‹ Extraits des grands philosophesChapitre 212 sur 331 · Voici la réponse de Rousseau · texte numérisé non relu

Voici la réponse de Rousseau

« il est au fond des âmes un principe inné de justice et de Tertu, sor lequel nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mao* vaises, et c'est à ce principe que je donne le nom de conscience. Cham dira-t-on, concourt au bien public par son intérêt ; mais d'où vient donc que le juste y concourt à son préjudice? Qu'est-ce qu'aller à la mort pour son intérêt? »

« 11 est taux, écrivait aussi Turgot, que les hommes, même les pi0 corrompus, se conduisent toujours par ce principe. Il est faux que ki sentiments moraux nUnfluent pas sur leurs jugements, sur leurs actio*, sur leurs affections. La preuve en est qu'ils ont besoin d'effort pour vaincre leur sentiment, lorsqu'il est en opposition avec leur intérêt : b preuve en est qu'ils ont des remords ; la preuve en est que cet intérêt qu'ils poursuivent aux dépens de l'honnêteté est souvent fondé sur u sentiment honnête en lui-même et seulement mai réglé ; la preuve en est qu'ils sont touchés des romans et des tragédies, et qu'un roman dont k héros agirait conformément aux principes d'Helvétius leur déplairait beaucoup. »

HELVÉTIU8. 329

oi, Ton ne doit donc point de reconnaissance à ses bienfaiteurs ? )u moinsy répondrai -je, le bienfaiteur n'est-il pas en droit d*en

ixiger C'est en faveur des malheureux et pour multiplier le

lombre des bienfaiteurs que le public impose avec raison aux >bligé8 le devoir de la reconnaissance.

Brutus ne sacrifia son fils au salut de Rome que parce que l'amour paternel avait sur lui moins de puissance que Tamour de la patrie. Il ne fit alors que céder à sa plus forte passion

Il est aussi impossible d*aimer le bien pour le bien que le mal pour le mal.

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