SCHELLING
Frédéric-Guillawne Schelling naquit en 1775 dans la Souabe. IlëtudiiU philosophie à Tuhingue, où il eut Hegel pour condisciple. Ses premiers écrits appelèreat sur lui l'attention de Schiller et de Qutêthe. Profeaaacr H léoa, plus tard à Muoicb, son (^usei^nemeut le rendit célèbre par toute l'Europe. En 18U, la chaire occupée par Fichte et par Hegel étant devenue vacante, il céaa aux invitations du roi de Prusse et eipoM dans un nouveau «ours la d^rnièr^ et la plus haute partie Ue tes dM tt^iqes, pq, comme pn dit en Alleuia^ne, sa u troisième philosophie >•
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En 1834, il rompit un long silence par la publicatioa de sou JugmMsni sur la philosophie de Cousin, et par une critique de Hegel. U mourut en 1854. Ses principaux ouvrages sont : les Idées sier Ut phifôsophU de la nature (17i}7), V Idéalisme transeendantal (1800); les Leçons sur la méthode des études académiques; le Discours sur les arts du dessû%\ Bruno ou du principe divin et naturel des choses (1801); Recherches sur Ve$'' seneede la liberté humaine (i^O^); sur les Divinités de Samothrace (i8iS).
I. — Périodes de l'histoire da monde. ~ Destin, Nature, ProTidence. —
Conception du progrès.
Nous pouvons admettre troia périodes dans la manifestation de Dieu, et par conséquent aussi trois périodes dans Thistoire. Le principe de cette division nous est fourni parles deux opposés, le Destin et la Providence, entre lesquels se trouve la Nature, qui est la transition de l'un à l'autre,
La première période est celle où domine encore le Destin, où, comme force entièrement aveugle, il jette froidement, et sans conscience, la perturbation dans ce qu'il y a de plus grand et de plus noble. A cette période de l'histoire, que nous pouvons appeler tragique, appartient la décadence de la splendeur et des merveilles du monde ancien, et le bouleversement de ces empires dont le souvenir s'est à peine conservé, et dont les ruines nous font présumer \a, grandeur : la décadence de l'humanité la plus noble qui ait jamais fleuri sur la terre et dont le retour est Tobjet d'un vœu éternel.
La seconde période de Thistoire est celle dans laquelle ce qui, dans la première, paraissait comme Destin, c'est-à-^ire comme force complètement aveugle, se révèle comme Nature, et où la loi obscure, qui dominait dans celle-là, paraît se transformer en une loi naturelle, sous laquelle la liberté et le libre arbitre sont forcés de plier, pour servir à un plan de la Nature, Ce qui introduit dans l'histoire une conformité au moins machinale à la loi. Gette période parait commencer depuis l'extinction de la république romaine, qui, dans sa passion de domination, unit pour la première fois les peuples d'une manière générale, mit en contact les peuples isolés, forcée, sans en avoir conscience et contre sa vo« lonté, de concourir à un plan de la Nature dont le développement complet doit faire naître l'union universelle des peuples, l'Btat universel. Tous les événements qui ont eu lieu dans cette période ne doivent donc être considérés que comme des résultats de la Nature ; de sorte que la chute de l'empii^e romain n'a ni un côté tragique ni un côté moral, mais, conformément aux lois natu-
relies, devait être nécessairement et est proprement un tribut payé à la Nature.
La troisième période de l'histoire est celle où ce qui, dans les périodes précédentes, apparaissait comme Destin ou comme Nature, se développera et se manifestera comme Providence, de sorte que ce qui paraissait l'œuvre du Destin ou de la Nature était déjà le commencement d'une Providence qui se révélait imparfaitement.
Quand CQtte période commencera-t-elle ? Nous ne pouvons le dire. Mais, quand cette période sera, Dieu sera.
Idéalisme transcendantal^ IV* partie.