conduit à des fins et à des vues que notre observation
lit pas découvertes d'elle-même, et étend nos connaissances
»lles au moyen du fil conducteur d'une unité particulière
le principe est hors de la nature.
is ne pouvons cependant pas approuver la prétention d'acit à cette espèce de preuve une certitude apodictique et un itiment qui n'aurait besoin d'aucune faveur ni d'aucun 1rs étrangers ; et l'on ne peut nuire à une bonne cause, en dant le langage dogmatique d'un prétentieux disputeur au IJie la modération et de la modestie, pas qui conduit à l'absolue totalité est absolument impospar la voie empirique. C'est cependant ce pas que l'on préfaire dans la preuve physico- théologique. Quel est donc le '^en qu'on emploie pour franchir un tel abîme ? Lprès en être venu à admirer la grandeur, la sagesse, la Ksance, etc., de l'auteur du monde, ne pouvant aller plus loin, abandonne tout à coup cet argument qui se fondait sur des txves empiriques, et Ton passe à la contingence du monde, iClue, dès le début, de l'ordre et de la finalité qui s'y trouvent. Cette contingence, on s'élève maintenant, au moyen de cents purement transcendantaux, jusqu'à l'existence d'un être olument nécessaire, et du concept de l'absolue nécessité de la i«e première on s'élève à un concept de cet être qui est absolvent déterminé, ou déterminant, c*est-à-dire au concept d'une lité qui embrasse tout. La preuve physico - théologique se iive donc arrêtée au milieu de son entreprise ; dans son embar- », elle saute tout à coup à la preuve cosmologique ; et, comme le-ci n'est qu'une preuve ontologique déguisée, la première itteint réellement son but qu'au moyeu de la raison pure, toiqu'elle ait commencé par repousser toute parenté avec elle, qu'elle ait voulu tout fonder sur des preuves tirées de Texpé- ,/iice. •• • Gonunent une expérience peut-elle être jamais donnée qui soit
adéquate à une idée? C'est précisément le propre de Tidée qw jamais aucune expérience ne puisse lui être adéquate. L*id<i transcendantale d'un Être premier^ nécessaire, et absolamem suffisant, est si immensément grande, si élevée au-dessus dç ci qui est empirique, chose toujours conditionnelle, que, d'au part, on ne saurait jamais trouver assez de matière daps Texpf* rience pour remplir un tel concept, et que, d'autre part, «) tâtonne toujours dans le conditionnel, et que Ton cherche (oujonn en vain l'inconditionnel, dont aucune loi d'une synthèse empirique ne donne ni un exemple, ni le moindre indice.
Si rËtre suprême était dans cette chaîne des conditions,! serait lui-même un anneau de la série ; et, de même que lei anneaux inférieurs en tête desquels il est placé, il exigerait h recherche ultérieure d'un principe encore plus élevé. Veut-on âi .contraire le détacher de cette chaîne, et, en tant qu'être puremeirt intelligible^ ne pas le comprendre dans la série des causes natih relies, quel pont la raison peut-elle bien jeter pour arrif» jusqu'à lui ? Toutes les lois du passage des effets aux cansefli toute synthèse même et toute extension de notre connaissance général, n'ont-elles pas uniquement pour but l'expérience poisible, c'est-à-dire les objets du monde sensible, et peuvent^i avoir un autre sens ?
Critique de la raison pure, II, 433, 450, 462.
YI. — La bonne yolonté est le seul l)ien absolument bon.
