FICHTE
1 l'aatorité française ne daigna pas s'opposer, contribuèrent à îiller rAllemagne et préparèrent l'explosion de 1813. En 1810, quand lîversité de Berlin fut constituée, Fichte en fut nommé recteur et ^anisa selon ses plans. Sa philosophie avait été exposée dans la trine de la science, Fichte mourut en 1814, victime de' son courage s une épidémie.
« Le déterminisme et le mécanisme universel. — Le grain de sable.
rsque je considère les objets extérieurs dans leur ensemble, ne formant la vaste unité de l'univers, j'ai l'idée d'une force ae dans la nature. Lorsqu'au contraire je les considère dans
le elles s'appliquaient à l'Allemagne d'alors. •— « Jusqu'ici, plus tat s'est cru éclairé et plus il s'est figuré qu'il pouvait se pasle citoyens moraux, qu'il lui suffisait d'institutions répressives atteindre son but, et qu'en possession de moyens coercitifs il it rester indifférent à l'éducation des citoyens. Puissent au moins *écentes et douloureuses expériences lui avoir dessillé les yeux ! t sait aujourd'hui qu'il n'en va pas ainsi, et que, si nous sommes is aussi bas, c'est précisément faute de moralité, lais quoi ! dira l'Etat, suis-je en mesure de supporter les frais d'une e éducation nationale ? Ah ! que ne peut-on le convaincre que^ cette se unique upe fois faite, il aurait pourvu de la manière la plus mique et la plus sage à la plupart de ses autres obligations ; que, ait enfin faire cette mise de fonds, il n'aurait bientôt plus d'autre se importante que celle-là. Jusqu'ici, la plus grosse part des revenus tat a été consacrée à l'entretien d'armées permanentes. Nous avons i beaux effets qu'en a obtenus le pays. Gela suffit. Il n'entre pas Qotre plan de faire la critique de l'organisation de ces armées et iquer ainsi les causes spéciales de nos catastrophes. Mais que l'Etat ise une fois, d'une manière générale, l'éducation nationale telle que l'avons proposée, et, du jour où une génération nouvelle aura tranos écoles, il n'y aura plus besoin d'une armée spéciale : la géné- L nouvelle tout entière formera une armée et une armée comme i siècle n'en a encore vu. Chaque individu, en effet, a été compléit exercé à tous les usages imaginables de sa force physique et rend à l'instant toute manœuvre qui lui est ordonnée; il est habisupporter les efforts et les fatigues; son esprit, qui s'est développé a vue immédiate des choses, est toujours actif et en possession de lème ; dans son âmë vit l'amour de l'être collectif dont il est un bre^ de l'Etat et de la Patrie, et cet amour détruit tout mouvement îsme. L'Etat peut appeler de tels hommes, il peut les mettre sous les s et être assuré que nul ennemi ne les vaincra. 3ans les Etats bien administrés, l'attention du gouvernement se porte amélioration de la situation économique, dans le sens le plus étendu t mot. De fortes sommes s'inscrivent au budget en faveur des progrès griculture, de l'industrie, du commerce. Mais le peu d'instruction des es, leur incapacité profonde, ont rendu souvent inutiles et les efforts et spenses. En général, les résultats obtenus ont été peu de chose. Notre ation nouvelle, au contraire, est faite pour procurer à l'Etat des es laborieuses habituées dès l'enfance à réfléchir sur leurs diverses ations professionnelles, capables d'ailleurs de se tirer d'affaire par
Içur çxisteace individuellej, j^'ai Ti^dée dd plusieurs fo^rces dans b nature, dont chacune se serait développée suivant see pfojni lois, pour se montrer sous certaines formes extérieures ; et je fe vois plus dans les objets qu'autant de m^nif^statioai^ Yanéif ^ ces forces mêmes, manifestations dont chacune se trouve Mre tout à la fois déterminée, partie par ce qu'est en elle-même li force dont elle est en qijelque sorte Teavelappe visible^ partie par ce qu'auront été les manifestations de cette force antérieures i cette dernière manifestation, partie enfin par ce que senmtlei manifestations de toutes les autres forces de la nature avec kh quelles cette force se trouvera en relation, c'est-àrdire a?eeb
elles-mêmes, et ayant le goût de l'iaitiative* Que FEtat veuitte. bien \m venir en aide d'une manière judicieuse, et elles comprendront à deni44 elles profiteront avec reconnaissance des conseils qui Leur seront dofliML, Toutes les branches de l'économie sociale acquerraient, en peu de et sans i^aueoup de peine, un développement tel qu'aucun siècle encore vu, et, puisqu'on veui calculer^ i'Ëtat retrouverait au ceotopie au delà l'avance qu'il aurait faite.
