IV. -* La volonté et la oausalité
Vouloir, causer^ êire^ pour nous, toutes expr^ssiious ayuanymes i mêiQ^ bit qui QQuUpnt à 1^ foip l$t volonté, la causalité et le 1^*. Le rapport de la volonté et de la personne n'est pas un Dple rapport de coexistence, c'est uu véritjable rapport d'iden- 1^. Être, pour le moi, n'est pas une chose, et vouloir une autre, fil pourrait y ayoir eu des yolitions qui seraient imperson- \<^ qe qui est contrée aux f?tttS| ou uue personnalité, uu moi §e ÉjftUTOt a^ns vouloi^t ce qui est impossible ; car se Unir pour le moi, c'est se distiqguQr d'uu non-moi ; or, il ne ^'eu distinguer qu'eu ^'en séparant, en sqrtant du mouveimpersQuuel pour en produire un qu'il s'imputç ^ luile, c'est-à-dire en voulant. La volonté est dqnc Tôtre dq la ^pue. Les mouyemeuts de la sensibilité, les désirs, les ins^ loiu de constituer ia personnalité, |la détruisent. La lUaUté et la passion sont dans uu rapport inverse Vune de {, dans une contradictiqn qui est ta vie, Gomme 9P ue peut f§r l'élément de personnalité pilleurs que dans ]a volonté, de te aussi on ne peut trpuye;* ailleurs Télémept de causalité. Il lut pas confondre la volonté ou la causalité interne qui proixnmédiatemeut des effets, internes d'abord çpmme leur ^vec les instruments extérieurs et réellement passifs de '^ causalité qui, comme instruments, out l'air de produire li d0S effets, mais sans eu être la vraie cause. Qu^nd je pousse lûUa sur une autre, ce n'est pas la bille qui pause véritahleit la mouvement qu'elle imprime, car ce iQQuyement lui a été rimé à elle-même par la main, par les muscles qui, dans le l^e 4e notre organisation, sQi^t au seryice 4& h vQionté. t^prement parler, ces actions ne sont que des effets enohatués ~ à Tautre, simulant alternativement des causes^ sans en BttiiF une véritable ,et se rapportaut tous fiomipe effets plus 0u &0 éloignés à la volonté, comme cause première. Qherche-t-on ^tlOP de cause 4ws l'action de la biUe sur la bille^ comme on liidt avant Hume, ou de la main sur la bUle, et des preiuiers ^Ç8 locomoteurs sur leurs extrémités, ou même dans Taetion Ë^ 'YploQtë ^ur le muscle, confine Va fait M, de Qirau, on pe la irara dans aucun de ces cas, pas môme dans le dernier, car yft possible qu^i y ait une paralysie des uiuscles qui rende la c^té impuissante sur eux, improductive, iucapaWe 4'ôtre cau^e
et par conséquent d'en suggérer la notion. Mais ce qi paralysie ne peut empêcher, c'est l'action de la volonté même, la production d'une résolution, c'est-à-dire une a toute spirituelle^ type primitif de la causalité.
Introduction aux Œuvres de Bira
V. — Qu'est-ce que le beau ? Réduction de toute beauté à la beauté s
Plotin, dans son traité sur le Beau^ s'était déjà prop question ; il se demande : Qu'est-ce que le beau en soi bien que telle ou telle forme est belle, que telle ou tel Test aussi : mais pourquoi et comment ces deux obje^ semblables sont-ils beaux ? Quelle est la qualité comm se rencontrant dans ces deux objets, les range sous Tid raie du beau ?
Nous avons distingué la beauté en trois grandes la beauté physique, la beauté intellectuelle et la beauté Il s'agit maintenant de rechercher l'unité de ces trois ; beauté. Or, nous pensons qu'elles se résolvent dans une même beauté, la beauté morale, entendant par là, avec 1 morale proprement dite, toute beauté spirituelle.
Mettons cette opinion à l'épreuve des faits.
