‹ Extraits des grands philosophesChapitre 250 sur 331 · FICHTE · texte numérisé non relu

FICHTE

ment. En général, tu ne perçois pas du tout ce que tu ne perçois pas immédiatement.

Moi. — Je l'entends de la sorte.

L'Esprit. — Dans toute perception, tu ne perçois donc que toimême, que ta propre ^manière d'être. Ce qui n*est pas dans ta perception, tu ne le perçois pas.

Moi. — C'est répéter ce que nous venons de dire.

L*EspRiT. — J'en conviens, mais je ne me lasserai pas de le répéter aussi longtemps qu'il me sera possible de croire que tu ne l'aies pas suffisamment compris. Il faut que cela demeure profondément gravé dans ton esprit. Peux-tu dire : J'ai conscience d'objets hors de moi ?

Moi. — A le prendre à la rigueur, non, car la vue et le toucher ne sont qu'autant de moyens me servant à me mettre en rapport avec les choses. Ils ne sont pas ma conscience, mais seulement ce dont j'ai conscience. Peut-être devrais-je donc me borner à dire : J'ai conscience que jô vois et que je touche des objets extérieurs.

L'Esprit. — N'oublie donc jamais ce qui, en ce moment, te paraît être si bien prouvé : c'est que, dans toute perception, c'est seulement ta propre manière d'être que tu perçois.

Destination de Vhommey trad. Barchou de Penhoen. ^ — La science^ pages 91 à 97.

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