II. — L'histoire, épopée divine
L'histoire est une épopée composée dans l'esprit deDieu. Elle ofire deux parties principales : l'une représente l'éloignement de l'humanité de son centre jusqu'à sa limite extrême, l'autre représente son retour ; l'une est en quelque sorte l'Iliade, l'autre l'Odyssée de l'histoire. Dans la première est la direction centrifuge, dans la seconde la direction centripète. Le grand point de vue de l'univers entier s'exprime ainsi dans l'histoire.
Philosophie et religion.
III. — Le progrès moral de Thumaniié ne peut être pour nous une
certitude, mais une croyance.
La notion de l'histoire implique celle d'une progressivité infinie. Mais on ne peut en tirer immédiatement aucun argument en faveur de 'la perfectibilité infinie de l'espèce humaine, puisque ceux qui la nient pourraient soutenir, avec autant de raison, que l'homme n'a pas plus d'histoire que la bête, et qu'il est éternellement dans le même cercle d'actions, où il se meut sans cesse, comme Ixion autour de sa roue, en des oscillations coniinuelles, se trouvant toujours ramené, par des déviations apparentes de la ligne droite, au point d'où il était parti. On doit di'autant moins s'attendre, sur cette question, à un résultat raisonnable, que ceux qui se laissent entraîner pour ou contre sont dans la plus grande erreur sur la nature du progrès. Les uns ne considèrent que l'avancement moral de l'humanité, dont nous désirerions bien posséder la mesure ; les autres, son avancement dans les arts et les sciences, qui, au point de vue historique (pra-