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XX. — Quel est le fond de l'action tragique

Le véritable fond de l'action tragique, quant aux buts que iirsuivent les personnages tragiques, est compris dans le cercle 3 puissances, en soi légitimes et vraies, qui déterminent la 'onté humaine. Ce sont les affections de famille, l'amour con-

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jugal, la piété filiale, la tendrene paternelle et l'amour fraternel, etc. ; de même les pâmons et les intérêts la vie civile, le patriotisme des citoyens, Taatorité des cheb TKtat, Il y a plus, c*est le sentiment religieux lui-même, toutefois <!ous la forme d'une mysticité résignée, ou d'une sauce passive à la volonté divine, mais, au contraire, d'un ardent pour les intérêts et les relations de la vie réelle. Voilà qui iait la bonté morale de vrais caractères tragiques.

Us sont ainsi ce qu'ils peuvent et doivent être selon leur Ilsn^oifrent pas un ensemble complet de qualités se dévelop en divers sens, d'une manière épique. A cette hauteur où sim{)left accidents de l'individualité disparaissent, les héros (piques, qu'ils soient les représentants vivants de ces sphères vées de l'existence humaine, ou qu'ils soient déjà grands et par eux-mêmes dans leur libre indépendance, sont, en qu sorte, placés au niveau des œuvres de la sculpture. Aussi, ce rapport, les statues et les images des dieux, conune d'ailleurs d'une nature plus simple, expliquent beaucoup mii les grands caractères tragiques des Grecs que toutes les notes les commentaires.

Ainsi, nous pouvons dire en général, que le véritable thème la tragi'îdie primitive est le divin^ non le divin tel qu'il consti l'objet (le la p(3n8ée religieuse en elle-même, mais tel qu'il ap ralt dans le Diondo et dans l'action individuelle, sans sacri son caractère universel et se voir changé en son contraire, cette forme, la substance divine de la volonté et de l'action, c'i rélémont moral. Car la moralité, lorsque nous la saisissons d Ha réalité vivante et immédiate, non simplement du point de v (In la réllexion personnelle comme vérité abstraite, c'est le di réalisé dans ce monde. C'est la substance éternelle, dont cAtés, ii la fois particuliers et généraux, constituent les gram niobiltjs d(3 l'activité vraiment humaine. Dans l'action ils se dé loppont, ils réalisent leur essence.

Kn vertu du principe de la particularité à laquelle est so tout eu qui so dévoioppo dans le monde réel, les puissances morales (lui constituent le caractèi^e des personnages sont, d'abord, (lilVtMvutt^s (juuiil t^ luur essence et à leur manifestation indivi-| (luuUe. De plus, si ces puissances particulières, comme l'exige laj poosio ilrauiatique, sont lippclées à agir au grand jour, à se réi* list»r comme but déterminé d'une passion humaine qui passai^ Tactiou, leur accord tst détruit, elles entrent en lutte les unes