De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde, et, même en général en dehors du monde, il n'y a qu'une se chose qu'on puisse tenir pour bonne sans restriction : c'est iffli| bonne volonté. L'intelligence, la finesse, le jugement, et tous te talents de l'esprit, ou le courage, la résolution, la persévérance, comme qualités du tempérament, sont sans doute bonnes et dé»|ir, sirables à beaucoup d'égards ; mais ces dons de la nature peu aussi être extrêmement mauvais et pernicieux, lorsque la voloirlt|, qui en doit faire usage et qui constitue ainsi essentiellemeat^ qu'on appelle le caractère, n'est pas bonne. Il en est de m** des dons de la fortune : le pouvoir, la richesse, l'honneur, lasaw même, tout le bien-être, et ce parfait contentement de son éai f. qu'on appelle le bonheur, toutes ces choses nous donnent n* confiance en nous, qui dégénère même souvent en présomp** » lorsqu'il n'y a pas là une bonne volonté pour empêcher fn'eW
ixeiM^dBt une fâoheuse influence sur l'esprit, et pour ramener lies nos actions à un principe universellement légitime. Ajoutez lilleurs qu'un spectateur raisonnable et désintéressé ne peut ir avec satisfaction que tout réussisse à un être que ne décore eun trait de bonne volonté, et qu^ainsi la bonne volonté Ddble être une condition indispensable pour mériter d'être ureux...
La bonne volonté ne tire pas sa bonté de ses effets ou de ses Bultats, ni de son aptitude à atteindre tel ou tel but proposé, ais seulement du vouloir, c'est-à-dire d'elle-même ; et, consirée en elle-même, elle doit être estimée incomparablement périeure à tout ce qu*on peut exécuter par elle au profit de lelques penchants, ou même de tous les penchants réunis, land un sort contraire ou l'avarice d'une nature marâtre priiraient cette volonté de tous les moyens d'exécuter ses desseins, land ses plus grands efforts n'aboutiraient à rien, et quand il ne sterait que la bonne volonté toute seule (et je n'entends point ir là un simple souhait,mais remploi effectif de tous les moyens n sont en notre pouvoir), elle brillerait encore de son propre lat, comme une pierre précieuse, car elle tire d'elle-même ute sa valeur. L'utilité ou l'inutilité ne peut rien ajouter ni rien ^r à cette valeur. L'utilité n'est guère que comme un encadrelent qui peut bien servir à faciliter la vente d'un tableau, ou à itirer sur lui l'attention de ceux qui ne sont pas assez connais- 5urs, mais non à le recommander aux vrais amateurs et à détrminer son prix.
II. — La nature^ en nous donnant une volonté raisonnable, n'a pas eu pov^r but notre simple conservation et notre simple bien-être. — Notre fin est la bonne volonté.
Ouand nous considérons la constitution naturelle d*un être ^anisé, c'est-à-dire d'un être dont la constitution a la vie pour ^t, nous posons en principe que, dans cet être, il n'y a pas Oi*gane qui ne soit le plus propre à la fin pour laquelle il existe. *) si, en donnant à un être la raison et la volonté, la nature ^vait eu pour but que la conservation, le bien-être, en un mot bonheur de cet être, elle aurait bien mal pris ses mesures en ïifiant à la raison de sa créature le soin de poursuivre ce but. ^ efiet, toutes les actions que cette créature doit faire dans ce ^^, tout le système de conduite qu'elle doit suivre pour y arriver.
Tinstinct les lui révélerait avec bien plus d'exactitude, et le bai de la nature serait bien plus sûrement atteint par ce moyen qu'A ne peut Têtre par la raison. Ou si la créature la plus favorisée devait recevoir en outre le privilège de la raison, cette faculté n'aurait dû lui servir que pour contempler les heureuses dispositions de la nature, les admirer, s'en réjouir et en rendre grâces à la cause bienfaisante qui les lui aurait données, et non pour soumettre sa faculté de désirer à ce guide faible et trompeur, et empiéter sur Tœuvre de la nature. En un mot, la nature aurait empêché que la raison ne servit à un usage pratique, et n'eût II présomption de découvrir, avec sa faible vue, tout le système da bonheur et des moyens d'y parvenir. Elle ne nous aurait pas seulement enlevé le choix des fins, mais aussi celui des moyens, et elle aurait sagement confié Tun et l'autre à l'instinct.