« Jusqu'ici TEtat a £ait de grandes dépenses pour les institutions ée j tice et de police ; il a déboursé beaucoup d'argent pour les maiioK détention et de correction ^ il a construit des hospices, des établisseae de bienfaisance qui, en se développant, n'ont fait que d^vetop^j misère et semblent avoir pour mission d'encourager le paupérisme. *^ dans un Etat où la nouvelle éducation serait devenue générak^ la i site des établissements pcniteatiaires se réduirait beaucoup, celle deié blissements de bienfaisance disparaîtrait complètement. Mettez IV^ sous le joug de la discipline dans ses preoiières années, et vous o'i plus besoin de pourvoir plus tard à sa très-difficile et douteuse afflél tion. Elevez convenablement votre peuple, et vous n'y verrei pli pauvres.
« Puisse l'Etat, puissent tous ceux qui le dirigent ou le conseilient < le courage de regarder en face et de s'avouer à eux-mêmes le fénW état de nos affaires I Qu'on se le dise bien : l'éducation des géoéra|iMi| futures est aujourd'hui le seul domaine où notre Etat puisse agir li^| ment; le seul où il soit vraiment Etat indépendant et maître de s»J^ tinées; te seul où il ail droit de décider par et pour lui-même. AjU* qu'il n'ait absolument renoncé à tout, l'éducation doit être comààréêp lui comme fa seule chose qu'il puisse encore faire. Mais qu'lMa lasse,cv|l<!ià ckose essentielle, et il aura toute liberté. C'est une tâche qu'on oeltf^lki putera pas, un mérite qui ne lui sera pas envié. Résister, opposer ^ij à la force, nous ne le pouvons plus, cela saute aux yeux ; tout te-»g} en convient, et nous sommes toujours parti de cet aveu comme d'mi pi* de départ inévitable. Notre existence est ruinée, et pourtant nous li(^ longeons, nous vivons. Sommes-nous donc des lâches? Est-ce un i|w| amour de la vie qui nous y rattache? Gomment écarter un tel repwa^ En nous décidant à ne plus vivre pour nous-mêmes; en ne nonsooi*^ raut plus que comme la semence d'où sortiront un jour de plo* ^^ descendants ; en n'ayant plus d'autre raison de vivre que nos enCii** la préparation des jours meilleurs que nous rêvons pour eux. SanfrH^ but donné à notre existence, que nous resterait-il donc à tenter? Oa>* fera nos constitutiunë, uos ttaités; on nous imposera tel ou tel ettP^*
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me des forces de la nature. La naturel, en effet, est un dont toutes les parties se tiennent et se lient. £t de la 3st pas d^olDjet qui ne soit ce qu'il est, parce que, la exprime étant ce qu'elle est et ayant agi au milieu >tauces où elle agit, il serait complètement impossible itrede l'épaisseur d'un cheveu ou d'un infiniment petit, isi qu'à chaque instant de sa durée, l'univers se préne un tout harmonieux. C'est ainsi qu'il n'est pas une es parties intégrantes qui, pour être ce qu'elle est, ne )ssaire que les autres ne soient ce qu elles sont. De cas as ne pourriez en déplacer une seule, fût-ce un grain
niUtaires, on nous prêtera un Gode l Le drûH même d'appliie en rendant la justice nous sera souvent enlevé. Pour le vaiaqueur nous épargne le souci de tout cela. Il n'y a qu'une uelle il n'ait pas pensé, c*est l'éducation ! Et nous répétons ? faire? Et nous ne profiterions pas d'ai^ tel oubli? Ifous ne is la seule forme d'activité publiq,ue et nationale que nous ne avec personne? Dussé-je me trgmper, je veux, ne pouvant ar cette espérance, je veux croire que j'arriverai à convaincre is de mes concitoyens de cette grande vérité : « L'ÉDUCATION
NOUS SAUVEB DB TOUS LES IIAUX QUI NOUS ÉCRÂSfiflT. » Je me
rer que le malheur nous aura appris à réfléchir, et nous aura sérieux. L'étranger, lui, possède à sa portée d'autres consoitres ressources que l'éducation. Dût cet objet occuper un ins- >ée, il est peu probable qu'il s'y arrête et lui accorde quelque e compte bien, au contraire, qu'à l'étranger les lecteurs de 'ouveront la chose plaisante et s'égaieront agréablement à uelqu'un, en Allemagne, a pu attendre de si grandes choses ou !