ntre les autres, leur hostilité éclate de diverses manières. En- 1, Tactioa individuelle doit représenter, dans des circonstances ^terminées, un but ou un héros principal. Or, dans ces condi- )ns, celui-ci, précisément parce qu'il slsole dans sa détermiition exclusive, soulève nécessairement contre lui la passion »po8ée, et, par là, s'engendrent d'implacables conflits, le tragique, originairement, consiste en ce que, dans le cercle une pareille collision, les deux partis opposés, pris en euxémeSj ont la justice pour eux. Mais, d*un autre côté^ ne pouvant aUser ce qu'il y a de vrai et de positif dans leur but et leur jactère que comme négation et violation de l'autre puissance :alement juste, ils se trouvent, malgré leur moralité ou plutôt cause d'elle, entraînés à commettre des fautes. J'ai déjà précédemment indiqué la raison de ce conflit. Or, ut en formant le fond substantiel et vrai de Texistence réelle, 318 se justifie et se légitime qu'en se détruisant comme contraction. Donc, autant est légitime le but et le caractère tragique, Ltant est nécessaire le dénouement de ce conflit. Par là, en lèt, s'exerce la justice éternelle sur les motifs individuels et les usions des hommes. La substance morale et son unité se réta* issent par la destruction des individuaUtés qui troublent son jpos. Car, quoique les caractères se proposent un but légitime ft soi, ils ne peuvent, cependant, la réaliser qu'en violant autres droits qui s'excluent et se contredisent. JUnsi le principe vraiment substantiel qui doit se réaliser, ce ^t pas le combat des intérêts particuliers, bien que celui-ci Duve sa raison d'être dans l'idée môme du monde réel et de activité humaine; c'est l'harmonie dans laquelle les personllges, avec leurs buts déterminés, agissent d'accord, sans viola- Qd ni opposition. Ce qui, dans le dénouement tragique, est S(ruit, c'est seulement l'individualité eu^cliLsive^ qui n'a pu s'ac- ^mmoder à oette harmonie. Mais alors (et c'est ce qui fait le Bgique de ses actes} ne pouvant renoncer à elle-même et à ses Pojets, elle se voit condamnée à une ruine totale, ou au moins Id est forcée de se résigner, comme elle peut, à l'accomplisse^ ^t de sa destinée.

Sous ce rapport, Aristote a eu raison de faire consister le véri- Ifle effet de la tragédie en ce qu'elle doit exciter la terreur et la 'ié en les pwrilianU Par là, Aristote n'entendait pas un specle qui jette simplement le trouble dans notre àme^ et cepen- ^t nous intéresse, qui nous blesse et nous platt, un spectacle à

la fois intéressant et repoussant. Cette explication est la p perficielle de toutes celles que Ton a cherché à donner de rêt dramatique dans ces derniers temps.

En effet, il ne peut convenir à une œuvre d'art que de senter ce qui s*adresse à la raison, le vrai que conçoit Tes] pour atteindre à ce but, il faut se placer à un tout autre i vue. Dans cette phrase d'Aristote, nous ne devons donc p; arrêter au simple sentiment de la terreur et de la pitié, m; qui fait le fond essentiel du spectacle^ dont la manife: conforme à Tart, doit purifier ces sentiments. L'homme sentir effrayé devant la puissance de l'infini et de l'absolu que l'homme doit réellement redouter, ce n'est pas la pu matérielle et son oppression, mais la puissance morale i une destination de sa raison libre, et en même temps Tét et inviolable puissance qu'il soulève contre lui lorsqu'il se contre elle. Systèmes des beaux arts, trad. E

t. II, p. 151-263 et suiv.

JEAN- PAUL RIGHTER.

Jean-Paul Richter naquit en 1763 en Franconie. Fils d'un pauvre j il étudia à Leipzig la théologie, qu'il abandonna pour les scienci lettres. Conseiller intime du duc de Saxe, il reçut ensuite une peu roi de Bavière. Il mourut en 1825. Principaux ouvrages : Introdi r esthétique, Hambourg, 1804, 3 vol. Levana ou leçons sur réducatw

L — Nalure du risible.

A rinfiniment grand, qui éveille l'admiration, il do opposé un infiniment petit, qui détermine le sentiment con Mais dans le monde moral, il n'y a rien de petit ; car lesen moral, dans son activité intérieure, engendre l'estime c même et des autres, son absence engendre le mépris ; dai activité extérieure, il produit l'amour, et son absence pro< haine ; or, le risible n'est pas assez important pour devei objet de mépris, et il n'est pas assez mauvais pour dever objet de haine. Il ne lui reste donc que la sphère de l'ent ment, et encore, dans celle-ci, seulement la forme négaU l'entendement. Mais pour que cette forme négative éveille ui tiinent, il faut qu'elle devienne saisissable pour les sens dai action ou dans un état permanent ; et pour que cela soit pos il faut que l'action fasse connaître et en même temps conli l'intention de l'entendement, et que l'état permanent en autant à l'égard de l'opinion qui lui correspond.

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