Et dans le fait nous voyons que plus une raison cultivée s'applique à la recherche des jouissances de la vie et du bonheor, moins l'homme est véritablement satisfait. De là, chez la plupait de ceux qui se montrent les plus raffinés en matière de jo sauces, un certain dégoût de la raison. En effet, après avoir tous les avantages qu'on peut retirer, je ne dis pas seulement rinvention des arts de luxe, mais même des sciences (qui nel paraissent être en définitive qu'un luxe de l'entendement),! trouvent en dernière analyse qu'ils se sont donné plus de peine qu'ils n'ont recueilli de bonheur, et ils finissent par sentir ploi d'envie que de mépris pour le vulgaire, qui s'abandonne; davantage à la direction de l'instinct naturel, et n'accorde la raison que peu d'influence sur sa conduite. Or, loin d'accui de mécontentement ou d'ingratitude envers la bonté de la cao qui gouverne le monde ceux qui rabaissent si fort et regarde même comme rien les prétendus avantages que la raison nous procurer relativement au bonheur de la vie, il faut recofl*] naître que ce jugement a son principe caché dans cette idée q notre existence a une fin tout autrement noble, que la r est spécialement destinée à raccomplissement de cette fîfli non à la poursuite du bonheur, et que Thomme y doit s donner en grande partie ses fins particulières, comme à u condition suprême.
En efl'et, si la raison ne suffit pas à diriger sûrement la volofl dans le choix de ses objets et dans la satisfaction de tous o« besoins (qu'elle-même multiplie souvent) ; s'il faut reconuilt^] ^ue ce but aurait été beaucoup plus sûrement atteint au ïDfff^\
l'un instinct naturel, et si néanmoins la raison nous a été débartie comme une faculté pratique, c'est-à-dire comme une picttlté qui doit avoir de Tinfluence sur la volonté, il faut, puis- ■n'on voit partout ailleurs dans les dispositions de la nature une rfaite appréciation des moyens aux fins, que sa vraie destinam soit de produire une volonté bonne, non pas comme moyen >ur quelque but étranger, mais en soi, ce qui exige nécessairelent la raison. Cette bonne volonté peut sans doute n'être pas seul bien, le biçn tout entier, mais elle doit être regardée ime le bien suprême et la condition à laquelle doit être subormué tout autre bien, tout désir même du bonbeur.
Vm. — L'amour du devoir est un acte de volonté, non d'inclination.
L'amour comme inclination ne se commande pas ; mais faire
bien par devoir, alors même qu'aucune inclination ne nous y
msse, ou qu'une répugnance naturelle et insurmontable nous
éloigne, c'est là un amour pratique et non un amour patho-
ique (1), un amour qui réside dans la volonté et non dans un
mchant de la sensibilité, dans les principes qui doivent diriger
conduite et non dans celui d'une tendre sympathie, et cet
Lour est le seul qui puisse être ordonné.
IX. — L'action faite par devoir ne tire sa valeur que d'elle-même.
Ha seconde proposition est qu'une action faite par devoir ne re'pas sa valeur morale du but qu'elle doit atteindre, mais de la laxime qui la détermine, et que, par conséquent, cette valeur
dépend pas de la réalité de l'objet de l'action, mais du prin-
d'après lequel la volonté se résout à cette action, abstraction
ite de tous les objets de la faculté de désirer. Il résulte claire-
lent de ce qui précède que les buts que nous pouvons nous pro-
)T dans nos actions, et que les effets de ces actions, considérés >mme buts et comme mobiles de la volonté, ne peuvent leur mner une valeur absolue et morale. Où donc réside cette valeur, elle n'est point dans le rapport de la volonté à l'effet attendu ? lieue peut être que dans le principe delà volonté, considéré idépendamment des résultats qui peuvent être obtenus par action.. •
1. Pathologique est pris au sens grec de ttà^oç : amout de passion, nnour involontaire et fatal.