VIII. — Sur roptimisme
Le monde, tel que nous le connaissons, est-il bon, comni^ répète l'optimisme de Leibnitz ou l'optimisme monstrueux «if
SCHOPBNHAUER. 457
f inozà ? — Non. Cet effort qui est le cœur et l'essence môme de haque chose est, nous Tavons vu, identique à ce qui, manifesté n nous à la pure lumière de la conscience, se nomme la volonté. 'out ce qui l'entrave, nous l'appelons douleur, tout ce qui lui ermet d^atteindre son but, nous l'appelons plaisir. Or les phénomènes de plaisir et de douleur, étant dépendants de la volonté, ont d'autant plus complets que la volonté Test elle-même. Et omme tout effort naît d'un besoin, tant qu'il n'est pas satisfait L en ressent de la douleur, et quand il est satisfait, cette satisfac- Lon ne pouvant durer, il en résulte un nouveau besoin et une ouvelle douleur (1). Vouloir, c'est donc essentiellement souffrir, t comme vivre c'est vouloir, toute vie est par essence douleur, lus l'être est élevé, plus il souffre... La vie de l'homme n'est n'une lutte pour l'existence avec la certitude d'être vaincu... La iè est une chasse incessante où tantôt chasseurs, tantôt chassés, i« êtres se disputent les lambeaux d'une horrible curée ; une orte d'histoire naturelle de la douleur qui se résume ainsi : vou- >ir sans motif, toujours souffrir, toujours lutter, puis mourir, et insi de suite dans les siècles des siècles, jusqu'à ce que notre lanète s'écaille en petits morceaux.
Le Monde comme volontéy ibid., § 162.