XXVIII. — De r origine du mal
On demande d'abord d'où vient le mal ? Si Deus est^ unde m lum ? Si non est, unde bonum ? Les anciens attribuaient la cai du mal à la matière, qu'ils croyaient incréée et indépendante Dieu ; mais nous qui dérivons tout être de Dieu, où trouvew! nous la souke du mal î La réponse est qu'elle doit être cherd dans la nature idéale de la créature autant que cette nature renfermée dans les vérités éternelles qui sont dans l'entendem de Dieu indépendamment de sa volonté. Car il faut considé qu*il y a une imperfection originale dans la créature avan péché, parce que la créature est limitée essentiellement, i vient qu'elle ne saurait tout savoir et qu'elle se peut trompe faire d'autres fautes.
Platon a dit dans le Timée que le monde avait son < gine de l'entendement joint à la nécessité. D*autres ont ji Dieu et la nature. On y peut donner un bon sens. Dieu i l'entendement, et la nécessité, c'est-à-dire la nature essenti des choses, sera l'objet de l'entendement, en tant qu'il ( siste dans les vérités éternelles. Mais cet objet est interne e trouve dans l'entendement divin. Et c'est là-dedans que se Iro non-seulement la forme primitive du bien, mais encore Torij du mal : c'est la région des vérités éternelles qu'il faut meU la place de la matière, quand il s'agit de chercher la source choses. Cette région est la cause idéale du mal, pour ainsi ( aussi bien que du bien ; mais, à proprement parlei:, le forme mal n'en a point d'efficiente, car il consiste dans la privai comme nous allons voir, c'est-à-dire dans ce que la cause ciente ne fait point. C'est pourquoi les scolastiques ont coût d'appeler la cause du mal déficiente.
On peut prendre le mal métaphysiquement, physiquemei moralement. Le mal métaphysique consiste dans la simple perfection, le mal physique dans la souffrance, et le mal m dans le péché. Or, quoique le mal physique et le mal mon •oient point nécessaires, il suffit qu'en vertu des vérités < noUeH ils soient possibles. Et comme cette région immense vérités contient toutes les possibilités, il faut qu'il y ait une nité de mondes possibles, que le mal entre dans plusieurs d'e ^^u, et que môme le meilleur de tous en renferme; c'est ce q ^^tormlué Dieu à permettre le mal.
Essais de théodicée. Partie I, 20.