C*est-à-dire toute perfection
OU la pensée gui est en nous devrait être la ehose elle-^même, ou vous avez supposé une existence comme faisant partie de lapos-* sibilité, et alors l'existence est conclue de Thypothèse de la possi* bilité interne ; ce qui n'est qu'une tautologie pitoyable. Avouez* vous, au contraire, comme doit le faire volontiers tout homme raisonnable, que toute proposition existentielle est synthétique : mais alors comment prétendez-vous aflftrmer que le prédioat de l'existence ne peut être enlevé sans contradiction, puisque ce privilège n'appartient proprement qu'aux propositions analytiques, dont le caractère particulier consiste précisément en cela mâmet
Le concept d'un être suprême est une idée très-utile à beau-» coup d'égards ; mais précisément parce qu'il n'est qu'une idée^ il est tout à fait incapable d'étendre à lui seul notre connaissance par rapport à ce qui existe. Il ne peut même pas nous instruire davantage relativement à la possibilité.
... Le caractère de la possibilité devant toujours être cherché dans l'expérience, à laquelle l'objet d'une pure idée ne peut appartenir, il s'en faut de beaucoup que l'illustre Leibnitz ait fait ce dont il se flattait, c'est-à-dire qu'il soit parvenu à connaître à priori la possibilité d'un être idéal aussi élevé.
Cette preuve ontologique si vantée, qui prétend démontrer par des concepts l'existence d'un Être suprême, perd donc toute sa peine, et l'on ne deviendra pas plus riche en connaissances avec de simples idées, qu'un marchand ne le deviendrait en ' argent, si, dans la pensée d^augmenter sa fortune, il ajoutait quelques zéros à son livre de caisse.
Critique de la raison pure. II, 406, 490,
IV. — Critique de la preuve cosmologique, tirée de l'existence da monde.
La prevve çosn^ologique comn[ience proprement ps^ Te^^périence, et ps^r conséquent, elle xi'est pas tout à fait déduite à priori ou ontologiquement, et, comiQe l'objet de toute t'expéiience possible s'appelle le morkdSy on la pomme pom^ cette raison la preuve cosmologique. Comme elle fait d'ailleurs s^bstractiop de toute propriété particulière des objets de l'expérience, elle se distingue déjà, par son titre même, de la preuve physico^théolo* giquCf qui cherche ses argunients dans des observations tirées de la nature particulière de notre inonde sensible (1).