lonc l'Etat, puissent tous ceux qui le dirigent et le conseillent lécourager devant leur nouvelle tâche, par la pensée que les .eudus sont lointains.
les causes de nos malheurs actuels sont bien complexes et bien
mts de ce siècle, songé qu'à une chose, se tirer le mieux possible barras immédiats. Ils ont écarté la pensée de l'avenir ; ils ont espéré que quelque coup de fortune trancherait le long enehaleffets et des causes. De telles espérances sont trompeuses. Toute principe d'action qu'on a laissé s'introduire dans la trame des i continue à cheminer, poursuit son œuvre, et» la première négli>aise, une réflexion trop tardive ne peut en conjurer les effets^Nous plus commettre la faute de ne songer qu'au présent; le présent nous. Ne commettons pas la seconde foute, celle d'attendre de tre que de nous-mêmes un meilleur avenif. Quiconque a besoin d'autre chose que de la simple nourriture du corps ne trouve, 5 le présent, plus rien qui le puisse consoler du devoir de vivre; la ^eoirest le seul élément où il nous soit encore donné de respirer, reur, un fou pourrait seul fonder cet espoÂr sur autre chose que nés que nous déposerons nous-mêmes dans le présent pour pré-
de sable, sans que ce déplacement ne devint aussitôt le ceotn d'une multitude d'autres déplacements de parties, inse&siblei peut-être à vos yeux, mais n'en allant pas moins rayonner tout sens à travers les espaces infinis. Ce n'est pas tout. Cki tout se tient dans le temps aussi bien que dans l'espace ; co l'état de Tunivers, à un instant donné de sa dui^, est n< sairement déterminé par ce qu'il a été, et détermine non n nécessairement ce qu'il doit être, au déplacement de ce grain sable il faudra que viennent se rattacher aussi deux autres \ d'altérations successives à l'ordre de l'univers : Tune qui re terait à Tinfini dans les temps écoulés, Tautre qui s'éten
parer l'avenir. Que ceux qui nous gouvernent nous permettent d'avoird' aussi bonne opinion que de nous-mêmes ; qu'ils nous permettent de 1 prêter les sentiments que porte actuellement en son cœur tout bon cito Qu'ils se mettent donc à la tète de l'œuvre dont nous apercevons si di ment la nécessité, et qu'ainsi nous puissions voir encore de nos yeux lu et grandir cette éducation qui doit un jour laver notre mémoire de honte sous laquelle s'est ternie, de nos jours, la gloire de la nation !
« Parmi ces hommes d'Etat, les uns ne considèrent, en général, ré( cation que comme un luxe dont on peut se passer, comme une dépe médiocrement utile (^u'il faut réduire autant que possible ; ou bien, us verront dans nos projets qu'une tentative hasardeuse, une expérience peut réussir sans doute, mais qui peut aussi échouer. On ne peut que 1 tant d'économie et de prudence ! D'autres sont pénétrés d'admiration rétat florissant de l'éducation publique. Songez donc que c'est soos 1 direction qu'elle a atteint sa merveilleuse perfection ; voyez leur ravi ment, et espérez encore les gagner à une chose dont eux-mêmes n'ont , eu l'idée ! Non, nous n'avons rien à espérer de tous ces messieurs-là; d< serions grandement à plaindre si on leur laissait le soin de statuer cette affaire essentielle. Mais il se trouvera, espérons-le, d'autres homd'Etat qui se seront donné à eux-mêmes, par une étude profonde et coi ciencieuse de la philosophie et de la science, une véritable éducation; hommes qui prendront leur mission au sérieux, qui posséderont -. l'homme et sur sa destinée des notions fermes et précises; des hommucapables de comprendre le temps présent et de se rendre compte dé besoins de l'humanité actuelle. Ah ! si de tels hommes avaient pu, en noii écoutant, se convaincre que l'éducation seule peut nous sauver de la )M^ barie et de la décadence ! s'ils pouvaient avoir toujours présente à l'espift l'image de l'humanité nouvelle que l'éducation des masses doit créer! S'ils étaient profondément convaincus de l'infaillibilité des moyens fH nous avons proposés I s'il en était ainsi, ce ne serait pas trop attenèi d'eux que de les supposer capables de reconnaître à l'Etat, en sa qualilH de suprême administrateur des affaires humaines et de tuteur des enÉttU] mineurs, dont il répond devant Dieu et la conscience, le droit d^user, diii| l'intérêt même de ces enfants, de contraint^ envers eux. i