Placez-vous devant cette statue d'Apollon qu'on l'Apollon du Belvédère, et observez attentivement ce i frappe dans ce chef-d'œuvre. Winckelmann, qui n'étail métaphysicien, mais un savant antiquaire et un homme sans système, Winckelmann a fait une analyse célèbre d lon(l). Il est curieux de l'étudier. Ce que Winckelman
1. Winckelmann a décrit deux fois T Apollon, Histoire de fart anciens^ Paris, 1802, 3 vol. in-i». T. I, livre IV, chap. m. De Vca Grecs : — « L'Apollon du Vatican nous offre ce dieu dans un m( d'indignation contre le serpent Python, qu'il vient de tuer à flèches, et dans un sentiment de mépris sur une victoire si p d'une divinité. Le savant artiste, qui se proposait de repre plus beau des dieux,J a placé la colère dans le nez, qui en est selon les anciens, et le dédain sur les lèvres. Il a exprimé la colè gonflement des narines, et le dédain par l'élévation de la lèvre ii ce qui cause le même mouvement dans le menton. » — Ibi livre IV, chap. VI. De l'art sous les empereurs : a De toutes les st tiques qui ont échappé à la fureur des barbares et à la main d( du temps, la statue (T Apollon est sans contredit la plus sublime, que Tartiste a composé une figure purement idéale, et qu'il n'a de matière que ce qu'il lui en fallait pour exécuter et représenter Autant la description qu'Homère a faite d'Apollon surpasse les
Qt tout, c'est le caractère de divinité empreint dans la jeuie immortelle répandue sur ce beau corps, dans la taille un au-dessus de la taille humaine, dans Tattitude majestueuse, s le mouvement impérieux, dans l'ensemble et dans tous les ils de la personne. Ce front est bien celui d'un dieu : une : inaltérable y habite. Plus bas l'humanité reparaît et il le faut 1, pour intéresser l'humanité aux œuvres de l'art. Dans ce ird satisfait, dans le gonflement des narines, dans Télévade la lèvre inférieure on sent à la fois une colère mêlée de sdn, l'orgueil de la victoire et le peu de fatigue qu'elle a coûté. iz bien chaque mot de Winckelmann : vous y trouverez une iression morale. Le ton du savant antiquaire s'élève peu à peu [u'à l'enthousiasme, et son analyse devient une hymne à la Qté spirituelle.
Q lieu d'une statue, observez l'homme réel et vivant. Regardez homme qui, sollicité par les motifs les plus puissants de ifier son devoir à sa fortune, triomphe de l'intérêt, après une ) héroïque, et sacrifie la fortune à la vertu. ^Regardez-le au tient où il vient de prendre cette résolution magnanime ; sa re TOUS paraîtra belle. C'est qu'elle exprime la beauté de son . Peut-être en toute autre circonstance la figure de cet homme )ll6 commune, triviale même ; ici, illuminée par Tâme lie manifeste, elle s'est ennoblie, elle a pris un caractère )saiit de beauté. Ainsi, la figure naturelle de Socrate cou-
qu'ont essayées après lui les autres poètes, autant cette statue l'em-
sur toutes les figures de ce même dieu. Sa taille est au-dessus de de l'homme, et son attitude annonce la grandeur divine qui le remua éternel printemps, tel q^ue celui qui règne dans les champs for-
de TElysée, revêt d'nne aimable jeunesse son beau corps et brille douceur sur la [ûhre structure de ses membres. Pour sentir tout le ;e de ce chef-d'œuvre de l'art, il faut se pénétrer des beautés intelsUes et devenir, s'il se peut, créateur d'une nature céleste ; car il
rien qui soit mortel, rien qui soit sujet aux besoins de l'humanité. )rpSy dont ancune veine n'interrompt les formes, et qui n'est agité lucun nerf, semble animé d'un esprit céleste, qui circule comme une î vapeur dans tous les contours de cette admirable ligure. Ce dieu
de poursuivre Python, contre lequel il a tendu, pour la première son arc redoutable ; dans sa course rapide, il l'a atteint et vient de orter le coup mortel. Pénétré de la conviction de sa puissance, et ne abîmé dans une joie concentrée, son auguste regard pénètre au dans l'infini et s'étend bien au delà de sa victoire. Le dédain siège es lèvres ; l'indignation qu'il respire gonfle ses narines et monte jusses sourcils ; mais une paix inaltérable est peinte sur son front, et £il est plein de douceur, tel qu'il est quand les Muses le caressent, ni toutes les figures qui nous restent de Jupiter, il n'y en a aucune i laquelle le père des déesses approche de la grandeur avec laquelle
traste ëtf aiigemënt àtëc le typé de la bëallté grecque ; niâii Socrate à son lit de ïûàti, au moment de bdite là cigtiSj l! tenant â,yee ses disbiples de Timniortalité de l'âmd, et 8à voue pàtaîtra sûblinie.
Au plus haut point de grandeur morale^ Soci^cité excita n'avez plus sdus les yeux que son cadavre ; la ftgurô moHi serve ëa beauté, tant Qu'elle gàl*de les traces de l'^pil l'aniniàit ; maiâ peu à pëil l^ëïpi^eësion B^éléint et dispate figure alors tëdévient vulgaire et laide. L'expression de 1 est hideuse ou ëubliinë : hidëUsé à Taspèct de la dé<iomp( de la niatièi*e ^ue Tesprit he retient plus, sublime qtiai éveille en nôiis l'idée de Téternité.
