IX. — La bonté. — La justice. — L'amour
Il semble que l'amour-propre soit la dupe de la bonté, et qu'il s'oublie lui-même lorsque nous travaillons pour l'avantage des autres. Cependant c'est prendre le chemia le plus assuré pour arriver à ses fins ; c'est prêter à usure, sous prétexte de donner ; c'est enfin s'acquérir tout le monde par un moyen subtil et délicat.
Nul ne mérite d'être loué de sa bonté, s'il n'a pas la force d'être méchant : toute autre bonté n'est le plus souvent que paresse ou impuissance de la volonté.
Il s'en faut bien que nous connaissions toutes nos volontés.
Rien n'est impossible : il y a dos voies qui conduisent à toutes choses ; et si nous avions assez de volonté, nous aurions toujours assez de moyens.
La sobriété est l'amour de la santé, ou l'impuissance de manger beaucoup.
La modestie, qui semble refuser les louanges, n'est en effet qu'un désir d'en avoir de plus délicates.
On ne blâme le vice et on ne loue la vertu que par intérêt.
La gravité est un mystère du corps inventé pour cacher les défauts de l'esprit.
Le plaisir de l'amour est d'aimer, et l'on est plus heureux par la passion que Ton a que par celle que l'on donne (i).
L'éducation que l'on donne d'ordinaire aux jeunes gens est-un second amour-propre qu'on leur inspire.