‹ Extraits des grands philosophesChapitre 15 sur 331 · Ta-hio, X · texte numérisé non relu

Ta-hio, X

Ext. 6r. Philos. %

18 IiES.ANCISN6 PEDFLffî.

81 ceux gui gouvernent les Etats ne pensent qn'à amasser des richesse pour leur nsage personnel, ils attireront indobita- Idement auprès d^eax d^ hommes dépravés : ces hommes leur feront croire gu^ils sont des ministres bons et Tertoeox, et ces hommes dépravés gouverneront le royaume. Mais Tadministration de ces indignes ministres appellera sur le gouvernement les châtiments divins et les vengeances du peuple. Quand les afiaires publiques sout arrivées à ce points quels ministres, fussent-ils les plus justes et les plus vertueux, détourneraient de tels malheurs ? Ceux qui gouvernent un royaume ne doivent pas faire leur richesse privée des revenus publics, mais ils doivent faire de la justice et de l'équité leur seule richesse (1).

Yang-Tseu fait son unique étude de Tintérét personnel, de ramour de soi : devrait-il arracher un cheveu de sa tête pour procurer quelque avantage pubUc à l'empire, il ne le ferait pas. Meng-Tseu aime tout le monde: si en abaissant la tête jusqu'à ses talons il pouvait procurer quelque avantage public à Tempire, il le ferait.

Meng-TseUy discutant avec le roi de Thsi, lui demanda ce qu'il faut faire d'un ami qui a mal administré les affaires dont on l'avait chargé. — Rompre avec lui, répondit le roi. — Et d'un magistrat qui ne fait pas bien ses fonctions ? — Le destituer, dit le roi.

— Et si les provinces sont mal gouvernées, que faudra-t-il faire ?

— Le roi (feignant de ne pas comprendre) regarda à droite et à gauche et parla d'autre chose (2).

Le roi de Thsi interrogea un jour Meng-Tseu en ces termes : « Est'il vrai que Tching-Thang [fondateur de la deuxième dywastie] détrôna Kie [dernier roi de la première dynastie], et l'envoya eu exil, et que Won- Wang [fondateur de la troisième dj'uastie] mit à mort Cheou-Sin ?» — Meng-Tseu répondit avec rei^pect : <c L'histoire le rapporte. » Le roi dit : « Un ministre et $ujet a-t-il le droit de détrôner et de tuer son prince ? » Meng- Tt^ix dit ; a Celui qui fait un vol à l'humanité est appelé voleur ; lujlui qui fait un vol à la justice est appelé tyran. Or un voleur et ua tyraa sont des hommes qu'on appelle isolés, réprouvés

l, Hang-Um, I, vi, 8 ; II, vu, 26.

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