Considérez la flgûî*é dé l'homme en repos : elle est plui que celle de l'animal, et la figure de l'animal est plus bel la forme de tout objet inanimé. C'est que la figure hui mêine en Tabsence de la Vertu et du génie/ réfléchit td une nàtui*6 intelligente et mbràle ; ô'est que la figure de Ta réfléchit au moins lé sentiment, et déjà Quelque chose de sinon l'âme tout entière. Si de Thoninie et de Taninial oii d( à la nature phrehient physique, on y ttouvera encore de làl tant qu'on y ttioUVérâ quelque àûib'te d'intelligence, je f qiîoi qui du Uldins éveille en noiis quelque pensée, qi sentiment. ArHve-ton à quelque m6l*ceaU de niàtière (}ui prime rieU, qui ne signifie rien, l'idée du beau ne s'y ap
il se mftnifôsta jadis à l'intelligence d'Homère ; mais^ dans les tu TApôUon du BelVédët^î on trouve les beautés individuelles de toi autrieà divinités réMi^Bf comme dsins celle de Pandore. Ce front front dé Jupiter renfermant la déesse de la Sagesse ; ces sourcils^ p moUveriientj annonfcènt sa volonté suprême ; ce sont les grands ye la reine des déesses, argués avec dignité» et sa bouche est une imi celle de Bacchus ou respirait la volupté. Semblable aux tendres sa de la vigne j sa belle chevelure flotte autour de sa tète^ comme sieii légèrement agitée par Thaleine du 2éphyr. Elle semble parfumée ( seUce des diëUx^ et se trouve attachée ayec une pompe charQU! haut de sa tête par la main des Grâces* Â Taspect de cette memi Tart, j'oublie tout Tunivers, et mon esprit prend une disposition su relie propre à en juger avec divination. Dû Tadmiration je passe à H je sens ma poitrine qui se dilate et s'élève^ comme l'éprouyent cei sont remplis de l'esprit- des prophéties ; je suis transporté à Déloe< les bois sacrés de la Lycie^ lieux qu^ Apollon honorait de sa prà cette statue semble s'animer comme le ût jadis la beauté sortie des de Pygmalion. Mais comment pouvoir te décrire^ 6 inimitable chcf-<l' 11 faudrait pour cela que l'Art même daignât m'inspirer et coodv plume. Les traits que je viens de crayonner, je les dépose deîSi comme ceux qui, venant pour couronner les dieux> mettaieot tems ronnes à leurs pieds, ne pouvant atteindre à leurs tètes. »
VÏC3T0R cousm. 479
XB. Mais tout ce qui existe est aoimé. La matière est mue et Qétrée par des forces qui ne sont pas matérielles, et elle suit B lois qui attestent une intelligenoe partout pilésente. L'analyse Imique là plus subtile ne parvient pdint à utie nature morte inerte^ mais à une nature organisée à sa manière, et qui n'est poûrrue ni de forces ni de loiSi Dans les profondeurs de Tabîme Enme dans les hauteurs des cieuz^ dans un grain de sable nme dans une montagne gigàntesctue^ un esprit immortel pionne à travers les enveloppes les plus grossières. Contemplons nature avec les yeux de l'âme aussi bien qu'avec les yeux du ^j^^ : partout une expression morale nous frâ|)pera, et la forme us saisira comme un symbole de pensée. Nous avons dit e chez l'homme et chez Fanimal môme la figure est belle par Kpression. Mais, quand vous êtes sur les hauteurs des Alpes eu face de l'immense Océan$ quand vous assistez au lever ou coucher du soleil, à la naissance de la lumière ou à celle de ■Mût) ces imposants tableaux ne produisent*ils pas sur vous un pt moral ? Tous ces grands spectacles apparaissent-ils seules nt pour apparaître ; ne les regardons-nous pas comme des Mbifestations d'une puissance» d'une intelligence et d'une passe admirables ; et, pour ainsi parler, la face de la nature «t-elle pas expressive comme celle de l'homme ?
Du vrai, du beau et du bien. Uh partie, chap. iv.
YI. ^ De l'idéal dans l'art et dans la poésie.
Lia forme n'est jamais une forme toute seule, elle est la mani- Cation de quelque chose. La beauté physique est donc le aabole d'une beauté intérieure qui est la beauté spirituelle et KralOî et c'est là qu'est le fond, le principe, l'unité du beau (1). Soutes les beautés que nous venons d'énumérer et de réduire imposent ce qu'on appelle le beau réel. Mais nous avons vu •au-dessus de la beauté réelle, l'esprit conçoit une beauté d'un Ira ordre qu'il appelle la beauté idéale. L'idéal ne réside ni ■» un individu, ni dans une collection d'individus. La nature
.^ Cf. Reid, l»® série, t. IV, Essai sur le goût « Soit que les raisons que allégées pour démontrer que la beauté sensible li'est que l'iniagë do
dtoftUté morale paraissent ou ne paraissent pas suffisantes, j'espère que ,4octrine^ en essayant d'unir plus étroitement la Vénus terrestre à la
lus céleste, ne semblera point avoir pour objet d'abaisser là preinièfe,
de la i*étidre iiloiils digne des hommages que Thumanité lui a toujours
cdus. »
OU Texpérience nous fournit l'oGcasion de le concevoir, en est essentiellement distinct. Pour qui Ta conçu une toh les figures naturelles, si belles qu'elles puissent être, ne i comme des simulacres d'une beauté supérieure qu'elles lisent point. Donnez-moi une belle «action, j'en imagina encore plus belle. L'Apollon lui-même admet plus d'une ( L'idéal recule sans cesse à mesure qu'on en approche dai Son dernier terme est dans l'infini, c'est-à-dire en Di( pour mieux parler, le vrai et absolu idéal n'est autre ch Dieu même.
Cours de l'Histoire de la philosophie moderne^ t. II,