IX. — Sur resclavage
Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de TAfrique pour s'en servir à défricher tant de terres.
Le sucre serait trop cher^ si Ton ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.
Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la téte^ et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de lei plaindre.
On ne peut se mettre dans Tesprit que Dieu, qui est un ébe très-sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans oa corps tout noir.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des ch»* veux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes di monde, étaient d'une si grande conséquence, qu'ils faisaieit mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre to mains.
Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, ches des nations policées, est d'une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soieit des hommes, parce que si nous les supposions des hommes, ^ commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mâoiss chrétiens.
De petits esprits exagèrent trop l'injustice que Ton fait iQ^ Africains, car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pss venu dans la tète des princes d'Europe, qui font entn^ eux ^
de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la tniséricorde et de la pitié (1) ? Esprit des lois^ XV, v