Lun-yu, II, xi
LA PHaOSOPHIB BN CHINE. GONFUGIUS. 1&
Morale de Confuclus*
Savoir que l'on sait ce que Ton sait, et que Ton ne sait pas ce que Ton ne sait pas, voilà la véritable science (I).
Si le matin vous avez entendu la voix de la raison céleste, le soir vous pouvez mourir (2).
« Oh ! que la loi du devoir de l'homme saint est grande, dit le Philosophe f c'est un océan sans rivage ! Elle produit et entretient tous les êtres : elle touche au ciel par sa hauteur f Oh I qu'elle est abondante et vaste (3) I »
Le parfait est le vrai dégagé de tout mélange... Le parfait est le commencement et la fin de tous les êtres. Sans la perfection, les êtres ne seraient pas... Le parfait est par lui-même parfait absolu (4).
La puissance productive du ciel et de la terre peut s'exprimer par un seul mot : c'est la perfection ; mais la production des êtres est incompréhensible (5).
Le parfait est le commencement et la fin de tous les êtres ; sans le parfait les êtres ne seraient pas (6).
La règle de conduite morale, qui doit diriger les actions, est tellement obligatoire que Ton ne peut s'en écarter d'un seul point, d'un seul instant. Si Ton pouvait s'en écarter, ce ne serait plus une règle de conduite immuable (7). La loi du devoir est par elle-même la loi du devoir (8). Elle est si étendue qu'elle peut s'appliquer à toutes les actions \ des hommes, si subtile qu'elle n'est pas manifeste pour tous (9).
Le ciel et la terre sont grands sans doute ; cependant l'homme trouve aussi en eux des imperfections. C'est pourquoi le sage, en considérant ce que la règle de conduite morale a de plus grand, a dit que le monde ne peut la contenir (10).