XXXV. — L'émotion du sublime
Dans la représentation du sublime de la nature Tesprit se ému, tandis que dans ses jugements esthétiques sur le beau* nature il reste dans une calme contemplation. Cette ém( (surtout à son début) est comme un ébranlement dans lequel i nous sentons alternativement et rapidement attirés et rep ses par le même objet. Le transcendant est pour l'imagins comme un abîme où elle craint de se perdre ; mais, pour 1' rationnelle du supra-sensible, il n'y a rien de transcendant, il a rien que de légitime à tenter un pareil effort d'imagination; conséquent il y a ici une attraction précisément égale à la réj sion qui agit sur la pure sensibilité...
Critique du jugement^ trad. Barni, 1. 1, p. 162.
. — Le sublime nous donne la conscience de notre supériorité
sur la nature.
ers audacieux suspeadus dans Tair et comme meùânuages orageux se rassemblant au ciel au milieu des u tonnerre, des volcans déchaînant toute leur puis- ^struction, des ouragans semant après eux la dérastalense océan soulevé par la tempête, la cataracte d'un ve ; ce sont là des choses qui réduisent à une insîgaitasse notre pouvoir de résistance, comparé avec de sances. Mais Taspect en est d'autant plus attrayant errible, pourvu que nous soyons en sûreté ; et nous volontiers ces choses sublimes, parce qu'elles élèvent de l'âme au-dessus de leur médiocrité ordinaire, et us font découvrir en nous-^mémes qn pouvoir de résisle tout autre espèce, qui nous donne le courage tle rer avec la toute-puissance apparente de la nature. , de même que Timmensité de la nature et notre à trouver une mesure propre à Testimation de sa nous ont révélé notre propre limitation; mais nous couvrir en même temps, dans notre faculté de raiautre mesure non sensible qui comprend en elle lité même comme une unité, et devant laquelle titdans la nature, et nous ont montré par là, dans Lt, une supériorité sur la nature considéi^ée dans eon ; de même, l'impossibilité de résister à sa puissance econnattre notre faiblesse en tant qu'êtres de la nature, lous découvre en même temps une faculté par laquelle jugeons indépendants de la nature, et elle nous révèle nouvelle «upériorité sur elle : cette supériorité est le 'une espèce de conservation de soi-même bien diffé- ^lle qui peut être attaquée et mise en danger par la érieure, car l'humanité de notre personne reste ferme, e que l'homme cède à cette puissance. Ainsi, dans nos esthétiques^ la nature n^est pas jugée sublime en tant terrible, mais parce qn'elle engage la for,ce que nous [jui n^est pas la nature) à regarder comme rien !es Qt nous nous inquiétons (les biens, la santé et la vie), idérer cette puissance 4e la nature (à laquelle» il est > sommes soumis reiativement à ces cboseâ) comme
n'ayant aucun, empire sur nous-mêmes, sur notre personoa dès qu'il s'agit de nos principes suprêmes, de Taccompliss^ ou de la violation de ces principes. La nature n'est donc nommée sublime que par Timagination qui l'élève jusqui faire une expression de ces cas où Tesprit peut se rendre seni sa propre sublimité ou la supériorité de sa propre destination la nature...
La sublimité ne réside donc en aucun objet de la nature, i seulement dans notre esprit, en tant que nous pouvons z conscience d'être supérieurs à la nature qui est en nous, et là aussi à la nature qui est hors de nous (en tant qu'elle '< l'influence sur nous). Toutes les choses qui excitent ceseatim et de ce nombre est la puissance de la nature qui provoque forces, s'appellent alors (quoique improprement) sublimes n'est qu'en supposant cette idée en nous, et ;relativement à que nous sommes capables d'arriver à l'idée de la sublimib cet être qui ne produit pas seulement en nous un respect i rieur par la puissance qu'il révèle dans la nature, mais bien pi par le pouvoir qui est en nous de regarder celle-ci sans crai et de concevoir la supériorité de notre destination.
Critique du jugement^ 1. 1, p. 168, 169, 173, 174.
FIGHTE. '
Jean-Gottlieb Fichte naquit en 1762 dans la haute Lusace. Elevé d'il chez un pasteur de campagne, puis au collège de Schulpforta, il étudier, à dix-huit ans, la théologie à l'Université d'iéua. Précefi dans différentes villes, il visita Kant à Kœnigsberg et devint disciple enthousiaste. Il se maria en 1793 avec une petite-nièce Klopstock. La même année il publia ses Mémoires pour rectifif jugement du public sur la Révolution française, livre où il apprécie Révolution française au point de vue philosophique et la défend coi ses détracteurs. Puis il adressa aux souverains de l'Europe un ootri hardi intitulé : Réclamation pour la liberté de penser, adressée à totf princes qui Vont opprimée jusqu'ici. Appelé à remplacer Reinhold à la chaire de philosophie d'Iéna, il y passa cinq années, fut UA d'athéisme, offrit sa démission et se retira à Berlin. En 1800, il V^ sa Destination de l'homme ; en 1806, les Caractères du siécû prémt Mission du savant, la Philosophie religieuse. Après la bataille d'ici Fichte partit pour Kœnigsberg, où s'était réfugié le roi de Prusse, i 1807 et en 1808, il prononça a Berlin, au milieu des baïonnettes ta çaises, ses patriotiques Discours à la nation allemande, où il mûtfi daus l'instruction Je salut du pays (1). Ces discours d'un philosophe,!
1. Voici quelques fragments intéressants du onzième discours à la oi^ allemande ; ces paroles peuvent s'appliquer à la France d'aigourui