III. -^ Le repos de la volonté pendant le rêve
fil notre esprit s'abandonne ainsi pendant le sommeil, c'est qu'il
repose. C'est, en effet, là sa manière de se reposer ; il n'en a
d'autre« Ce qui le fatigue, ce n'est pas l'activité : l'activité
son essence, l'absence de l'activité ne serait pas pour lui le
,.mais la mort ; ce qui le fatigue, c'est la direction de son
vite, c'est la concentration de ses facultés sur un objet. Cette
centration n'est pas de son essence ; sa nature est de connaître
la première vue. S*il suivait son penchant naturel, il ne se
ait pas ; il ne se fixe, il ue s*applique, il ne se concentre que
e qu'il ne discerne pas du premier coup. Et s'il ne discerne
du premier coup, ce n*est pas la faute de sa nalure, c'est la
de ses organes, misérables instruments qui lui ont été im-
et qui sont comme les vitres sales de sa prison. Cette con-
tratioû qu'on appelle « attention » le fatigue, parce qu'elle est
efort étranger à son allure naturelle. C*est ainsi que nous nous
ons, lorsque nous marchons sur la pointe des pieds. Aussi
est-il doux de retourner à son allure naturelle; et il y resterait
ellement, si la nécessité ne l'en arrachait. Mais dans la con-
humaine qu'il subit, il ne peut rien que par l'attention ; il
obligé de gagner la vérité, comme toute chose, à la sueur de son
t. Il travaille donc toute la journée comme le corps ; mais
d vient la nuit, il se sent fatigué comme son compagnon, et,
iVié au repos par l'assoupissement des organes qui l'entourent,
te dépouille de sa volonté comme l'esclave de ses chaînes, et
[abandonne à sa libre nature. Quelquefois aussi il se donne congé
t le jour, et il a si bien conscience de l'identité de ces
états, qu'il appelle l'un l'état de réve^ et l'autre l'état de
IMd.