurs qui se consentent à la reporter, ceux que les reports avaient soutenus jusque-là, et qui avaient pu braver une baisse passagère , éprouvent combien la ress ource qu’ils ont trouvée peut être funeste.
Telles sont les opérations principales qui se font dans la rente ou les 5 p. 100 consolidés. De semblables ont lieu sur les reconnaissances de liquidation, sur les actions de la banque , etc : elles n’ont pas besoin d’ctre détaillées.
C’est là l’occupation des Agens de change , et les