‹ Extraits des grands philosophesChapitre 237 sur 331 · A coniidérer le sujet qui veut · texte numérisé non relu

A coniidérer le sujet qui veut

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Xlé — La loi de la bonne Tolonté doit être une maxime univerielle.

liais quelle peut être enfin cette loi dont la représentation doit lerminer la volonté par elle seule et indépendamment de la isidération de l'effet attendu, pour que la volonté puisse être pelée bonne absolument et sans restriction ? — Puisque j'ai irté de la volonté toutes les impulsions qu'elle pourrait trouver Qs l'espérance de ce que promettrait l'exécution d'une loi, il

reste plus que la légitimité universelle des actions en général i puisse lui servir de principe, c'est-à-dire que je dois toujours ir de telle sorte que je puisse vouloir que ma maxime devienne xe loi universelle. Le seul principe qui dirige ici et doive diriger volonté, si le devoir n'est pas un concept chimérique et un mot le de sens, c'est donc cette simple conformité de l'action à une . universelle (et non à une loi particulière applicable à certaines lions). Le sens commun se montre parfaitement d'accord avec ms'sur ce point dans ses jugements pratiques, et il a toujours i principe devant les yeux.

Soit par exemple la question de savoir si je puis, pour me tirer embarras, faire une promesse que je n'ai pas l'intention de nir. Je distingue ici aisément les deux sens que peut avoir la iiestion: Est-il prudent (1), ou est-il légitime de faire une fausse romesse 7 Gela peut sans doute être prudent quelquefois. A la ^ité, je vois bien que ce n'est pas assez de me tirer, au moyen 3 ce subterfuge, d'un embarras actuel, mais que je dois examiîr si je ne me prépare point, par ce mensonge, des embarras "aucoup plus grands ; et comme, malgré toute la pénétration le je m'attribue, les conséquences ne sont pas si faciles à préir qu'une confiance mal placée ne puisse me devenir beaucoup is funeste que tout le mal que je veux éviter maintenant, il idrait examiner s'il n'est pas plus prudent de s'imposer ici une ixime générale et de se faire une habitude de ne rien promettre *avec l'intention de tenir sa promesse* Mais je m'aperçois bien-

qu'une pareille maxime est fondée uniquement sur la crainte ^ conséquences. Or autre chose est d'être de bonne foi par deii*, autre chose de l'être par crainte des conséquences fâcheuses, tis le premier cas, le concept de l'action renferme déjà pour >i celui d'une loi ; dans le second, il faut que je cherche dans

l. Dans le sens d*habile, d'utile.

les suites de Taction quelles conséquences en pourront résulter pour moi. Si je m'écarte du principe du devoir, je ferai très-certainement une mauvaise action ; si j'abandonne ma maxime de prudence, il se peut que cela me soit avantageux, quoiqu'il soit plus sûr de la suivre. Maintenant, pour arriver le plus vite et b plus sûrement possible à la solution de la question de savoir s'il est légitime de faire une promesse trompeuse, je me demande i je verrais avec satisfaction ma maxime (de me tirer d'embarm par un fausse promesse) érigée en une loi universelle (pour moi comme pour les autres), et si je pourrais admettre ce principe: « Chacun peut faire une fausse promesse, quand il se trouve daoi un embarras d'où il ne peut se tirer autrement? » Je reconnait aussitôt que je puis bien vouloir le mensonge, mais que je ne puis vouloir en faire une loi universelle. En effet, avec une telle loi, il n'y aurait plus proprement de promesse ; car à quoi me servirait-il d'annoncer mes intentions pour l'avenir à des hommei qui ne croiraient plus à ma parole, ou qui, s'ils y ajoutaient bi légèrement, pourraient me payer de la même monnaie? Ainsi mi maxime ne peut devenir une loi générale sans se détruire ellemême.

Fondements de la métaphysique des mœurs, p. 13 etsuif^ trad. J. Barni.

XII. — La volonté a sa fin en elle-même, et Thomme doit être coosidèrê comme une fin, non comme un moyen. — Formule de Timpératif catégoriqit*

Je dis que l'homme, et en général tout être raisonnable, exiiti comme fin en soi^ et non pas simplement comme moyen poo^ l'usage arbitraire de telle ou telle volonté, et que dans toutes Mi actions, soit qu*elles ne regardent que lui-même, soit qu'elles ra»!^ gardent aussi d'autres êtres raisonnables, il doit toujours t^ considéré comme fin. Tous les objets des inclinations n'ont qu'ont valeur conditionnelle ; car si les inclinations et les besoins qoi^ dérivent n'existaient pas, ces objets seraient sans valeur. Mais ta inclinations mêmes, ou les sources de nos besoins, ont si peu uot valeur absolue et méritent si peu d'être désirées pour elles' mêmes, que tous les êtres raisonnables doivent souhaiter d'ei être entièrement délivrés. Ainsi la valeur de tous les objets, cfl nous pouvons nous procurer par nos actions, est toujours conditionnelle.

Les êtres dont l'existence ne dépend pas de notre voloflté,

lais de la nature, n'ont aussi, si ce sont des êtres privés de aison, qu'une valeur relative, celle de moyens, et c'est pouruoi on les appelle des choses^ tandis qu'au contraire on donne le lom de personnes aux êtres raisonnables, parce que leur nature Qême en fait des fins en soi, c'est-à-dire quelque chose qui ne oit pas être employé comme moyen, et qui, par conséquent, estreint d'autant la liberté de chacun (et lui est un objet de res- »ect). Les êtres raisonnables ne sont pas, en effet, simplement des ins subjectives, dont l'existence a une valeur pour nous^ comme ffet de notre action, mais ce sont des fins objectives, c'est-à-dire es choses dont l'existence est par elle-même une fin, et une fin [u*on ne peut subordonner à aucune autre, par rapport à la- [uelle elle ne serait qu'un moyen. Autrement rien n'aurait une valeur absolue. Mais si toute valeur était conditionnelle, et, par îonséquent, contingente, il n*y aurait plus pour la raison de prinripe pratique suprême.

Si donc il y a un principe pratique suprême, ou si, pour consilérer ce principe dans son application à la volonté humaine, il y a un impératif catégorique (1), il doit être fondé sur la représentation de ce qui, étant une fin en soi, l'est aussi nécessairement pour chacun, car c'est là ce qui en peut faire un principe objectif de la volonté, et, par conséquent, une loi pratique universelle. la nature raisonnable existe comme fin en soi, voilà le fondement de ce principe. L'homme se représente nécessairement ainsi sa propre existence, et, en ce sens, ce principe est sans' doute pour lui un principe subjectif d'action. Mais tout autre être raisonnable se représente aussi son existence de la même manière que moi, et, par conséquent, ce principe est en même temps un jprincipe objectif, d'où l'on doit pouvoir déduire, comme d*un f rincipe pratique suprême, toutes les lois de la volonté. L'imf ératif pratique se traduira donc ainsi : Agis de telle sorte que *w traites toujours l'humanité, soit dans ta personne, soit dans y personne d' autrui, comme une fin, et que tu ne (en serves Jamais comme d'un moyen.

SIII. — L'homme est son propre législateur : autonomie de la volonté.

•.. Il n'est plus étonnant que toutes les tentatives faites justU'ici pour découvrir le principe de la ir.oralité aient échoué. On

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