<( Où est aujourd'hui l'Etat qui doute de son droit à forcer les citoyeas au service militaire et à enlever, pour ce service, les enfants à leurs parents, que parents et enfants le veuillent ou non ? Et, cependant, ce n'est pas peu de chose que d'obliger un jeune homme à adopter, pour plusieurs années, un genre de vie qui lui est antipathique et qui sob* vent a pour la moralité, la santé et la vie même, les conséquences les
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môme à rinfini dans les temps gui ne sont pas encore, pposons, en efiet, que ce grain de sable soit de quelques pas Ls avant dans les terres qu'il ne l'est réellement. N*aurait-il pas lu que la vague, qui l'a porté où il est, l'eût poussé avec plus force ? Pour cela, que le vent qui a soulevé cette vague eût été is violent ? et, pour qu'il le fût, que la température de l'atmolère différât, ce jour-là, de ce qu'elle a été? Or, cette température
pouvait être autre à moins que celle de la veille ne fût autre ssi, à moins que ne fussent autres aussi celles des journées §cédentes, et l'on se trouvera ainsi conduit à supposer dans tre atmosphère une succession de températures toujours dif-
is funestes. Qu'est-ce, à côté de cela, qu'une contrainte salutaire qui, iucation une fois achevée, rend à chacun son entière Uberté et ne lit avoir que les plus bienfaisantes conséquences ? Il fut un temps le service militaire était purement volontaire ; mais, dès qu'il a été montré qu'un tel recrutement était insuffisant pour le but poursuivi, n'a pas hésité à user de contrainte ; la nécessité commandait et ce série est devenu obligatoire. Si nos yeux s'ouvraient enfin sur les nécessii pressantes de la situation actuelle, si l'affaire de l'éducation' publique mposait enfin à nous comme non moins urgente que l'organisation milire, nos scrupules tomberaient d'eux-mêmes. D'ailleurs, la première nération sera la seule envers laquelle il faudra user de contrainte : dès .'elle aura reçu l'éducatiou désirable, elle enverra d'elle-même ses enits à l'école. Bien plus, du même coup, la contrainte imposée pour le ser- :ë militaire deviendra inutile : les citoyens que nous aurons élevés seront as égadement prêts à prendre les armes pour la patrie. (( Il faut commencer. Une fois entreprise, une telle œuvre ne s'arrêtera s ; elle ne pourra que croître et s'étendre en tous sens. Tout citoyen qui reçu la véritable éducation est un témoignage vivant de ses bons effets fait de la propagande en sa faveur. Il veut s'acquitter de la dette qu'il contractée et devient maître à son tour. Autant d'élèves convaincus, itant d'apôtres. C'est une succession d'efforts qui ne doit s'arrêter qu'après intier accomplissement de la tâche commencée.
<c ... Si les parents aisés se montrent peu disposés à envoyer leurs en- Qts dans les écoles ouvertes d'après le nouveau système, qu on se tourne ors vers les pauvres orphelins, vers les vagabonds des rues, vers tout ce le le monde repousse et méprise. Donnons du pain à ces petits malheutux pour leur faire en même temps accepter l'instruction. Ne craignons is que la misère et le désordre de leur état antérieur deviennent un obscle à nos projets. Arrachons-les complètement et subitement à cet état iplorable. Créons pour eux un monde entièrement nouveau. Ne leur laissas rien de ce qui pourrait leur rappeler leur ancienne condition : ils rouleront et deviendront de nouvelles créatures. Faisons table rase dans leur (prit. Que cet esprit soit une page blanche où notre enseignement, notre scipline, n'écriront que de bons préceptes. Quel témoignage contre notre ècle, quel exemple pour la postérité, si l'on devait voir un jour ces êtres, 'jetés par la société où nous vivons et élevés par nous en dehors d'elle, 'VeQir, grâce à cette exclusion même, le point de départ d'une humanité ^illeure ! Il pourrait même se faire que ces pauvres élèves devinssent, visais des enfants de ceux qui les méprisaient, les représentants, les types i monde nouveau, et qu'ils fussent ainsi les ancêtres de nos futurs
