‹ Extraits des grands philosophesChapitre 149 sur 331 · X. — Le mépris de la mort · texte numérisé non relu

X. — Le mépris de la mort

Après avoir parlé de la fausseté de tant de vertus apparentes, il» est raisonnable de dire quelque chose de la fausseté du mépris de la mort. J'entends parler de ce mépris de la mort que les païens se vantent de tirer de leurs propres forces, sans l'espérance d'une meilleure vie. Il y a de la différence entre souffrir la mort constamment, et la mépriser. Le premier est assez ordinaire, mais je crois que Tautre n'est Jamais sincère... Il faut éviter de l'envisager avec toutes ses circonstances, si on ne veut pas croire qu'elle soit le plus grand de tous les maux. Les plus habiles et les plus braves sont ceux qui prennent de plus honnêtes prétextes pour s'empêcher de la considérer : mais tout homme qui la sait voir telle qu'elle est trouve que c'e&t une chose épouvantable.

La Rochefoucauld. Maximes.

BAYLB. -

Pierre Bayle naquit de parents protestants, dans le comté de Foix, en = 1647. Il embrassa plus tard le catholicisme, s'en repentit au bout de dix-huit mois, abjura «utre hs mains d'un pasteur et partit pour- Geuève. Il lut précepteur chez divers personnages, puis obtint au concours la chaire de philosophie vacante à l'Académie protestante de Sedan, fut ensuite appelé à Rotterdam pour y professe la philosophie et l'histoire. Bayle mourut en 170G. Son œuvre prinrij.ale est le savant - Dictionnaire historique et a^itique^ qui parut à Rotterdam (1697) en deux volumes in-folio.

Objections de Bayle à ropllmisme.

I. Gomme l'Être lufluiment parfait trouve en lui-même unegloire et une béatitude qui ne peuvent jamais ni diminuer nif croître, sa bonté seule Ta déterniiné à créer cet univers : rambi-| tion d'être loué, aucun motif d'intérêt de conserver ou d'augmen-l ter sa béatitude et sa gloire, n'y ont eu part. |

II. La bonté de l'Être infiniment parfait est infinie, et ne serai^ pas infinie si l'on pouvait concevoir une bonté plus grande que la^ sienne. Ce caractère d'infinité convient à toutes ses autres per* ' fections, à l'amour de la vertu, à la baine du vice, etc. ; ellesdoivent être les plus grandes que l'on puisse concevoir.

y III. Une bonté infinie ayant dirigé le Créateur dans la production du monde, tous les caractères de science, d'habileté, de puissance et de grandeur qui éclatent dans son ouvrage, sont destinés au bonheur des créatures intelligentes. Il n'a voulu faire connaître ses perfections qu'afin que cette espèce de créatures trouvassent leur félicité dans la connaissance, dans radmiration et dans lauiour du souverain Être.

IV. Les bienfaits qu'il communique aux créatures qui sont capables de félicité ne tendent qu'à leur bonheur. Il ne permet^ donc pas qu'ils servent à les , rendre malhen /n'est qu'uni* mauvais usage qu'elles en feraient était capabl ^''^^.^aH^"'-f^'' ' leur donnerait des moyens sûrs d'en faire trjjours un boiT usage ; car sans cela ce ne seraient pas de véritables bienfaits, et sa boulé serait plus petite que celle que nous pouvons concevoir dans un autre bienfaiteur (je veux dire dans une cause qui joindrait à ses présents l'adresse sûre de s'en bien servir).... •

V. Un être malfaisant est très-capable de combler de dons magnifiques ses ennemis lorsqu'il sait qu'ils en feront un usage qui

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