‹ Extraits des grands philosophesChapitre 165 sur 331 · XIX. — La liberté · texte numérisé non relu

XIX. — La liberté

lnillViJ' QUO i^ous ne sommes libres qu'en apparence itk% lutU«ttnte & la pratique, comme plusieurs par-

sonnes d'esprit ont cru, il faut dire plutôt que nous ne sommes entraînés qu'en apparence, et que, dans la rigueur des expressions métaphysiques, nous sommes dans une parfaite indépendance à l'égard de l'influence de toutes les autres créatures. Ce qui met encore dans un jour merveilleux l'immortalité de notre âme et la conservation toujours uniforme de notre individu, parfaitement bien réglé par sa propre nature, à l'abri de tous les accidents du dehors, quelque apparence qu'il y ait du contraire. Jamais système n'a mis notre élévation dans une plus grande évidence. Tout esprit étant comme un monde à part, suffisant à lui-même, indépendant de toute autre créature, enveloppant l'infini, exprimant l'univers, est aussi durable, aussi subsistant et aussi absolu que l'univers même des créatures. Ainsi on doit juger qu'il y doit toujours faire figure de la manière la plus propre à contribuer à la perfection de la société de tous les esprits, qui fait leur union morale dans la cité de Dieu. On y trouve aussi une nouvelle preuve de l'existence de Dieu, qui est d'une clarté surprenante. Car ce parfait accord de tant de substances qui n'ont point de communication ensemble ne saurait venir que de la cause commune.

Il est vrai qu'on conçoit fort bien dans la matière et des émissions et des réceptions de parties par lesquelles on a raison d'expliquer mécaniquement tous les phénomènes de physique ; mais comme la masse matérielle n'est pas une substance, il est visible que Taction, à l'égard de la substance même, ne saurait être que ce qiie je viens de dire. {Ibid.)

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