II. — Les diverses sortes de causes
Il est évident qu'il faut acquérir la science des causes premières, puisque nous disons qu'on sait quand nous pensons qu'on connaît la première cause.
Or, on distingue quatre causes, La premièrp e'^l Pessenre^ la forme propie de rhnnte rhrs*^ (1) ; rar ce pt^v fnit au'nne ch^?e est, est tout entier dans la notion de ce qu'elle est : la raison d'être première est donc une cause et un principe. La seconde est la matière (2). La troisième, le principe du mouvement (3). La quatrième correspond à la précédente : c'est la cause finaU des choses^ le bien ; car le bien est le but de toute production.'
Aristote. Ibid.
m. — Critique de Platon par Aristote. »
Platon, dès sa jeunesse, s'était familiarisé dans le commerce de Cratyle (4), son premier maître, avec cette opinion d'Heraclite que tous les objets sensibles sont dans un écoulement perpétuel, et qu'il n'y a pas de science possible de ces objets. Mus tard il conserva cette môme opinion. D'un autre côté, disciple de Socrate, dont les travaux, il est vrai, n'embrassèrent que 1»
l. C'est ce que les scolastiques appelaient causa formalis, forma Atèstantialis, — V, notre Histoire de la Philosophie , p. 117. i. Causa maUrialis. .
3, Coma effidens, k, Diseiple d'Heraclite, Cratyle exagéra encore ses doctrines, eonuBO
▲RI8TOTB. 8&
morale, et nullemeat reosemble de la nature, mais qui toutefois s'était proposé dans la morale le général comme but de ses recherches, et le premier avait eu la pensée de donner des définitions, Platon, héritier de sa doctrine, habitué à la recherche du général, pensa que les définitions devaient porter sur des êtres autres que les êtres sensibles ; car, comment donner une défini* tion commune des objets sensibles^ qui changent continuellement? Ces êtres, il les appela /d^e^, ajoutant que les objets sensibles sont placés en dehors des Idées, et reçoivent d'elles leur nom; car c'est en vertu de leur participation avec les Idées, que tous les objets d'un même genre reçoivent le même nom que les Idées. Le seul changeaient qu*il ait introduit dans la science, c'est ce mot de participation. Les Pythagoriciens, en effet, disent que les êtres sont à l'imitation des nombres ; Platon, qu'ils sont par leur participation avec eux : le nom seul est changé. Quant à rechercher en quoi consiste cette participation ou cette imitation des Idées, c'est ce dont ni lui ni eux ne se sont occupés.
Aeistotb. Métaphysique, 1. 1, c. vi.
Morale*