VII. — Diverses causes de Tamitié
Quand on aime par intérêt et pour Tutilité, on ne recherche au fond que son bien personnel. Quand on aime par le motif du plaisir, on ne recherche réellement que ce plaisir môme. Des deux sens, on n'aime pas celui qu'on aime pour ce qu'il est réellement ; ou l'aime simplement en tant qu'il est utile et agréable. Ces amitiés-là ne sont donc que des amitiés indirecte» et accidentelles; car ce n'est pas parce que l'homme aimé eefc doué de telles quahtés qu'on l'aime, quelles que soient d'ailleum ces qualités ; on ne l'aime que pour le profit qu'il procure...
Les amitiés de ce genre se rompent très-aisément, parce que
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S amis prétendus ne demeurent pas longtemps semblables à ix-mémes. Ou moment que ces amis-là ne sont plus ni utiles ni fables, on cesse bien vite de les aimer. L'amitié parfaite est celle des gens qui sont vertueux et qui se Bssemblent par leur vertu ; car ceux-là se veulent mutuellement lU bien en tant qu*ils sont bons ; et j'ajoute qu'ils sont bons par iQX-mêmes. Ceux qui ne veulent du bien à leurs amis que pour »8 nobles motifs sont les amis par excellence. C'est par euxmêmes, par leur propre nature, et non pas accidentellement, ^'ib sont dans cette heureuse disposition. De là vient que Ta^ mikié de ces cœurs généreux subsiste aussi longtemps qu'ils restent bons et vertueux eux-mâmes ; or, la vertu est une 'chose toUde et durable. Chacun des deux amis est bon absolument en [ni, et il est bon également pour son ami ; car les bons sont à la lois et absolument bons, et utiles en outre les uns aux autres. On )eat ajouter de même qu'ils se sont mutuellement agréables... Aristote. Morale à Nicomaque^ 1. VIII, c. i, n, ni,
(Trad. Barthélémy Saint-Hilaire.)