‹ Extraits des grands philosophesChapitre 45 sur 331 · Up&Tw y^ov, le premier aimable · texte numérisé non relu

Up&Tw y^ov, le premier aimable

mains, ni rien de corporel ; qui n'est pas non plus un discours ou une science ; qui ne réside pas dans un être différent d'ellemême, dans un animal, par exemple, ou dans la terre, ou dans le ciel, ou dans toute autre chose ; mais qui existe éternellement et absolument par elle-même et en elle-même ; de laquelle participent toutes les autres beautés, sans que leur naissance ou leur destruction lui apporte la moindre diminution ou le moindre accroissement, ou la modifie en quoi que ce soit. Quand des beautés inférieures on s'est élevé jusqu'à cette beauté parfaite, et qu'on commence à l'entrevoir, on touche presque au but ; car le droit chemin de l'Amour, qu'on le suive de soi-même ou qu'on soit guidé par un autre, c'est de commencer par les beautés d'ici-bas, et de s'élever jusqu'à la beauté suprême en passant, pour ainsi dire, par tous les degrés de l'échelle, d'un seul beau corps à deux, de deux à tous les autres, des beaux corps aux belles occupations, des ''belles occupations aux belles sciences, jusqu'à ce que, de science en science, on parvienne à la science par excellence, qui n'est autre que la science du beau lui-même, etqa*on fîu'sse par le connaître tel qu'il est réellement.

0 mon cher Socrate, poursuivit l'étrangère de Manlinée, si quelque chose donne du prix à la vie humaine, c'est la contem* plation de la beauté absolue : et, si jamais tu y parviens, que te sembleront auprès l'or et la parure, les beaux enfants et les beaux jeunes gens, dont la vue maintenant te trouble et te charme à un tel point, toi et beaucoup d'autres, que, pour voir sans cesse ceux que vous aimez et être sans cesse avec eux, si cela était possible, vous seriez prêts à vous priver de boire et de manger, et à passer votre vie dans leur commerce et leur contemplation I Mais que pourrions-nous penser d'un mortel à qui il serait donné de contempler la beauté pure, simple, sans mélange, non revêtue de chairs et de couleurs humaines, et de toutes les autres vanités périssables, la beauté divine, homogène et absolue? Penses-tu que ce serait une vie si misérable que d'avoir les regards tournés de ce côté et de jouir de la contemplation et du commerce d'un pareil objet ? Ne crois-tu pas, au contraire, que cet homme, étant k seul ici-bas qui perçoive le beau par l'organe auquel le beau "î est perceptible, pourra seul engendrer non pas des images de * ^firtu, puisqu'il ne s'attache pas à des images ; mais des vertus véritables, puisque c'est à la vérité qu'il s'attache ? Or, c'est à j ^lui qui enfante et nourrit la véritable vertu qu'il appartient [ d'être chéri de Dieu ; et si quelque homme doit être immortel,

c'est celui-là surtout. — Tels furent, mon cher Phèdre, et vous tous qui m*écoutez, les discours de Diotime.

Platon. Banquet^ ibid.

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