‹ Extraits des grands philosophesChapitre 169 sur 331 · XXV. — L'espace et le temps · texte numérisé non relu

XXV. — L'espace et le temps

J'ai remarqué plus d'une fois que je tenais l'espace pour quel- *• Locke.

que chose de purement relatif, comiûe le temps ; pour uo des coexistences, comme le temps est un ordre des spccesi

Si l'espace était un être absolu^ il arriverait quelque chose i il serait impossible qu'il y eût une raison suffisante, ce qmj contre notre axiome. Voici comment je le prouve.

L'espace est quelque chose d'uniforme absolument ; et choses y placées, un point de Tespace ne diffère absolumei rien d'un autre point de l'espace. Or, il suit de cela, supposé' l'espace soit quelque chose en lui-même outre l'ordre des entre eux, qu'il est impossible qu'il y ait une raison pourquoi gardaot les mêmes situations des corps entre eux, ait pi corps dans l'espace ainsi et non pas autrement ; et pourquoi n'a pas été pris à rebours, par exemple, par un échange del'c et de l'occident. Mais si l'espace n'est autre chose que cet ou rapport, et n'est rien du tout sans les corps, que la possil d'en mettre ; ces deux états, l'un tel qu'il est, l'autre sup[ rebours, ne différeraient point entre eux. Leur différence trouve donc que dans notre supposition chimérique de la de l'espace en lui-même. Mais, dans la vérité, l'un serait ment la même chose que l'autre^ comme ils sont absolument discernables ; et par conséquent il n'y a pas lieu de demanc raison de la préférence de l'un à l'autre.

Il en est de même du temps. Supposé que quelqu'un dei pourquoi Dieu n'a pas tout créé un an plus tôt, et que. ce personnage veuille inférer de là que Dieu a fait quelque dont il n'est pas possible qu'il y ait une raison pourquoi faite ainsi plutôt qu'autrement : on lui répondrait que son tion serait vraie si le temps était quelque chose hors des temporelles ; car il serait impossible qu'il y eût des raisons quoi les choses eussent été appliquées plutôt à de tels iw qu'à d'autres, leur succession demeurant la même. Maisi même prouve que les instants hors des choses ne sont qu'ils ne consistent que dans leur ordre successif.

Lettres à Clarke,

XXVI. — Preuve de Texistence de Dieu par la raisoo sufBsaote.

On ne peut trouver la raison suffisante de l'existence ni aucune chose particuUère, ni dans tout Tagré^rat ou l'enseï Supposons qu'il y ait eu un livre éternel des éléments de trie, et que les autres aient été successivement copiés suri

LBIBNITZ. 269

ivident que bien qu'on puisse rendre compte du livre présent le livre qui en a été le modèle, on ne pourra cependant ja- I, en remontant en arrière à autant de livres qu'on voudra, '•enir à une raison parfaite ; car on a toujours à se demander •quoi de tels livres ont existé de tout temps, c'est-à-dire pources livres et pourquoi ils sont ainsi écrits. Ce qui est vrai livres, l'est aussi des divers états du monde ; car, nîalgré cer- 38 lois de transformation, Tétat suivant n'est en quelque sorte la copie du précédent, et, à quelque état antérieur que vous (xntiez, vous n'y trouvez jamais la raison parfaite, c'est-à-dire rquoi il existe certain monde, et pourquoi ce monde plutôt tel autre. Car vous avez beau supposer un monde éternel ; gme vous ne supposez qu'une succession d'états, et que dans on d'eux vous ne trouvez la raison suffisante, et même qu'un Are quelconque de mondes ne vous aide en rien à en rendre nie, il est évident qu'il faut chercher la raison ailleurs.

De l'origine radicale des choses.

kn. — ÀppréciatioD de la preuve de saint Anselme et de Descartes. —

Si Dieu est possible, il existe.

lous ne pouvons nous appuyer solidement sur nos définiavant de savoir si elles sont réelles, et n'impliquent 6 contradiction ; la raison en est que si des notions uent contradiction on peut en même temps en conclure des contraires, ce qui est absurde. J'ai coutume, pour mettre vérité en relief, de me servir de l'exemple du mouvement s rapide : supposons donc qu'une roue toiîrne du mouvele plus rapide : qui ne voit qu'un rayon prolongé se mouus vite à son extrémité qu'au point de la circonférence ? ce mouvement n'est pas le plus rapide, ce qui est contre thèse. Cependant il semble, au premier aspect, que nous ns avoir une idée du mouvement le plus rapide ; car nous Ittprenons bien ce que nous disons, et cependant nous ne pou- ^ avoir une idée de choses impossibles. Ainsi il ne nous suffît \ d'avoir la pensée d'un être très-parfait, pour nous assurer A nous en avons l'idée, et dans la démonstration que nous vefli de produire, on doit montrer ou supposer la possibilité d'un is-parfait, si l'on veut conclure légitimement.

Méditations sur la connaissance^ la vérité^ etc.

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