IX. — Ce inonde est néant
Les bouddhistes emploient avec beaucoup de raison le terme mrement négatif de nirvdnay qui est la négation de ce monde Bansâra). Si le nirvana est défini comme néant, cela ne veut rien dre, sinon que ce monde ou sansâra ne contient aucun élément ^Topre qui puisse servir à la définition ou à la construction du Lirvâna... Lors donc que, par la sympathie universelle, par la larité, l'homme en est venu à comprendre l'identité essentielle -« tous les êtres, à supprimer tout principe illusoire d'individuai-^n, à reconnaître soi dans tous les êtres et tous les êtres en soi, . ^rsqu'il a nié son corps par l'ascétisme et jeté hors de lui tout ^sir, alors se produit l'euthanasie de la volonté (sa béatitude ^s la mort), cet état de parfaite indifférence où sujet pensant et *îîet pensé disparaissent, où il n'y a plus ni volonté, ni représen-
^. On remarquera combien est contestable toute cette théorie de la ^^leur.
tation, ni monde. G*est là ce que les Hindous ont exprimé par da mots vides de sens, comme résorption en Brahm» nirvana. Non reconnaissons volontiers que ce qui reste après l'abolition oom plète de la volonté n'est absolument rien pour ceux qui sont encor pleins du vouloir- vivre. Mais pour ceux chez qui la volonté s'a niée, notre mondes ce monde réel avec ses soleils et sa voie lactée qu'est-il î -^ Rien.
Ld Monde comme volonté^ fin (i).
1. Voir, sur Schopenhauer, notre Histoire de la philosophie^ p. 455 ( suivantes.