‹ Extraits des grands philosophesChapitre 135 sur 331 · IV. — Les inclinations · texte numérisé non relu

IV. — Les inclinations

Les inclinations de l'esprit sont au monde spirituel ce que le nouvement est au monde matériel : si tous les esprits étaient lans incllHation, ou s'ils ne voulaient jamais rien, il ne se trouveait pas dans l'ordre des choses spirituelles cette variété, qui ne Sait pas seulement admirer la profondeur de la sagess e de Dieu, somme fait la diversité qui se rencontre dans les choses matéoéUes ; mais aussi sa miséricorde, sa justice, sa bonté, et généralement tous ses autres attributs. La différence des inclinations lût donc dans les esprits un effet assez semblable à celui que la différence des mouvements produit dans les corps ; et les inclinations des esprits, et les mouvements des corps font ensemble toate la beauté des êtres créés. Ainsi tous les esprits devaient nvoit quelques inclinations, de même que les corps ont différents mouvements. Mais tâchons de découvrir quelles inclinations ils doivent avoir.

Je viens de dire que Dieu aimait, et que c^était même son amour qui leur donnait et leur conservait l'être. Ainsi Dieu impnmant sans cesse en nous un amour pareil au sien, puisque c'est sa volonté qui fait et qui règle le nôtre, il donne ainsi toutes ces inclinations naturelles qui ne dépendent point de notre choix et qui nous portent nécessairement à la conservation de notre tee et de ceux avec lesquels nous vivons.

Nous avons donc premièrement une inclination pour le bien en général, laquelle est le principe de toutes nos inclinations naturelles, de toutes nos passions et même de tous les amours libres de notre âme, parce que c'est de cette inclination pour 6 bien eu général, que nous avons la force de suspendre ^Otre consentement à l'égard des biens particuliers, qui ne la emplissent pas entièrement..

En second lieu nous avons de l'inclination pour la conservation ^e notre être.

En troisièaie lieu, nous avons tous de Tinclination pour les au-

très créatures, lesquelles sont utiles ou à nous-mêmes, ou à c que nous aimons. Malebranghb. Recherche de la vérité^ III, i

Y. — De l'amour du bien en général.

Cette vaste capacité qu'a la volonté pour tous les biens en néral, à cause qu'elle n'est faite que pour un bien qui renie en soi tous les biens, ne peut être remplie par toutes les ch( que Tesprit lui représente, et cependant ce mouvement contii que Dieu lui imprime vers le bien ne peut s'arrêter. Ce moi ment ne cessant jamais donne nécessairement à l'esprit une i talion continuelle. La volonté qui cherche ce qu'elle désire ol l'esprit de se représenter toutes sortes d'objets. L'esprit se lej présente, mais l'âme ne les goûte pas ; ou si elle les goûte, ne s'en contente pas. L'âme ne les goûte pas, parce que sou^ la vue de Tesprit n'est point accompagnée de plaisir; car( par le plaisir que Tâme goûte son bien : et l'âme ne s'en ( tente pas, parce qu'il n'y a rien qui puisse arrêter le mouven de l'âme, que celui qui le lui imprime. Tout ce que l'esprit 8( présente comme son bien est uni, et tout ce qui est fini peut tourner pour un moment notre amour, mais il ne peut le fi Lorsque Tesprit considère des objets fort nouveaux et fort ex ordinaires, ou qui tiennent quelque chose de l'infini, la vol( soufire pour quelque temps qu'il les examine avec attenli parce qu'elle espère y trouver ce qu'elle cherche, et que ce est grand et paraît infini porte le caractère de son vrai bi mais avec le temps elle s'en dégoûte aussi bien que des aut Elle est donc toujours inquiète, parce qu'elle est portée à ci cher ce qu'elle ne peut jamais trouver, let ce qu'elle espère t jours de trouver ; et elle aime le grand, l'extraordinaire et ce tient de l'infini ; parce que, n'ayant pas trouvé son vrai li dans les choses communes et familières, elle s'imagine le trou dans celles qui ne lui sont point connues. Malebranche. Ibii

YL — Des inclinations sympathiques ou des affections.

Pour bien comprendre la cause et les effets de cette inclinaii naturelle (1), il faudrait savoir que Dieu aime tous ses ouvragi et qu'il les unit étroitement les uns avec les autres pour leur m tuelle conservation. Car, aimant sans cesse les ouvrages qu

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