XVIII. — Grandeur de la loi morale
Deux choses remplissent Tâme d'une admiration et d'un respect ajours renaissants et qui s'accroissent à mesure que la pensée revient plus souvent et s'y applique davantage : le ciel étoile dessus de nous^ la loi morale au dedans. Je n'ai pas besoin de 3 chercher et de les deviner comme si elles étaient enveloppées nuages ou placées, au delà de mon horizon, dans une région accessible ; je les vois devant moi et je les rattache immédiateent à la conscience de mon existence. La première, de la ace que j'occupe dans le monde extérieur, étend le rap- »rt de mon être avec les choses sensibles à tout cet immense pace où les mondes s'ajoutent aux mondes et les systèmes aux 'stèmes, et à toute la durée sans bornes de leurs mouvements modiques. La seconde part de mon invisible moi, de ma personalité, et me place dans un monde qui possède la véritable in&nitde, mais où l'entendement seul peut pénétrer, et auquel je me ^connais lié par un rapport non plus seulement contingent, Lâis universel et nécessaire (rapport que j'étends aussi à tous M mondes visibles). Da^s l'une, la vue d'une multitude innommable de mondes anéantit presque mon importance, en tant que t me considère comme une créature animale, qui, après avoir ^n ne sait comment) joui de la vie pendant un court espace de ^mps, doit rendre la matière dont elle est formée à la planète ii'elle habite, et qui n'est elle-même qu'un point dans l'univers. *autre au contraire relève infiniment ma valeur comme intelli- ^nce, par ma personnalité, dans laquelle la loi morale me révèle i^ne vie indépendante de Tanimalité et même de tout le monde ^Qsible, autant du moins qu'on en peut juger par la destination
que cette loi assigne à mon existencey et gui, loin d'être bornée] aux conditions et aux limites de cette vie, s'étend à l'infini.
Ibid., p. 378-393.