‹ Extraits des grands philosophesChapitre 312 sur 331 · X. — Le principe d'utilité · texte numérisé non relu

X. — Le principe d'utilité

La croyance qui accepte comme fondement de la morale l'utilité, ou le principe du plus grand bonheur possible, soutient que les actions sont bonnes en proportion de leur tendance à développer le bonheur, mauvaises dans la mesure de leur tendance à produire le contraire du bonheur. Par le bonheur elle entend le plaisir et l'absence de peine : par malheur, la peine et Tabseoce de plaisir. Utilitarisme, p. 9.

XI. — Distinction entre la quantité et la qualité des plaisirs.

Il serait absurde, lorsqu'en toute autre occasion on tient compte de la qualité aussi bien que de la quantité, que l'estimation des plaisirs ne fût censée dépendre que de la seule quantité. Si l'on me demande ce que j'entends par la différence de qualité dans les plaisirs, ou ce qui fait qu'un plaisir a plus de valeur

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qu'un autre, il n'y â qu'une réponse possible. Lorsque de deux plaisirs il en est un auquel tous ceux, ou presque tous ceux qui ont l'expérience des deux, donnent une préférence marquée, sans y être poussés par aucun sentiment d'obligation morale, celui-là est le plaisir le plus sérieux, le plus désirable.

C'est un fait indubitable que ceux qui connaissent et apprécient également bien deux genres de vie, et qui sont capables de jouir de l'un comme de l'autre, accordent une préférence des plus marquées à celui de ces modes d'existence qui occupe leurs plus hautes facultés. Peu de créatures humaines consentiraient à être changées en aucun des animaux inférieurs, moyennant qu'on leur promit la plus grande somme des plaisirs de la brute ; aucun être humain intelligent ne voudrait être un imbécile, aucun individu instruit ne consentirait à être un ignorant^ aucune personne ayant du cœur et de la conscience ne se déciderait à ' devenir égoïste et vil, quand bien même on leur persuaderait que l'imbécile, l'ignorant ou le coquin sont plus satisfaits de leur sort qu'eux-mêmes ne le sont du leur. Ils n'échangeraient pas ce qu'ils ont de plus que lui contre la complète satisfaction do tous les désirs qui leur sont communs. Un être doué de facultés plus élevées a besoin de plus pour être heureux, est probablement susceptible de peine plus vive, et sans nul doute y est sensible sur plus de points qu'un être d'un type inférieur ; mais, en dépit de ces conditions, jamais il ne désirera réellement tomber dans ce qu'il sent être un degré d'existence moins élevé. Ibid. p. 12.

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