IX. — Phases successives de révolution universelle
Tout le mouvement universel n'a d'autre but que de manil l'esprit dans sa gloire.
La vie, dans la nature, a eu pour résultat de faire cood l'esprit comme le principe et la fin de la nature, et la vie de manité a eu pour but de donner à l'esprit universel la p conscience de lui-même, et de faire savoir à l'esprit humain est vraiment la substance absolue.
Ce développement s'opère par trois phases : l'esprit se m feste d'abord comme esprit subjectifs puis comme esprit obji enfin comme esprit absolu
1. HEGEL, traduit et résumé par WiLLM, Histoire de la pkiio». allemande, t. IV.
2. Ibid. Pour rintelligence de ces pages, voir, dans notre Hwft*" la philosophie, le chapitre sur Hegel.
Ce qu'on appelle Vdme n'est encore que le sommeil de Pesprit, lesprit passif.
Il y a progrès de Tàme naturelle à Tindividualité sensible, et de celle-ci à Tâme ayant raison et conscience d'elle-même. Tout ce qui est dans la raison a son origine dans la sensation ou le sentiment ; mais l'origine d'une chose n'est que l'aspect BOUS lequel elle apparaît d'abord. L'organisation du corps n'est pas la cause de la vie de Fâme ; elle est elle-même un produit de la virtualité de l'esprit, et, au lieu de prétendre expliquer le cœur et l'intelligence par la vie physique, il faut chercher à Bxpliquer celui-ci par Taction de l'âme et de l'esprit.
Par le sentiment, l'âme s'individualise, et, en se distinguant des sentiments particuliers en même temps que de son corps, gu'elle pose comme étant son organe du dehors, comme étant à ion service, elle devient réelle par là même ; elle se distingue de la nature entière, considère celle-ci comme objet, et devient son moi ou conscience.
Par son développement, la conscience elle-même, qui est d'abord
Wtëdence en général^ devient conscience de soi et raison
La pensée se reconnaît pour toute réalité, pour la puissance gui détermine elle-même son contenu ; par là elle est volonté^ (Bsprit pratique. Elle est d'abord sentiment pratique^ et, comme tel, sentiment du plaisir et du déplaisir, penchant, passion ; puis elle devient volonté réfléchie, se portant exclusivement Yers tel ou tel objet, et se posant ainsi comme libre arbitre, élection arbitraire. Ce n'est pas encore la vraie liberté ; celleci naît de la recherche de la vraie félicité, satisfaction universelle et harmonique, et consiste dans la détermination de soi par soi-même : c'est la volonté comme libre intelligence.
Par là nous entrons dans le domaine de l'esprit objectifs titre sous lequel sont exposées la philosophie du droit , la morale et
apolitique
Il y a progrès du droit à la morale, de celle-ci aux mœurs, au inonde moral, et, dans celui-ci, de la famille à la société civUe et de celle-ci à l'État. Au point de vue du droit, l'individu libre n'est qu'une personne ; par la moralité il devient sujets volonté réfléchie en soi ; dans les mœurs, dans la famille, dans la société, dans l'État.
k leur tour, les États divers ne sont qu'autant de moments du , développement général de Tesprit dans son existence historique.
Vesprit tmiversel est à la fois la substance et la négation de esprits nationaux. Il se sert de la guerre pour les dissoudre, tant] qu'ils ne réalisent qu'imparfaitement l'Etat rationnel : le mouvement de l'histoire universelle a pour fin de réaliser l'ÉI absolu, l'État parfait, dans lequel Tesprit acquiert la consdei qu'il est l'absolu, la fin de l'histoire aussi bien que celle de nature.
En même temps que l'esprit universel travaille ainsi à se User et à se poser comme la substance absolue dans Thistoi morale de Thumanité, il s'exprime encore comme tel dans Vt dans la religioUi ^^"^^ 1^ philosophie^ dont la dernière exprest est l'idéalisme absolu, et le dernier résultat que l'intdligenc humaine est elle-même l'esprit absolu (1).
X. p^ L'histoire dd Ia pbiloiopbie, eipressioQ ^% Térolatioii anlTeneUe.
L'histoire de la philosophie est la plus haute ezprest du caractère général d'une nation et d'une époque ; la philc phie est elle-même une face, un moment déterminé de ce tère. Pour qu'elle puisse venir à naître, la réflexion philosophi( suppose un certain degré de culture intellectuelle. Elle natt al( que l'esprit d'un peuple s'est dégagé de l'indifférence primitive la vie physique et s'est élevé au-dessus de l'intérêt passionnfc^ Arrivé à l'état de réflexion, l'esprit soumet à l'examen le modd^ actuel de son existence, sa vie morale et sa foi. En général, oïl^ commencée philosopher lorsqu'il n'y a plus un accord parfait^ entre la réalité extérieure et les tendances intimes, lorsque les* ' institutions sociales et religieuses ne sufBlsent plus à la conscience : alors l'esprit se réfugie dans le monde de la pensée, et la philosophie devient le remède au mal que la pensée a produit.
La philosophie s'élève sur les ruines d'un monde vieilli et tend à créer un ordre de choses nouveau. Au milieu d'un peuple donné, c'est une philosophie déterminée, et celle-là seule, qui devient dominante ; elle en constitue la manière' d'être générale ; elle est l'esprit réfléchi de l'époque ; mais par là même qu'elle la réfléchit, elle s'élève au-dessus d'elle (2)
1. HËGEJy, i6. (WiLLM, Histoire de la philosophie allemands, U IV.)