SOCRATE
Socrate naquit à Athènes, en 470. Il était fils de Sophronisque et de Phénarète. Sa biographie contient peu d'événements; toute sa vie se passa à philosopher en public. D*abord sculpteur comme son père, il put, grâce aux conseils et aux secours de Criton, riche Athénien, se livrer sans réserve à son goût pour la philosophie. Appelé par les lois à combattre pour son pays, à Potidée il sauva Alcibiade, à Délium il sauva Xénophon. Membre du sénat élu par le sort, sous la tyrannie des Trente, il s'opposa seul à un jugement inique, et résista à la colère de la multitude. — Socrate avait contre lui les sophistes, qu'il avait démasqués; les prêtres, qui considéraient comme une impiété ce culte de la Providence divine propre à inspirer le mépris de leurs faux dieux ; les politiques, aux yeux desquels la religion établie était une institution nécessaire pour le maintien de l'Etat. La comédie des Nuées, antérieure d'environ vingt-quatre ans au procès de Socrate, ne fit qu'exprimer les haines et les défiances qu'il excitait, et, en les exprimant, leur donna une nouvelle force. Socrate, qui avait souvent critiqué la démocratie athénienne, eut aussi contre lui les événements qui firent peser sur ses concitoyens une aristocratie tyrannique, et on lui reprocha d'avoir eu pour disciples les Alcibiade et les Critias. Anytus, homme influent du parti démocratique, le fit dénoncer par Mélitus, poète obscur, comme coupable d'impiété ; Socrate, condamné à mort, refusa de s'échapper de sa prison et but la ciguë à Tà^e de soixante-dix ans. - - Ce « génie » de Socrate, qui ne le quittait jamais,- ou plutôt ce « signe divin » qui l'avertissait toujours quand il était sur le point de mal faire, n'était sans doute dans sa pensée que l'action plus présente de la Providence, et peut-être cédait-il un peu à l'influence des idées mythologiques en y voyant un phénomène extraordinaire. — On sait que le physionomiste Zopyre lui ayant attribué les penchants les plus vicieux, Socrate déclara qu'en efiet il était né avec de mauvaises inclmations, mais quUl les avait vaincues k force d'attention sur lui-même. Les accusations élevées contre ses mœurs ne peuvent être que des calomnies, car sa vie tout entière, sa doctrine et celle de Platon, son disciple, le mettent hors d'atteinte.