Ext. gr. Peflos. 26
402 LA PHILOSOPHIE ALLExMANDE.
férentes de ce qu'elles auront été effectivement. Les corps qui s'y trouvent exposés en auront reçu une influence tout autre. La terre s'en sera ressentie. Les hommes n'y auront point échappé. Qui le sait donc? Car, ^ si les )tny stères que la nature recèle dam son sein doivent nous demeurer cachés, peut-être ne nous est-ll pas interdit d'essayer de soulever par la pensée un coin du voile qui les recouvre, -^ qui sait si, par suite de ces températures de Tatmosphère que nous avons été forcés d'imaginer, toujours différentes de ce qu'elles ont vraiment été, pour soulever ce grain de sable l'espace de quelques pas, un de tes aïeux ne sera pas mort de faim, de froid ou de chaud, avant d'avoir engendré celai
héros, de nos sage!>, de nos législateurs, des sauveurs de l'humanité !... n Ajoutons un fragment du quatorzième discours à la nation allemande : A Décidez-vous donc enfin à être sérieux ; cette fois au moins, ne sortez pas d'ici sans avoir pris une ferme résolution, et que chacun de ceux qui m'entendent prenne cette résolution comme s'il était seul aa monde et que seul il eût tout à faire. Du moment où beaucoup dMndividos penseront ainsi, ils formeront bientôt ua tout compacte, animé d'une force * unique; quand, ^u contraire, chacun, comptant sur son voisin, s'exclnt lui-même de Toeûvre et laisse aux autres le soin d'agir, mauvais calcul ! Il se trouve que. tout le monde est le voisin et que personne n'a rien fiiil Tout est resté au même point. Prenez donc tout de suite la résolution qo'fl faut prendre... 11 ne s'agit plus de ces demi-résolutions, de ces velléités qui ne sont qu'une volonté de vouloir, de ces fausses modesties qui se ittranchentderrière.un aveu d'insuffisance ! Ce qu'on vous demande, c*est one résolution vivante et active, qui ne chancelle ni ne se refroidisse, qui dure et s'affermisse jusqu'à ce que le but soit atteint. Auriez-vous donc complètement perdu le principe intérieur qui seul peut produire de ces pesofutions vivaces? Ne seriez-vous plus que des êtres exténués et réduits à l'état d'ombres, des corps sans sève, vides de sang et prives de ressort
§ropre? Hessembleriez-vous à l'homme qui rêve et dont l'esprit voiteocore es images variées s'agiter et se croiser en tous sens, mais dont le corps étendu et roidi présente l'apparence de la mort? 11 y a longtemps qu'oB nous le dit en face, qu'on nous le repète sur tous les tons. C'est bien à peo près là ce qu'on pense de nous. Vous l'avez entendu et vous en avez été indignés ! trouvez donc à ceux qui parlent ainsi qu'ils se trompent, montrez à tout l'univers que vous n'êtes pas ce qu'ils disent, et l'univers enUff saura qu'ils ont menti I....
« Si faibles que vous puissiez être, les événements ont pris soin de vois faciliter la tâche de la réflexion et de vous forcer enfin à ouvrir les jeoi' Qui nous a jetés dans ce désarroi, nous a déguisé notre vraie situatioii nous a entretenus dans notre légèreté et dans notre aveugle laisser-aJIefî N'est-ce pas notre bonne opinion de nous-mêmes? Les choses pouvaiefllelles aller mieux qu'elles n'allaient? A qui nous engageait à réfléchir, nous n'avions pas même besoin de répondre; il suffisait de montrer d'an air triomphant notre brillante existence se soutenant toute seule etsatf efifort de notre part, et, en effet, tout allait bieu, en attendant le jour de l'épreuve ! L'épreuve est enfin arrivée, et quelle chute !
« Rien à espérer, si chaque individu parmi nous ne fait tout ce qoH ^^''^ut, et ne le fait comme s'il était seul au monde et que le salut des geseons futures ne reposât que sur lui ! »
de ses fils dont toi-même es né ? Tu n'aufâis donc pas été, et aucune des choses pàt lesquelles tu as manifesté jusqu'à ce Jour ton existence dans Ce monde, aucune de celles j*âr lesquelles dand l'avenir tu la manifesteras n'aurait été. Et pourquoi ? Parce que Ce grain de sable se trouverait à quelques pas du lieu où il se trouve en réalité.
Moi, avec tout ce qui m*àppartient, avec tout cé qui est à moi, je suis donc emprisonné dans les liens de la nécessité. Pour mieux dire) je iiuls un des anneaut de sa chaîne infletible.
