IX. -^ La création continnée
{Dont le iem^ps de ma vie peut être divisé en une infinité de parties, cbacune >desq.ueUes ne dépend en aucune façon des -autres ; et laijDsi, deœ qu'un peu auparavant J'ai «éték, il ne s'ensuit pas que je doive main>tenant ^tre, «i ce n'est qu'en ce moment foelque cause me produise et me crée pour ainsi dire derechef, c'est<<à-dire me conserve. En efiet, c'est une chose bien claire et hien évidente à tous ceux qui considéreront avec attention la nature du temps, qu'une sutotanee^ pMir ébns «anservée da« tous
les moments qu'elle dure, a besoin du même pouvoir et de li même action qui serait nécessaire pour la produire et la créer tout de nouveau, si elle n'était point encore : en sorte que c'est une chose que la lumière naturelle nous fait voir clairement, que la conservation et la création ne diffèrent qu'au regard de notre façon de penser, et non point en effet. Descartes. Ibid»
X. * Morale de Descartes. Le souverain bien est dans la bonne Yolonté.
Je ne vois rien que nous devions estimer bien, sinon ce qui nous appartient en quelque façon, et qui est tel que c'est perfection pour nous de l'avoir.
Le souverain bien de tous les hommes ensemble est un amas ou un assemblage de tous les biens, tant de l'âme que du corps et de la fortune, qui peuvent être en quelques hommes ; mais celui d'un chacun en particulier est tout autre chose, et il ne consiste qu'en une ferme volonté de bien faire et au contentement qu'elle produit : dont la raison est que je ne remarque aucun autre bien qui me semble si grand, ni qui soit entièrement an . pouvoir d'un chacun. Car pour les biens du corps et de la fortune, ils ne dépendent point absolument de nous ; et ceux de l'âme se rapportent tous à deux chefs, qui sont, l'un de connaître etl'aatie de vouloir ce qui est bon ; mais la connaissance est souvent audelA de nos forces ; c'est pourquoi il ne reste que notre volonté dont nous puissions absolument disposer. Et je ne vois point qu'il soit possible d'en disposer mieux que si l'on a toujours une ferme et constante résolution de faire exactement toutes les choses que Ton jugera être les meilleures, et d'employer toutes les forces de son esprit à les bien connaître ; c'est en cela que consistent toutes les vertus ; c'est cela seul qui, à proprement parler, mérite de la louange et de la gloire; enfin, c'est de cela seul que résulte toujours le plus grand et le plus solide contentement de la vie; ainsi j'estime que c'est en cela que consiste le souverain bien.
Et par ce moyen, je pense accorder les deux plus contraires et plus célèbres opinions des anciens, à savoir celle de Zenon qui Ta mis en la vertu ou en l'honneur (1), et celle d'Épicure qui T» mis au contentement, auquel il a donné le nom de volupté.
Je remarque que la grandeur d'un bien à notre égard ne doit pas seulement être mesurée par la valeur de la chose en quoi il