I. — Lois de rassociation des idées
Pour nous les lois de rassociation des idées sont les suivantes : l*les idées des phénomènes semblables tendent à se présenter ensemble à l'esprit. 2° Quand des phénomènes ont été, ou expérimentés, ou conçus en contiguïté intime Tun avec l'autre, leurs idées ont de la tendance à se présenter ensemble. II y a deux espèces de contiguïté, la simultanéité et la succession immédiate. Quand les faits ont été expérimentés et pensés en succession immédiate,rantécédent ou son idée rappelle celle du conséquent, mais la réciproque n*est pas vraie. 3° Les associations produites par contiguïté deviennent plus certaines et plus rapides par l'efiet de la répétition. Quand deux phénomènes ont été souvent trouvés réunis, et ne se sont jamais, dans aucun cas, présentés séparément, soit dans l'expérience, soit dans la pensée, il se produit entre eux ce que Ton appelle Vassociation inséparable^ autrement, mais moins justement dite indissoluble : on ne veut pas dire par ces mots que l'association doive inévitablement durer jusqu'à la fin de la vie, que nulle expérience subséquente, nulle opération de la pensée ne puisse la dissoudre ; mais seulement que tant que cette expérience ou cette opération de la pensée n'aura pas lieu, l'association restera irrésistible ; qu'il nous sera impossible de penser l'un de ces éléments séparé de l'autre. 4* Quand une association a acquis cette sorte d'inséparabilité, quand la chaîne qui unit les deux idées a été ainsi fermement rivée, non-seulement l'idée évoquée par rassociation devient, dans la conscience, inséparable de l'idée qui la suggère, mais les faits ou phénomènes qui répondent à ces idées finissent par sembler inséparables dans la réalité : les choses que nous sommes incapables de concevoir séparées, nous semblent incapables d'exister séparées ; et notre croyance à leur coexistence, bien qu'elle soit en réalité un produit de l'expérience, nous paraît intuitive. On pourrait donner d'innombrables exemples de cette loi. Stuart Mill. La Philosophie de Hamilton^ trad, de M. E. Gazelles, p. 212.