Destination de thomme, trad. Barchon de Penhoen. — Le doute, pages 37 à 39.
il. ~ HoxLB ne péttérohê ôiteùiétaéiii et irâmédiatemenl que ce qui est dans
notre conséiedce. •>- L'idéalisme.
L'Es^BiT» -^ Admet8''tu que ces objets que tu vois çà et là exié* tent réellement hors de toi ?
Moi. — Sans auciin doute, je l'admets.
L'ËsPiiT. '— D*oii sais-tu qu'ils existent ?
Hoi« ^^ Je les vois lorsque je les regarde^ je les sens lorsque je les touche Je les entends lorsqu'ils rendent un êùn, ils se révèlent à tous mes sens.
L'Esprit. — Vraiment ? C'est une opinion dont tu reviendras peut-être, que celle que tu vois, que tu touches, que tu entends les objets. Néanmoins, jusqu'à nouvel ordre, je parierai ta langue, je m'exprimerai aussi comme si réellement tu percevais ces ob^ jets au moyen de tes sens^ commençons même par le supposer. Je te demanderai seulement si tu ne les perçois pas de quelque autre façon ; en d'autres termes, s'il n'y a pasi pour toi d'Autres objets que ceux que tu vois, touches ou entends.
Mot. -^ Je n'en connais pas d'autres»
L*E8^RiT. «r* Les objets hors de toi n'eïistent donc pour toi qu'à U suite de certaines modifications ciirvenues dans tes organes de la vue^ du toucher, etc. Lorsque tu affirmes qu'il y â des objets )K)r6 de toi, n'est-ce pas comme si tu disais que tti void^ que tu touches', que tu entends ?
Moi. — C'est en effet mon opinion. ^
L'Esprit. — Bien, mais d'où saiB4u que tu VoiSj que tu tôu- QhéS) que tu entends ?
Moi. «^ Je ne comprends pas ; cette question nie semblé hisartét
L'Esprit. — Je vais la rendre plus claire : vois-tu ta vue, touches-tu ton toucher, en un mot, as-tu quelque sens intérieur plus subtil, d'ordre plus relevé que tes sens extérieurs, au moyen duquel tu puisses percevoir ces derniers et leur modification ?
Moi. — Je ne me connais aucun organe de cette nature. Je vois, je touche, je vois ceci ou je touche cela ; ce que je suis immédiatement, absolument, je le sais parce que cela est, par conséquent sans qu'il soit besoin d'un sens intermédiaire entre ma sensation et la conscience que j'en ai. C'était même parce qu'elle semblait mettre en doute que j'eusse cette sorte de conscience immédiate de ma sensation, que ta question de tout à Theure me semblait singulière.
L'Esprit. — Ce n*était pas mon intention, je voulais seulement te mettre à même de t'expliquer clairement à toi-même la notion que tu te fais de Tactivité immédiate de ta conscience. Tu as, dis-tu, immédiatement conscience que tu vois, que tu touches? Moi. — Oui.
L'Esprit. — Que vois-tu î que touches-tu ? Tu es par conséquent pour toi-même celui qui voit dans l'acte de voir, celui qui tc^uche dans l'acte de toucher. Si tu as conscience d'une modification survenue dans un de tes organes extérieurs, celui de la vue, par exemple, c'est en même temps d'une modification de toi-même que tu as conscience.
Moi. — Sans doute.
L'Esprit. — Tu perçois l'objet après avoir eu conscience d'une modification de ta vue et de ton toucher ; mais ne pourrais-to pas le percevoir sans avoir la conscience que tu le perçoives? Seraib-il impossible que tu visses un objet ou entendisses un son tout en ignorant que tu vois, que tu entends ? Moi. — Nullement.
L'Esprit., — La conscience que tu as de toi-même et de tes propres modifications est donc la condition nécessaire de la conscience que tu as de toute autre chose. Si tu sais quelque chose, c'est à la condition d'abord de te savoir, puis de savoir ce quelque chose. Dans la conscience que tu as de l'objet, il n'y a rien qui ne soit d'abord dans la conscience que tu as de toimême.
Moi. — C'est effectivement là ce que je pense. L'Espkit. — Tu sais l'existence des objets parce que tu les vois, tu les touches ; mais tu sais que tu les vois ou que tu les *^9B, uniquement parce que tu le sais. Tu le sais immédiate*