‹ Extraits des grands philosophesChapitre 148 sur 331 · Nous avons trouvé la même pensée dans Aristote · texte numérisé non relu

Nous avons trouvé la même pensée dans Aristote

Ce qu'on nomme libéralité n'est le plus souvent que la vanité de donner, que nous aimons mieux que ce que nous donnons.

La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d'auirui. C'est une habile prévoyance des malheurs où nous pouvons tomber. Nous donnons du secours aux autres pour les engager à nous en donner en de semblables occasions, et ces se^ vices que nous leur rendons sont, à proprement parler, un bien que nous nous faisons à nous-mêmes par avance.

La promptitude à croire le mal, sans l'avoir assez examiné, est un effet de l'orgueil et de la paresse. On veut trouver des coupables, et Ton ne veut pas se donner la peine d'examiner les crimes.

Il n'y a guère d*homme assez habile pour connaître tout le mal qu'il fait.

Le bon naturel, qui se vante d'être si sensible, est souvent étouffé par le moindre intérêt.

L'absence diminue les médiocres passions, et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu.

11 y a des faussetés déguisées qui représentent si bien la vérité, que ce serait mal juger que' de ne s'y pas laisser tromper.

Il y a des méchants qui seraient moins dangereux s'ils n'avaient aucune bonté.

Il est impossible d'aimer une seconde fois ce qu'on a véritablement cessé d'aimer.

Il est difficile d'aimer ceux que nous n'estimons point ; mais il ne Test pas moins d'aimer ceux que nous estimons beaucoup plus que nous.

Les humeurs du corps ont un cours ordinaire et réglé qui meut et tourne imperceptiblement notre volonté : elles roulent ensemble et exercent successivement un empire secret en nous; de sorte qu'elles ont une part considérable à toutes nos actions, sans que nous le puissions connaître.

La reconnaissance dans la plupart des hommes n'est qu'une forte et secrète envie de recevoir de plus grands bienfaits.

La justice n'est le plus souvent qu'une vive appréhension qu'on ne nous ôte ce qui nous appartient. De là vient cette considération et ce respect pour tous les intérêts du prochain, et celte scrupuleuse application à ne lui faire aucun préjudice. Celte crainte retient l'homme dans les bornes des biens que la naissance ou la fortune lui ont donnés ; et sans cette crainte, il ferait des courses continuelles sur les autres.

On Màme Tinjustice, non par l'aversion que Ton a pour elle, mais pour le préjudice que l'on en reçoit.

Nous ne louons d'ordinaire de bon cœur que ceux qui nous admirent.

Les petits esprits sont blessés des petites choses et ne remarquent point les grandes ; les grands esprits les voient toutes et n'en sont point blessés.

Nos actions sont comme les bouts-rimés que chacun fait rapporter à ce qui lui plaît.

On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner.

Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est qu'elle blesse la nôtre.

Nous désirerions peu de choses avec ardeur, si nous connaissions parfaitement ce que nous désirons.

On est quelquefois un sot avec de l'esprit ; mais on ne l'est jamais avec du jugement.

Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes que d'essayer de paraître ce que nous ne sommes pas.

Nos ennemis approchent plus de la vérité dans les jugements qu'ils font de nous, que nous n'en approchons nous-mêmes.

Rien n'est plus rare que la véritable bonté : ceux mêmes qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que de la complaisance ou de la faiblesse.

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