‹ Extraits des grands philosophesChapitre 125 sur 331 · II. — La raison et les vérités éternelles · texte numérisé non relu

II. — La raison et les vérités éternelles

L'entendement a pour objet des vérités éternelles. Les règles des proportions, par lesquelles nous mesurons toutes ±0868, -sont étemelles et invariables.

Nous connaissons clairement que tout se fait dans l'univers par la proportion du plus graud au plus petit et du plus fort au plus faible, et nous en savons assez pour connaître que ces proportions se rapportent à des principes d'éternelle vérité.

Tout ce qui se démontre en mathématique, et en quelque autre science que ce soit, est éternel et immuable, puisque l'effet de la démonstration est de faire voir que la chose ne peut pas tire autrement qu'elle est démontrée...

Et pour venir à quelque chose qui nous touche de plus près, j'entends, par ces principes de vérité éternelle, que quand aucun bomme et moi-même ne serions pas, le devoir essentiel de l'homme, dès là qu'il est capable de raisonner, est de vivre selon la raison, et de chercher son auteur, de peur de lui manquer de reconnaissance, si, faute de le chercher, il l'ignorait.

Toutes ces vérités, et toutes celles que j'en déduis par un railonnement certain, subsistent indépendamment de tous les lemps : en quelque temps que je mette un entendement humain, l'il les connaîtra ; mais en les connaissant, il les trouvera vérités, fil ne les fera pas telles ; car ce ne sont pas nos connaissances ffoi font leurs objets, elles les supposent. Ainsi, ces yérités sub- ^nstent devant tous les siècles, et devant qu'il y ait eu un enten- •dément humain ; et quand tout ce qui se fait par les règles des poportions, c'est-à-dire tout ce que je vois dans la nature, serait sdélrait, excepté moi, ces règles se conserveraient dans ma sée ; et je verrais clairement qu'elles seraient toujours mnes et toujours véritables, quand moi-même je serais détruit ivecle reste.

BossuBT. Connaissance de Dieu et de soi-même, ch. iv.

Page 1