VIII. — Explication du plaisir causé par Tamitié
La vie à elle toute seule est bonne et agréable ; et ce qui le ITOuve bien, c'est que tout le monde y trouve des charmes, et Wï-spécialement les gens vertueux et fortunés. Car la vie leur W plus désirable, et leur existence est la plus heureuse sans contredit. Mais celui qui voit sent qu'il voit ; celui qui entend *Dt qu'il entend; celui qui marche sent qu'il marche, et de même [îour tous les autres cas ; il y a quelque chose en nous qui sent '^tre propre action (1), de telle sorte que nous pouvons sentir ÎUe nous sentons, et penser que nous pensons. Mais sentir que •ous sentons, ou sentir que nous pensons, c'est sentir que nous taimes, puisque nous avons vu qu'être c'est sentir ou penser. k, sentir que l'on vit, c'est une de ces choses qui sont agréables in soi; car la vi* est naturellement bonne ; et sentir en soi le bien que Ton possède soi-même est un vrai plaisir. C'est ainsi loe la vie est chère à tout le monde, mais surtout aux gens de Men, parce que la vie est en même temps un bien et un plaisir pour eux ; et par cela seul qu'ils ont conscience du bien en soi, îben éprouvent un plaisir profond.