‹ Extraits des grands philosophesChapitre 232 sur 331 · III. — Critique de l'argument ontologique · texte numérisé non relu

III. — Critique de l'argument ontologique

Si, dans un jugement identique^ je fais disparaître l'attribut et que je retienne le sujet, il en résulte une contradiction ; je dis alors que l'attribut convient nécessairement au sujet. Mais si je fais disparaître le sujet en même temps que l'attribut, alors il n'y a pas de contradiction. Car il n'y a plus rien avec quoi il puisse y avoir contradiction. Il est sans doute contradictoire de supposer un triangle si l'on en supprime par la pensée les trois

1. Par exemple, l'expérience de telle loi de la nature, de tel arrangement des choses^ de tel rapport des moyens aux fins (la gravitation universelle, les sens des animaux, les merveilles de la vie, etc.).

2. L'expérience en gênerai: quelque chose existe, quelque chose tombe sous Texperience (quoi que ce suit d'ailleurs).

3'. G^est Targument de saint Anselme et de Descartes : il y a contradiction à poser Tètre parfait comme non existant, parce que l'attribut à!exist€nce est contenu dans le sujet 'perfection^ comme l'attribut angle dans le sujet triangle.

angles (1) ; mais il n'y a pas de contradiction à faii« dispurattre le triangle en même temps que les trois angles.

Il en est exactement de même du concept d'un être absolument nécessaire. Si vous en supprimez aussi la chose m&me avec tout ses attributs, où serait alors la coptradictioa ? Il n'y a plu$ rien, extérieurement, avec quoi la contradictioa soit possible, car U chose doit ne pas être nécessaire extérieurement; rien non plus intérieurement, car la chose elle-même étant sqppriniée, toute intériorité est en même temps supprimée. Dieu est tout-puissant; c'est là un jugement nécessaire, La toute-puissance n^ peut être enlevée si vous posez d'abord une divinité, c*est-à-dire un être infini au concept duquel elle est identique. Mais si vous dites: Dieu n'e$t pas^ alors il n'y a ni toute-puissance, ni aucun aïitw attribut, car ils «ont tous ensemble enlevés au sujet, et il n'y » pas ombre de contradiction dans cette pensée.

Vous prétendez, par un cas particulier que vou^ m*oljj|ecteî conime une preuve de ce fait, qu'il y a cependant un coneepl, mais un seul, à la vérité, où le nonrétre, où la suppression de Tobjet de ce concept est contradictoire en soi : \el est le cas du concept de Vêtre parfaiti Cet ^ire, dites-vous, peut être ioule réalité (2), et vous ayez le droit d'admettre un tel être comme possible, ce que j'accorde à présent, quoiqu'il s'en faille beaucoup qu'un concept non contradictoire en soi prouve la possibiUté de l'objet. Or, dans la toute-réalité est aussi comprise Texistence* L'existence est donc renfermée dans le concept de quelque chose qui est possible. Si donc cette chose est supprimée, la possibilité interne de la chose Test aussi, ce qui est contradictoire.

Je réponds : vous êtes déjà tombé dans une contradiction lorsque^ dans le concept d'une chose que vous voulez simplement concevoir quant à sa possibilité, sous quelque nom qu'elle se déguise, vous faites entrer le concept de son existence. Si on vous raccorde, vous avez alors en apparence vaincu, mais en réalité vous n'avez rien dit, car vous n'avez fait qu'une simple tautologie. Je vous le demande, la proposition : cette chose-ci ou çelle-l^ (que je vous accorde conime possible, que ce soit ce qu'on voudra) existe^ est-elle une proposition analytique ou synthétique ? si elle est analytique, vous n'ajoutez rien, par l'existence de la chose, à votre pensée de la chose ; mais dans ee cas,

\ . Çxemple proiiasé pa? (^aç^rteit.

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